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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303957

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303957

jeudi 10 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303957
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSELARL ITINERAIRES AVOCATS - CADOZ-LACROIX-REY-VERNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 août 2023, et un mémoire enregistré le 10 août 2023, la SAS Medina Events, représentée par Me Massa, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 3 août 2023 par lequel le maire de la commune de Nice a prononcé la fermeture administrative pour quarante-cinq jours de l'établissement qu'elle exploite sous l'enseigne " La Villa " ;

2°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est constituée en raison des conséquences économiques importantes de la décision ;

- il est porté atteinte à sa liberté de commerce ;

- cette atteinte est grave et manifestement illégale en raison de l'absence de motivation de l'arrêté attaqué, de la disproportion de la mesure de fermeture, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une absence de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2023, la commune de Nice, représentée par Me Rey, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SAS Medina Events.

Elle fait valoir que l'urgence n'est pas caractérisée et que la décision attaquée n'est pas entachée d'illégalité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Pérez, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 août 2023, à laquelle les parties avaient été régulièrement convoquées :

- le rapport de Mme Pérez, juge des référés ;

- les observations de Me Miloudi et Mme B pour la SAS Medina Events, qui persistent dans leurs écritures et font en outre valoir que l'arrêté attaqué est illégal dès lors qu'il n'a pas été transmis au préfet ;

- les observations de Me Tabarly et M. A pour la commune de Nice, qui persistent dans leurs écritures et font en outre valoir que l'arrêté attaqué n'avait pas à être transmis au préfet car il a été pris par le maire sur délégation du préfet.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La société Medina Events exploite dans la commune de Nice un établissement sous l'enseigne " La Villa ", dont le maire de Nice a décidé, par arrêté du 3 août 2023, la fermeture administrative, pour une durée de quarante-cinq jours. La société Medina Events demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de mettre fin à l'atteinte à sa liberté fondamentale qui en résulte en prononçant la suspension de l'exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai de mesures de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'étant pas de nature, par elle-même, à caractériser une situation d'urgence.

3. Pour justifier de l'urgence s'attachant à l'intervention du juge des référés statuant dans un délai de quarante-huit heures, la société Medina Events fait valoir que la fermeture de l'établissement pour une durée de quarante-cinq jours entraîne l'annulation de sept évènements qui représentent une part significative de son chiffre d'affaires, et pour lesquels elle a déjà engagé des frais et vendu des tickets d'entrée qu'elle va devoir rembourser. Elle ajoute qu'elle va également perdre ses principaux prestataires, et qu'elle ne pourra pas supporter ses charges financières, ce qui entrainera des licenciements. Toutefois, la société se borne à produire une attestation d'un expert-comptable mentionnant que son chiffre d'affaires pour la période du 1er février au 31 juillet 2023 s'est élevé à la somme de 46 244 euros ainsi qu'un relevé de compte bancaire pour le mois de juillet 2023. Ces éléments ne permettent pas d'établir l'impossibilité pour la société de faire face à la perte temporaire de chiffre d'affaires causée par la fermeture administrative de l'établissement. Dans ces conditions, la société ne justifie pas qu'en l'absence de reprise à très bref délai de son activité il résulterait pour elle des conséquences économiques et financières présentant le caractère grave, immédiat et irréversible dont elle se prévaut.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la société Medina Events sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Medina Events demande au titre des frais liés au litige. Et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la SAS Medina Events la somme de 1 500 euros à verser à la commune de Nice sur le fondement de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SAS Medina Events est rejetée.

Article 2 : La SAS Medina Events versera une somme de 1 500 euros à la commune de Nice en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Medina Events et à la commune de Nice.

Fait à Nice, le 10 août 2023.

La juge des référés,

signé

T. PEREZ

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, la greffière

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