lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 avril 2023, 31 mai 2023 et 1er juin 2023, M. F D et M. C D, représentés par Me Luciani, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de leurs conclusions :
1°) de suspendre l'exécution de la délibération n° 523 du 25 février 2023 par laquelle le conseil municipal de Gourdon a autorisé son maire à signer tout acte relatif à l'incorporation de la parcelle cadastrée B 1613, vacante et sans maître, située au lieu-dit La Ferrage ;
2°) d'enjoindre à la commune de Gourdon de ne pas en faire application et de n'en tirer aucun intérêt de quelque manière que ce soit ;
3°) d'enjoindre à la commune de Gourdon d'annuler le procès-verbal de prise de possession du 4 mai 2023, l'acte authentique comportant incorporation de bien vacant du 9 mai 2023 et de procéder à la publicité desdits actes modificatifs au service de la publicité foncière ;
4°) d'interdire à la commune de Gourdon de modifier, d'aménager, de démolir, de vendre la parcelle cadastrée B 1613 et les constructions qui y sont édifiées et de lui interdire tout autre acte de nature à remettre en cause leurs droits sur la parcelle cadastrée B 1613 ;
5°) de mettre à la charge de la commune Gourdon la somme de 6 000 euros, chacun, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable : ils ont intérêt à agir, étant copropriétaires de l'ensemble immobilier en litige qu'il ont reçu en héritage ;
- la condition d'urgence est remplie : leur droit de propriété est restreint ; ils ne peuvent pas vendre leur bien ; la délibération leur cause un préjudice irréversible ; la commune de Gourdon ne démontre, elle, aucun préjudice ; le maire tente de passer en force, s'empresse de publier un procès-verbal de prise de possession et de déposer la formalité de publicité ;
- des moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* les conseillers municipaux n'ont pas bénéficié d'une information suffisante en méconnaissance des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
* la commune de Gourdon fait preuve de mauvaise foi en retenant une argumentation contradictoire : l'acte est entaché d'un détournement de procédure ; elle veut les obliger à vendre une parcelle dont son maire soutient, sans argument et par un comportement dilatoire, qu'elle est sans maître ;
* or, la parcelle B 1613 n'est pas sans maître ; les dispositions des articles L.1123-1 et L. 1123-2 du code général de la propriété de personnes publiques et de l'article 713 du code civil n'ont, en effet, pas vocation à s'appliquer : ils règlent les taxes foncières ; ils louent la parcelle ; la commune les a assignés en " vente judiciaire " des parcelles cadastrées n°s 1611, 1612 et 1613 ; la commune les a toujours considérés comme étant les propriétaires de la parcelle B 1613 ; il ressort encore de l'attestation de Me Accorsi que les parents D/G ont fait, s'agissant de la parcelle B 1613, une donation-partage de la nue-propriété au profit de leurs deux enfants C et F D ; Mme A B n'a jamais été propriétaire de la parcelle cadastrée B 1613, elle en était usufruitière.
Par des mémoires en défense, enregistré les 22 mai 2023 et 1er juin 2023, la commune de Gourdon prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Plénot, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : l'autorisation donnée par la délibération attaquée a été entièrement exécutée ; le maire a signé tous les actes qui ont permis l'incorporation du bien vacant en litige ;
- aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
* le moyen tiré du défaut d'information des conseillers municipaux ne saurait prospérer ;
* la commune a suivi la procédure d'incorporation de biens sans maître conformément à l'article 713 du code civil ; la parcelle cadastrée n'appartient pas aux consorts D et fait partie d'une succession ouverte depuis plus de trente ans.
- les injonctions demandées ne se rattachent pas à un litige relevant de la compétence du juge administratif.
Vu :
- la délibération attaquée ;
- la requête, enregistrée le 28 avril 2023 sous le n° 2302081, par laquelle les requérants demandent l'annulation de la délibération en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété de personnes publiques ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 juin 2023 :
- le rapport de M. Pascal, assisté de Mme Gialis, greffière ;
- les observations orales de Me Luciani qui conclut, pour MM. D, aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui précise, en outre, que la commune de Gourdon, tout en continuant la procédure engagée devant le juge judiciaire en vue de forcer la vente, s'est empressée, sans enquête préalable, d'incorporer au domaine privé la parcelle cadastrée B 1613 ; l'urgence est manifeste car les consorts D sont privés de la possession de leur parcelle, ne peuvent plus percevoir de loyers et seule, une ordonnance de suspension de l'exécution de la délibération en litige peut empêcher la commune de remettre en cause leurs droits ; contrairement à ce que mentionne la délibération en litige, Mme E B n'a jamais été propriétaire de la parcelle B 1613 et n'en a donc jamais héritée ; ce bien n'est donc pas sans maître ;
- les observations orales de Me Plénot, pour la commune de Gourdon, qui reprend ses observations en défense et qui fait valoir que la mauvaise foi n'est pas à rechercher auprès de la commune, mais auprès des consorts D qui avaient donné leur accord pour vendre les parcelles cadastrées n°s 1611, 1612 et 1613 ; à l'occasion de l'assignation de MM. D devant le juge judiciaire, le service de la publicité foncière a indiqué que ces derniers ne justifiaient pas d'un titre concernant la parcelle B 1613 ; s'agissant de cette parcelle, la commune a alors mis en œuvre la procédure d'incorporation des biens sans maître prévue par le 1° de l'article L. 1123-1 du code général de la propriété des personnes publiques et a acquis la propriété de la parcelle B 11613 conformément à l'article 713 du code civil ; en tout état de cause, la délibération en litige a produit tous ses effets et a été entièrement exécutée, le maire ayant signé tous les actes relatifs à l'incorporation de la parcelle dans le domaine privé communal.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 523 du 25 février 2023, le conseil municipal de Gourdon a décidé d'exercer ses droits en application des dispositions de l'article 713 du code civil s'agissant de la parcelle cadastrée B n° 1613 située au lieu-dit La Ferrage à Gourdon et d'autoriser son maire à signer tous les actes relatifs à l'incorporation de ce bien vacant sans maître. M. F D et M. C D demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette délibération.
2. Il résulte de l'instruction que par la délibération du 25 février 2023 en litige, le conseil municipal de Gourdon a décidé, à l'unanimité, d'exercer ses droits en application de l'article 713 du code civil et a autorisé son maire à signer tout acte relatif à l'incorporation de la parcelle cadastrée B 1613, bien vacant sans maître, au domaine privé communal. Le 4 mai 2023, le maire de Gourdon a signé le procès-verbal de prise de possession de la parcelle B 1613 incorporée au domaine privé communal. Le 9 mai 2023, le maire a reçu l'acte authentique comportant incorporation de bien vacant et sans maître conformément aux dispositions des articles 713 du code civil et L. 1123-11 1° et L. 1123-2 du code général de la propriété des personnes publiques. Si la délibération du 25 février 2023 n'avait pas reçu une complète exécution avant l'introduction, le 28 avril 2023, de la présente requête, eu égard à leur objet, les pouvoirs conférés au juge des référés ne peuvent s'exercer que dans la mesure où la décision dont la suspension est demandée n'a pas produit tous ses effets et qu'elle soit encore susceptible d'exécution, à la date à laquelle ledit juge des référés statue. Il résulte de l'instruction, qu'à la date de la présente ordonnance, le maire a signé tous les actes relatifs à l'incorporation de la parcelle en litige dans le domaine privé communal. Dans ces conditions, la délibération du 25 février 2023 doit être regardée, compte tenu de son objet, comme ayant épuisé ses effets à la date d'introduction du présent recours, ce qui prive d'objet la demande de suspension présentée par les requérants. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation".
4. Les dispositions précitées font obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par MM. D doivent, dès lors, être rejetées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que demande la commune de Gourdon au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de MM. D tendant à la suspension de l'exécution de la délibération du conseil municipal de la commune de Gourdon du 27 février 2023.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F D, à M. C D et à la commune de Gourdon.
Fait à Nice, le 5 juin 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026