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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305021

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305021

mercredi 20 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305021
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVICATS JULIEN DARRAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 4 octobre 2023, le président du tribunal administratif de Nîmes a transmis, en application de l'article R. 776-16 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C A B.

Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 1er octobre 2023 et

10 janvier 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant 2 ans.

Il soutient que l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie familiale en France, dès lors que toute sa famille y réside, et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ; que sa famille est en France, qu'il a toujours vécu en France, n'a aucune famille au Portugal et ne parle pas le portugais.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2023, le préfet du Var conclu au rejet de la requête.

Il fait valoir que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public et qu'il ne justifie pas avoir établi le centre de sa vie privée et familiale en France.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement informées du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 21 février 2024, le rapport de

M. Taormina, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ".

2. Le requérant soutient que l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie familiale en France, dès lors que toute sa famille y réside, et qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. En se bornant à fournir des pièces telles que son carnet de santé et des documents scolaires, M. A B ne verse aux débats aucune pièce de nature à justifier ses allégations et l'intensité de ses liens familiaux et personnels en France. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné le 14 septembre 2016 par un jugement du tribunal correctionnel de Grasse, confirmé par la Cour d'appel d'Aix en Provence le 1er février 2017, pour prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui, transport sans motif légitime de matériel de guerre, arme, munition ou élément essentiel de catégorie A, détention non autorisée d'arme, munition ou élément essentiel de catégorie B et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de 10 ans d'emprisonnement. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie familiale en France ni qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, les moyens qu'il invoque ne peuvent qu'être écartés.

3. Il résulte de ce qui précède que M. A B n'étant pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté querellé, sa requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet du Var.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

Mme Sandjo, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

G. Taormina

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

N. Soler

Le greffier,

Signé

D. Crémieux

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Par délégation la greffière.

N°2305021

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