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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303998

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303998

mercredi 15 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303998
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLAWTEC - SOCIÉTÉ D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 12 août 2023, M. A E et le syndicat des copropriétaires de la villa d'habitation sise 251 allée des Mimosas à Mandelieu-la-Napoule, représentés par Me Vanzo, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2023 par lequel le maire de Mandelieu-la-Napoule ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 15 novembre 2022 par Mme C B pour remplacer les menuiseries extérieures existantes et transformer le garage en surface de plancher sur une habitation sise 251 allée des Mimosas ainsi que la décision résultant du silence gardé par le maire de Mandelieu-la-Napoule sur son recours gracieux du 18 juin 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mandelieu-la-Napoule une somme de 3 000 euros à payer à M. E et une somme de 1 000 euros à verser au syndicat des copropriétaires de la villa d'habitation sise 251 allée des Mimosas à Mandelieu-la-Napoule en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, Mme B, représentée par Me Zago, conclut au rejet de la requête et à ce que les requérants lui versent une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée à la commune de Mandelieu-la-Napoule, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

Sur la demande d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de () recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt () du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux () ".

3. Il résulte des termes mêmes des dispositions citées au point précédent, dont le but est d'alerter tant l'auteur d'une décision d'urbanisme que son bénéficiaire de l'existence d'un recours formé contre cette décision, dès son introduction, que cette formalité peut être regardée comme régulièrement accomplie dès lors que la notification est faite au titulaire de l'autorisation désigné par l'acte attaqué, à l'adresse qui y est mentionnée.

4. En l'espèce, l'arrêté attaqué mentionne que la déclarante demeure " 251 allée des Mimosas 06210 Mandelieu-la-Napoule ". Or, il ressort des pièces du dossier que les requérants ont notifié leurs recours gracieux à M. et Mme B " chez M. D, 269 allée des Mimosas, 06210 Mandelieu-la-Napoule ". Ainsi, Mme B est fondée à soutenir que la notification de ces recours ne respecte pas les dispositions citées au point 2. Dans ces conditions, en l'absence de régularité des recours gracieux formés le 14 avril 2023 et, par suite, de leur effet interruptif du délai de recours contentieux, le recours contentieux formé le 9 août 2023 contre l'arrêté du 16 février 2023 doit être regardé comme tardif. Par suite, la requête de M. E et du syndicat des copropriétaires de la villa d'habitation sise 251 allée des Mimosas est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée par ordonnance.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Mandelieu-la-Napoule, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros à verser à Mme B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. E et du syndicat des copropriétaires de la villa d'habitation sise 251 allée des Mimosas est rejetée.

Article 2 : M. E et le syndicat des copropriétaires de la villa d'habitation sise 251 allée des Mimosas verseront à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E, au syndicat des copropriétaires de la villa d'habitation sise 251 allée des Mimosas à Mandelieu-la-Napoule, à la commune de Mandelieu-la-Napoule et à Mme C B.

Fait à Nice, le 15 novembre 2023.

Le président,

Signé

T. BONHOMME

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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