vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2303720 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DRIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2023, M. A B, représenté par
Me Dridi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, outre de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre par arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 27 juin 2023, ainsi que de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
2°) d'ordonner sa remise en liberté (étant actuellement placé en rétention administrative) ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient :
- que faisant l'objet à la fois d'une mesure de contrôle judiciaire, jusqu'au 9 janvier 2024, et d'une mesure d'éloignement du territoire, il y a urgence à suspendre l'exécution de cette dernière mesure, afin de se conformer aux règles du contrôle judiciaire et alors qu'un " routing " a été demandé le 18 juillet 2023 ;
- et que, dès lors que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français l'empêchera d'assurer de manière effective sa défense devant le juge judiciaire, il y a atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'assurer de manière effective sa défense devant le juge ainsi qu'au droit au recours effectif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la Selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
*** s'agissant de l'urgence : elle n'est pas établie en raison de la circonstance que la rétention administrative du requérant a été levée et que ce dernier s'est mis lui-même dans la situation d'urgence qu'il allègue, en refusant d'embarquer pour exécuter son éloignement ;
*** s'agissant de l'atteinte manifestement grave et illégale à une liberté fondamentale : aucune atteinte n'est caractérisée dès lors que l'éloignement du territoire du requérant ne pourra avoir lieu qu'à l'issue du contrôle judiciaire de l'intéressé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 juillet 2023 à 11 heures :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, juge des référés ;
- et les observations de M. B, requérant, qui persiste dans ses écritures ;
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté en date du 27 juin 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a obligé M. A B à quitter le territoire français, assortissant cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français. L'intéressé a par ailleurs été placé sous contrôle judiciaire par une ordonnance d'un juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Nice du 17 juillet 2023 jusqu'au 9 janvier 2024 en raison de son refus d'embarquement à bord de l'avion utilisé pour l'exécution de la mesure d'éloignement. M. B, qui a en outre été placé en rétention administrative, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, outre de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, d'ordonner la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre par arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 27 juin 2023, ainsi que de l'interdiction de retour sur le territoire français, et d'ordonner sa remise en liberté.
Sur la demande du bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En l'espèce, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Et aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
4. D'une part, et ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant a été placé sous contrôle judiciaire, lui interdisant de quitter le territoire français. Si cette circonstance n'a pas d'influence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français litigieuse prise à son encontre, l'autorité préfectorale est tenue de s'abstenir de mettre à exécution la mesure d'éloignement jusqu'à la levée par le juge judiciaire de l'interdiction prononcée. D'autre part, il résulte toutefois de l'instruction que le requérant n'est plus placé en centre de rétention administrative et n'a donc plus vocation à être éloigné à tout moment vers son pays d'origine. Dans ces conditions, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas remplie. Il y a dès lors lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête, y compris celles formées au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
Fait à Nice, le 28 juillet 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026