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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2302760

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2302760

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2302760
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juin 2023, M. B A, représenté par Me Roilette, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 6 juin 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes, en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire du 21 mars 2023, a prescrit sa reconduite à destination de son pays d'origine ou de tout pays dans lequel il justifierait être réadmissible ;

3°) d'annuler la décision du 2 juin 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des Outre-Mer l'a assigné à résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions en litige méconnaissent son droit d'être entendu ;

En ce qui concerne la décision portant exécution de l'interdiction judiciaire :

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît son droit constitutionnel de déposer une demande d'asile ainsi que les dispositions des articles L.711-1 et L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Guilbert, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, applicable, en vertu de l'article R. 776-13-2 du même code, aux recours formés en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. () Il peut, par ordonnance () 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ".

2. Aux termes de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, ou les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. Dans le cas où la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention intervient en cours d'instance, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue dans un délai de cent quarante-quatre heures à compter de la notification de cette décision par l'autorité administrative au tribunal.".

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le 6 juin 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a notifié à M. A, d'une part, une décision portant exécution d'une interdiction du territoire, à 10h15, d'autre part une décision d'assignation à résidence, prise par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, à 11h40. La notice de notification, signée de la main de l'intéressé, comporte la mention des voies et délais de recours de sorte que les délais de recours de quarante-huit heures prévus à l'article L.614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont commencé à courir au plus tard à 11h40. Dès lors, la requête de M. A, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Nice le 8 juin 2023 à 12h40 est tardive.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement irrecevable. Dès lors, il y a lieu de rejeter la rejeter en toutes ses conclusions par application des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer et au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 22 juin 2023.

La magistrate désignée,

signé

L. Guilbert

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun,

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation, la Greffière,

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