vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme GUILBERT |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 juin 2023 et le 9 juin 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 3 juin 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé son pays de destination et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission inscrit au système d'information Schenghen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son avocat, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- l'obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet méconnaît les stipulations du droit communautaire, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne le refus d'un délai de départ volontaire :
- Il ne présente aucun risque de fuite ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- l'interdiction de retour dont il fait l'objet méconnaît son droit à une vie privée et familiale, sa situation familiale constituant une circonstance humanitaire s'opposant à l'édiction d'une telle mesure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Guilbert, conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert, magistrate désignée,
- et les observations de Me Dridi, représentant M. B, qui soutient que l'épouse du requérant est enceinte de huit mois de sorte qu'elle ne peut pas voyager et que l'exécution de la décision en litige aurait pour effet de séparer le requérant de son épouse et de son enfant ;
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 juin 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a fait obligation à M. B, ressortissant marocain, de quitter le territoire sans délai, a fixé son pays de destination et a prescrit à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
2. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'arrêté en litige reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il précise, notamment, que l'intéressé a déclaré être entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il ne justifie d'aucune circonstance pour s'y être maintenu sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne justifie pas de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables en France, que s'il déclare être venu en France avec son épouse pour améliorer son quotidien, cette situation, qu'il n'établit pas, n'est pas de nature à lui conférer un droit au séjour, qu'il n'établit pas contribuer à l'entretien et l'éducation de l'enfant dont il revendique la paternité, qu'il ne présente pas des garanties de représentation satisfaisantes, et ne justifie d'aucune circonstance humanitaire s'opposant à l'édiction d'une interdiction de retour. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
5. En l'espèce, M. B, soutient avoir épousé une ressortissante espagnole avec qui il a eu un enfant, actuellement enceinte de 8 mois, de sorte qu'elle ne peut quitter la France par voie aérienne. Toutefois, il ne justifie pas du mariage allégué, ni de la réalité, de l'intensité et de la stabilité de ses liens avec ladite ressortissante. Il ne justifie pas davantage contribuer à l'entretien et l'éducation de l'enfant dont il invoque la paternité. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni qu'elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant. Pour les mêmes raisons, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ :
6. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : /1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; /2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré irrégulièrement en France et n'y a pas sollicité de titre de séjour. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas d'un document de voyage en cours de validité. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'il ne présente pas de risque de fuite doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
8. Compte tenu de ce qui est dit plus haut, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prescrite à son encontre porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni à se prévaloir de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire pour solliciter celle de l'interdiction de retour.
9. Par ailleurs, si M. B soutient qu'il est convoqué devant le tribunal correctionnel de Grasse, l'arrêté en litige ne s'oppose pas à ce qu'il s'y fasse représenter et assure ainsi valablement sa défense.
10. Compte tenu de ce qui est dit aux points qui précède, M. B ne justifie d'aucune circonstance humanitaire s'opposant à l'édiction d'une telle mesure.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnlle.
Article 2: La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, au préfet des Alpes-Maritimes et à Me Dridi.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
Lu en audience publique le 9 juin 2023 .
La magistrate désignée,
signé
L. GuilbertLa greffière,
signé
H. Diaw
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation, la Greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026