mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2304285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ALINOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août et 12 septembre 2023, la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur, représentée par Me De Premare, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 18 août 2023 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion a retiré sa décision résultant du silence gardé sur le recours hiérarchique de M. B A et a refusé d'autoriser son licenciement, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la réintégration de M. A va impacter la santé des salariées victimes de ses agissements et qu'au regard de la liberté de circulation, elle ne pourra empêcher tout contact entre M. A et ses victimes ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
- la procédure contradictoire a été insuffisante ;
- le retrait est tardif ;
- la décision rejetant le recours hiérarchique n'est pas illégale dès lors que le vice affectant la procédure contradictoire a été purgé et que le comportement de M. A caractérise nécessairement des fautes disciplinaires justifiant son licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2023, M. A, représenté par Me Alinot, conclut au rejet de la requête et à ce que la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la condition d'urgence n'est pas remplie ;
-aucun moyen soulevé n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-la condition d'urgence n'est pas remplie ;
-aucun moyen soulevé n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 août 2023 sous le numéro 2304284 par laquelle la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Bonhomme, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 12 septembre 2023 :
- le rapport de M. Bonhomme, juge des référés,
- les observations de Me De Premare, représentant la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur,
- et celles de Me Alinot, représentant M. A,
à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été embauché par la caisse régionale du crédit agricole mutuel Provence Côte d'Azur le 28 octobre 1991 en contrat de travail à durée indéterminée. Il occupait à son dernier poste les fonctions de conseiller en gestion de patrimoine niveau 2 à Nice Saint-Isidore. Il détenait jusqu'alors depuis 2019 les mandats de délégué syndical CFTC titulaire, d'élu titulaire au CSE et membre de la commission de la politique RH, et de membre suppléant au conseil de discipline. Par courrier du 16 septembre 2022, la caisse régionale a demandé à l'inspecteur du travail l'autorisation de licencier M. A pour faute grave en raison " d'un comportement hostile et agressif ayant engendré la dégradation des conditions de travail et de l'état de santé de deux collaboratrices, caractérisant () un harcèlement moral ". Par une décision du 15 novembre 2022, l'inspecteur du travail a accordé l'autorisation demandée. M. A a formé un recours hiérarchique par lettre du 11 janvier 2023. Une décision de rejet est née du silence gardé par le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion. Par une nouvelle décision du 18 août 2023, le ministre a retiré sa décision implicite de rejet, a annulé la décision de l'inspecteur du travail et a refusé d'autoriser le licenciement de M. A. Par la présente requête, la caisse régionale du crédit agricole mutuel Provence Côte d'Azur demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette dernière décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Les moyens invoqués par la requérante à l'appui de sa demande de suspension et visés ci-dessus ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige. Il y a lieu, dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter les conclusions tendant à la suspension de son exécution.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur une somme de 1 000 euros à verser à M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur est rejetée.
Article 2 : La caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur versera à M. A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la caisse régionale de Crédit agricole mutuel Provence Alpes Côte d'Azur, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à M. B A.
Une copie sera adressée au directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 13 septembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
T. BONHOMME
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026