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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305218

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305218

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305218
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M.Silvestre-Toussain-Fortesa
Avocat requérantSELARL ANDREANI-HUMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 octobre 2023 et 6 juin 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 28 août 2023, prise sur recours administratif, par laquelle Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur, devenu France Travail, a confirmé la décision du 8 août 2023 de radiation des listes de Pôle emploi et de suppression de son allocation pour une durée d'un mois à compter de celle-ci ;

2°) d'enjoindre à France travail Provence-Alpes-Côte d'Azur de le rétablir dans ses droits.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation car il a justifié d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi.

Par mémoires en défense, enregistrés les 19 avril et 21 juillet 2024, France travail Provence-Alpes-Côte d'Azur, pris en la personne de son directeur régional et représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.

France Travail soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative

- le code des relations entre le public et l'administration.

La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024 :

- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa ;

- et les observations de Me Andreani, pour France travail Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Par décision du 8 août 2023, Pôle Emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur, devenu France Travail, a procédé à la radiation de M. B de la liste des demandeurs d'emploi et à la suppression de son allocation d'aide au retour à l'emploi pour une durée d'un mois à compter du 8 août 2023, en raison du non accomplissement de démarches suffisantes pour retrouver un emploi, créer, reprendre ou développer une entreprise. Cette décision a été confirmée par la décision du 28 août 2023 de rejet du recours préalable obligatoire formé par l'intéressé. M. B demande au Tribunal d'annuler cette dernière décision ainsi que le rétablissement de ses droits.

2. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi ". Aux termes de l'article L. 5411-6 du code du travail : " Le demandeur d'emploi immédiatement disponible pour occuper un emploi est orienté et accompagné dans sa recherche d'emploi par Pôle emploi. Il est tenu de participer à la définition et à l'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1, d'accomplir des actes positifs et répétés de recherche d'emploi et d'accepter les offres raisonnables d'emploi telles que définies aux articles L. 5411-6-2 et L. 5411-6-3 ". Aux termes de l'article L. 5412-1 de ce code : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'État, la personne qui : 1° () ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ; () ". Aux termes de l'article R. 5411-12 du même code : " Le caractère réel et sérieux des démarches entreprises par le demandeur d'emploi est apprécié compte tenu de la situation du demandeur et de la situation du marché du travail local ". Enfin, aux termes de l'article R. 5412-1 dudit code dans sa version applicable au litige : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1et L. 5412-2 ".

3.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, qui relève des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

4.En l'espèce, pour contester l'appréciation portée par Pôle Emploi sur ses démarches entreprises en vue de retrouver un emploi, M. B produit plusieurs justificatifs de son dossier chauffeur VTC et des difficultés qu'il a rencontrées dans l'instruction de celui-ci, ainsi que les bulletins de salaires pour les cours qu'il a donné à l'école de journalisme de Nice. Toutefois, et d'une part, il résulte de l'instruction que M. B a élaboré un projet personnalisé d'accès à l'emploi dans lequel il a indiqué rechercher un emploi de rédacteur en chef, ou de responsable de petite ou moyenne entreprise, et non uniquement de chauffeur VTC, activité pour laquelle il n'a jamais été bénéficiaire de la carte professionnelle afférente, ayant en outre perdu son permis de conduire pour une durée de six mois durant l'instruction de sa demande. D'autre part, s'agissant de l'emploi de rédacteur en chef, il verse un courriel de l'école de journalisme de Nice justifiant d'un enseignement pour l'année scolaire 2023-2024 et des bulletins de salaire pour les mois de novembre 2023 à janvier 2024, lesquels sont ainsi postérieurs à la procédure de contrôle litigieuse initiée en avril 2023. Dans ces conditions, et alors qu'il résulte en outre de l'instruction que le requérant ne s'est pas présenté à un point d'étape prévu dans le cadre de son projet personnalisé d'accès à l'emploi, il ne peut dès lors être regardé comme ayant accompli des actes positifs et répétés de recherche d'emploi. Par suite, c'est à bon droit que Pôle Emploi a pris la décision attaquée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur regional de France Travail Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

F. Silvestre-Toussaint-FortesaLa greffière,

signé

V. Suner

La République mande et ordonne à la ministre du Travail et de l'Emploi, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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