jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2304849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Mme KOLF |
| Avocat requérant | BERGAMINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 5 octobre 2023, M. E B, retenu au centre de rétention administrative de Nice, représenté par Me Bergamini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a, pour l'exécution d'une décision d'interdiction judiciaire du territoire, fixé le pays à destination duquel il doit être reconduit ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation de ce dernier au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté portant placement en rétention administrative a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- l'arrêté fixant le pays de destination en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire est entaché d'incompétence ;
- il a été irrégulièrement notifié en l'absence d'interprète en présentiel ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté portant mesure d'éloignement en date du 2 octobre 2023 a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il a présenté ses observations douze jours avant son édiction ;
- il a été irrégulièrement notifié en l'absence d'interprète en présentiel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfay Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Kolf, conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 octobre 2023 à 14 heures :
- le rapport de Mme Kolf, magistrate désignée, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la légalité de l'arrêté portant placement en rétention administrative ;
- et les observations de Me Bergamini, représentant M. B, assisté de Mme A, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B ressortissant tunisien né le 19 septembre 1988, a été condamné le 14 février 2022 par le tribunal correctionnel de Toulon à une interdiction judiciaire du territoire national d'une durée de cinq ans. Par un arrêté en date du 2 octobre 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a, pour l'exécution de cette décision, fixé le pays à destination duquel il doit être reconduit. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification ".
3. Il résulte des dispositions citées ci-dessus que les conclusions présentées par M. B et tendant à l'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a placé en rétention ne ressortissent pas de la compétence de la juridiction administrative. Elles ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet des Alpes-Maritimes, par M. C D, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux du séjour. Par arrêté n° 2023-368 du 22 mai 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 115-2023 de la préfecture des Alpes-Maritimes, M. D a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes les décisions fixant le pays de renvoi y compris en exécution d'une interdiction du territoire national prononcée par l'autorité judiciaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur sa légalité. Il s'ensuit que M. B ne saurait utilement se prévaloir de ce qu'il n'était pas assisté d'un interprète en présentiel lors de la notification de l'arrêté litigieux.
6. En quatrième lieu, l'arrêté du 2 octobre 2023 du préfet des Alpes-Maritimes fixant le pays de destination mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, indiquant notamment que l'intéressé fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire en exécution de laquelle il convient de fixer le pays de destination. Il indique en outre que le requérant est de nationalité tunisienne et que son renvoi vers son pays d'origine ne contrevient pas à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
8. En se bornant à se prévaloir de son recours pendant auprès de la Cour nationale du droit d'asile contre la décision de rejet de sa demande d'asile, présentée alors qu'il était placé en rétention, prise par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 2 juin 2023, sans préciser la nature et les causes de ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine, M. B n'établit pas la réalité des risques auxquels il serait exposé en cas de retour en Tunisie. En désignant son pays d'origine comme pays de destination, le préfet des Alpes-Maritimes n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations citées au point précédent.
9. En sixième et dernier lieu, M. B ne saurait utilement invoquer de moyens à l'encontre d'une décision portant éloignement en date du 2 octobre 2023, une telle décision étant dépourvue d'existence matérielle. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'irrégularité de la notification d'une telle décision et de la méconnaissance du principe du contradictoire doivent être écartés comme étant inopérants.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique le 5 octobre 2023.
La magistrate désignée,
signé
S. KOLFLa greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026