vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2304627 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Mme KOLF |
| Avocat requérant | EL ATTACHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 et 25 septembre 2023, M. B A, représenté par Me El Attachi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, et de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur de faits ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français étant illégale, les décisions portant refus de départ volontaire et interdiction de retour le sont également par conséquent et devront être annulées par voie d'exception ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa libre circulation.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Kolf, conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Kolf, magistrate désignée,
- et les observations de Me El Attachi, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 9 février 1996, a fait l'objet d'un arrêté en date du 13 septembre 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé à son encontre, sur le fondement du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, sans que le préfet soit tenu de faire état de tous les éléments de fait relatifs à la situation de l'intéressé. Il vise notamment l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise que M. A, entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu irrégulièrement après l'expiration de son titre de séjour sans en demander le renouvellement, qu'il est célibataire et sans charges de famille et qu'il ne dispose pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Cet arrêté comporte donc avec une précision suffisante les motifs de droit et de fait retenus par le préfet des Alpes-Maritimes, mettant à même l'intéressé d'en comprendre le sens et la portée. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
4. Si M. A fait valoir avoir résidé régulièrement en France en qualité d'étudiant depuis son entrée sur le territoire, muni d'un visa long séjour, en 2014, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il n'a pas, à la suite de l'expiration de son dernier titre de séjour en décembre 2019, sollicité le renouvellement de ce dernier ou la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement. Par ailleurs, et alors qu'il est constant qu'il est célibataire et sans charge de famille, M. A n'établit pas, en se bornant à se prévaloir de façon générale des liens qu'il aurait noués en France au regard de l'ancienneté de son séjour, la réalité de ces liens. Enfin, la circonstance qu'il a obtenu un diplôme en France dans le cadre de ses études et qu'il aurait bénéficié d'une promesse d'embauche en qualité de responsable développement commercial en 2023 n'est pas de nature à révéler une intégration sociale et professionnelle d'une particulière intensité au sein de la société française. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance qu'il ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels il a été pris. Le préfet n'a ainsi méconnu ni les stipulations de 1'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de 1'homme et des libertés fondamentales ni entaché la décision litigieuse d'erreurs de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français doivent être annulées par voie d'exception d'illégalité ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". L'article L. 612-2 de ce code dispose que " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () [ou] ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
7. Si M. A fait valoir qu'un délai de départ volontaire aurait dû lui être octroyé, il ressort toutefois des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes s'est notamment fondé, pour refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire, sur la circonstance qu'il n'a pas sollicité, à l'expiration de celui-ci, le renouvellement de son titre de séjour et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Si le requérant fait valoir qu'il a sollicité la régularisation de sa situation auprès des services de la préfecture, il n'établit pas avoir effectivement déposé une demande de titre de séjour en se bornant à produire deux convocations à des entretiens pour l'enregistrement de demandes de titre de séjour. Par suite, en l'absence de toute circonstance particulière et à supposer même que M. A disposerait de documents d'identité en cours de validité et d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, le préfet des Alpes-Maritimes a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement en application du 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et refuser pour ce seul motif l'octroi d'un délai de départ volontaire.
8. En cinquième lieu, si M. A se prévaut des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
9. En sixième lieu, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée au " droit à la libre circulation " n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et donc ne peut qu'être écarté. A supposer que M. A entende soutenir qu'il ne pourra pas voyager en France ni au sein de l'Union européenne, ce dernier ne se prévaut d'aucune circonstance particulière de nature à établir que la décision d'interdiction de retour emporterait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation, alors qu'il dispose en tout état de cause de la possibilité de demander l'abrogation de l'interdiction de retour prononcée.
10. En septième et dernier lieu, au vu de ce qui a été dit aux points 2 à 9, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté litigieux que le préfet des Alpes-Maritimes aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. A.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La magistrate désignée,
signé
S. KOLFLa greffière,
signé
H. DIAW
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026