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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305371

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305371

mardi 14 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305371
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantMKHITARIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Hermine Mkhitarian-Sorrentino, avocate au Barreau de Nice, demande au tribunal :

- de suspendre la décision en date du 26 septembre 2023 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;

- d'enjoindre à la commission de médiation des Alpes-Maritimes de procéder à un réexamen de son recours amiable dans un délai de huit jours et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

- de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. C soutient que :

* sur l'urgence, il bénéficie d'un bail saisonnier de 90 jours arrivant à échéance le 10 janvier 2024, date au-delà de laquelle il sera sans domicile avec son épouse et ses deux enfants ;

* sur l'existence d'un moyen propre à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée qui est entachée :

* d'erreur de droit ;

* d'erreur manifeste d'appréciation.

Par mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Vu :

* la requête n° 2305369 enregistrée le 30 octobre 2023, par laquelle M. C, représentée par Me Hermine Mkhitarian-Sorrentino, avocate au Barreau de Nice, demande au tribunal l'annulation de la décision en date du 26 septembre 2023 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ensemble de la décision implicite de son recours gracieux

* les pièces du dossier.

Vu ;

* l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 2 juin 2014 qui fixe, en application des dispositions de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation, à 45 mois le délai à partir duquel les personnes qui ont déposé une demande de logement resté sans réponse peuvent saisir la commission de médiation ;

* la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

* le code de la construction et de l'habitation ;

* le code de la sécurité sociale ;

* le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Faÿ en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Ont été entendu au cours de l'audience publique :

* le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné ;

* les observations de Me Hermine Mkhitarian-Sorrentino, pour M. C, et de Mme B, pour le préfet des Alpes-Maritimes.

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 mai 2023, M. C a saisi la commission de médiation des Alpes-Maritimes d'un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation pour être en attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral. Par une décision en date du 26 septembre 2023, dont M. C demande la suspension, la commission a rejeté son recours au motif que la surface de 62 mètres carrés du logement occupé par le requérant est supérieure à celle mentionnée à l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation au regard des quatre personnes qui l'occupent, que si l'intéressé a déposé une demande de logement social le 22 juin 2012, l'examen de son recours fait ressortir qu'il bénéficie déjà d'un logement adapté à ses capacités et besoins et n'est pas en situation d'urgence bien qu'il n'ait reçu aucune proposition de logement dans le délai règlementaire de 45 mois et que, s'il a reçu un congé vente signifié le 30 avril 2023, il ne justifie pas avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant son expulsion du logement.

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Par ailleurs, aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision de la commission de médiation des Alpes-Maritimes, M. C se borne à soutenir que le 10 janvier 2024, à l'échéance du bail saisonnier de 90 jours qui lui a été consenti, il aura le choix de se maintenir sans droit ni titre dans le logement jusqu'à l'issue de la trêve hivernale, ce qu'il ne souhaite pas faire, ou de se retrouver sans domicile avec son épouse et ses deux enfants âgés de 16 et 18 ans. Cependant, en l'état de l'instruction, eu égard aux circonstances particulières de l'espèce, le requérant n'établit pas, que l'exécution de la décision contestée puisse être regardée, comme portant atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation et à celle de sa famille. Par suite, à défaut de justification de l'urgence, il y a lieu de rejeter la requête de M. C y compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Hermine Mkhitarian-Sorrentino et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 13 novembre 2023.

Le juge des référés,

D. FAŸLa République mande et ordonne au au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous les huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Le greffier,

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