vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2305295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP EGLIE-RICHTERS - MALAUSSENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2023, Mme A C, épouse B, représentée par Me Chadam-Coullaud, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la délibération n° 63/2023 du 13 juin 2023 par laquelle le conseil municipal de Carros a notamment approuvé la mise en place de l'annualisation du temps de travail pour les agents de la police municipale et ses modalités d'application et a pris acte de l'application des dispositions réglementaires d'attribution des congés annuels à cinq fois la durée hebdomadaire de service ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Carros la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : perte de jours de congés, alternance de travail de jour et de nuit, sans aucune compensation financière ; elle doit désormais travailler des week-ends et des jours fériés ; elle a moins de temps pour s'occuper de sa famille alors qu'elle aide une personne âgée atteinte de la maladie d'Alzheimer ;
- des moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la délibération méconnaît notamment l'article L. 611-2 du code général de la fonction publique et le décret du 25 août 200 sur le temps de travail en tant qu'il ne tient pas compte des spécificités de la police municipale de Carros : pas de spécificités sur les temps de pause et de repos, nouvelle organisation mise en place sans concertation rétroactivement au 1er janvier 2023, congés annuels déduits du temps de travail, perte de 7, 5 jours de congés sur l'année, alternance des rythmes de travail de jour et de nuit sans compensation financière, dérogations aux garanties minimales ;
* rupture du principe d'égalité de traitement des agents publics : le chef de service, les agents de surveillance de la voie publique et la secrétaire ne sont pas annualisés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2023, la commune de Carros prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la présente requête est irrecevable, à défaut d'avoir été précédée d'une requête en annulation de la décision en litige ; la requête est tardive, à défaut pour la requérante d'avoir introduit un recours gracieux dans le délai de recours contentieux ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie : la requérante n'a pas contesté, avant l'introduction de son recours gracieux le 16 août 2023, le nouveau planning mis en place depuis le mois de janvier 2023 ; elle ne justifie pas que son mode de vie serait significativement modifié ; la nouvelle organisation, qui s'inscrit dans une mise en conformité avec la loi du 6 août 2019 portant transformation de la fonction publique, ne porte aucune atteinte excessive aux droits de la requérante ;
- aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
* la commune était tenue de modifier les plannings de ses agents pour se conformer aux dispositions de l'article 47 de la loi du 6 août 2019 et a souhaité mieux déployer ses agents sur le territoire communal ;
* la concertation avec les agents et les partenaires sociaux a eu lieu à compter du dernier trimestre 2022 et a conduit à l'organisation arrêtée le 13 juin 2023 qui avait recueilli l'avis unanime du comité social territorial du 11 mai 2023 ;
* la nouvelle organisation n'est pas plus contraignante que la précédente ;
* elle permet un meilleur déploiement de la police municipale s'inscrivant dans le plan d'action sécurité municipale 2023 dans l'objectif d'assurer le bon maintien de l'ordre sur le territoire communal ;
* aucun régime dérogatoire n'est mis en place ; aucune rupture d'égalité n'existe au sein de la police municipale ; l'illégalité alléguée de l'expérimentation de la nouvelle organisation est, en tout état de cause, sans incidence, sur la légalité de la délibération en litige.
Vu :
- la délibération attaquée ;
- la requête, enregistrée le 25 octobre 2023 sous le n° 2305297, par laquelle la requérante demande l'annulation de la délibération en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 219-828 du 6 août 2019 portant transformation de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 novembre 2023 :
- le rapport de M. Pascal, assisté de Mme Ravera, greffière ;
- les observations orales de Me Chadam-Coullaud qui conclut, pour Mme A C, épouse B, aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui précise, en outre, que la condition d'urgence est remplie : la nouvelle organisation de travail supprime des congés, supprime des primes et introduit le travail de jour et de nuit alors que fille unique, elle doit également s'occuper de son père gravement handicapé. Le nouveau dispositif introduit des discriminations et a été mis en place, dès janvier 2023, sans concertation préalable.
- les observations orales de Me Eglie-Richters, pour la commune de Carros, qui reprend ses observations en défense et qui fait valoir que la condition d'urgence du référé suspension n'est pas remplie au regard de l'intérêt public qui s'attache à la mise en place d'une organisation de travail s'inscrivant dans la loi du 6 août 2019 et qui permet de répondre à l'impératif de sécurité publique sur la commune de Carros. La concertation avec les agents et les partenaires sociaux a permis de procéder aux derniers ajustements avant l'examen du texte en comité technique paritaire.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 63/2023 du 13 juin 2023, le conseil municipal de Carros a approuvé, pour une application au 1er juin 2023, la mise en place de l'annualisation du temps de travail pour les agents de la police municipale et a pris acte de l'application des dispositions réglementaires d'attribution des congés annuels à cinq fois la durée hebdomadaire de service. Mme A C, épouse B, brigadier-chef principal au sein de la police municipale de Carros, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette délibération.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes des dispositions de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public ".
3. Il résulte de l'instruction que la nouvelle organisation du temps de travail de la police municipale a été soumise, le 11 mai 2023 à l'avis du comité social territorial compétent. La circonstance alléguée par la requérante que la nouvelle organisation du temps de travail des agents de la police municipale de Carros ait été mise en place, à titre expérimental, sans concertation préalable et sans avoir été soumise à l'avis du comité technique partitaire compétent est sans incidence sur la légalité de la délibération 13 juin 2023 en litige, qui précise que la nouvelle organisation de travail entrera en vigueur à compter du 1er juin 2023. Par ailleurs, en faisant valoir que la nouvelle organisation de travail ne tient pas compte de la spécificité des missions de la police municipale de Carros en se référant notamment à des dispositifs réglementaires non applicables à la fonction publique territoriale comme le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et la magistrature ou l'arrêté du 5 septembre 2019 portant sur l'organisation relative au temps de travail dans les services de la police nationale, la requérante n'apporte aucun élément permettant d'apprécier le bien-fondé de ses allégations. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que la nouvelle organisation conduirait à une rupture d'égalité des agents publics de la police municipale de Carros placés dans une situation identique. Les moyens invoqués par la société requérante, tels qu'ils sont analysés dans les visas de la présente ordonnance, ne sont, dès lors, pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non recevoir soulevés en défense ni sur la condition d'urgence, les conclusions Mme C, épouse B, tendant à la suspension de l'exécution de la délibération du 13 juin 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme que demande la commune de Carros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C, épouse B, est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Carros tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, épouse B, et à la commune de Carros.
Fait à Nice, le 24 novembre 2023.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026