lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2305439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Mme BELGUECHE |
| Avocat requérant | NASSOUR MARIAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2023, un mémoire en production de pièces enregistré le 4 novembre 2023 et deux mémoires en production de pièces enregistrés le 6 novembre 2023, M. C E demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 1er novembre 2023 par lesquelles le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de mettre à jour le fichier " SIS " (système d'information Schengen) en procédant à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle sous réserve que celui-ci renonce à percevoir l'aide juridictionnelle.
M. E soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur de droit en l'absence d'une nouvelle appréciation des éléments portés à la connaissance du préfet concernant ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine ;
La décision fixant le pays de renvoi :
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'erreur de droit en l'absence d'une nouvelle appréciation des éléments portés à la connaissance du préfet concernant ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine ;
La décision portant interdiction de retour pour une durée de deux ans :
- est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à l'existence de circonstances humanitaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Belguèche, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 6 novembre 2023 à 14h30 :
- le rapport de Mme Belguèche, magistrate désignée,
- les observations de Me Nassour pour M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. E, assisté de Mme F, interprète en langue anglaise, qui indique rendre visite à sa fille B à l'Ile sur la Sorgue dans le Vaucluse, toutes les fins de semaine ;
- le préfet du Var n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er novembre 2023, le préfet du Var a obligé M. E, de nationalité nigériane, né le 6 décembre 1991, à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, M. E, demande au tribunal l'annulation des décisions l'obligeant à quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3-1 de la convention susvisée relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. E, est le père de l'enfant B qu'il a reconnue à sa naissance, née en France le 23 février 2022, issue de son union avec Mme A, ressortissante nigériane bénéficiant du statut de réfugié en France, dont il est séparé. M. E fait valoir que le statut de réfugiée de la mère de l'enfant fait obstacle à ce que l'enfant et la mère puissent se rendre au Nigéria et qu'ainsi la mesure d'éloignement en litige aura pour conséquence de le séparer de son enfant pendant une longue période. Si M. E ne justifie pas participer à l'entretien de son enfant, il indique à la barre rendre visite à sa fille à l'Ile sur la Sorgue dans le Vaucluse, toutes les fins de semaine. Dans ces conditions, eu égard au jeune âge de l'enfant, née le 23 février 2022 et quand bien même M. E est séparé de Mme A et ne justifie pas participer à l'entretien de son enfant, la mesure d'éloignement en litige a méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant B, protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant de ne pas être séparé d'un de ses deux parents. Le requérant est dès lors fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale et à en demander, par suite, l'annulation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que doivent également être annulées, par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement, les décisions du 1er novembre 2023 contestées par le requérant, par lesquelles le préfet du Var a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Le présent jugement implique nécessairement, en vertu de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet du Var procède à un nouvel examen de la situation de M. E et lui délivre une autorisation provisoire de séjour dans cette attente. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Var d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision. Il y a lieu également, en conséquence de l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français, d'enjoindre au préfet du Var de faire procéder à la suppression du signalement de M. E dans le système d'information Schengen aux fins de non admission, dès notification de la présente décision.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
6. Le conseil de M. E a été commis d'office. La requête a été déposée sans son aide. Il n'y a, par suite, pas lieu de faire droit à la demande exposée au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Var du 1er novembre 2023 est annulé en tant qu'il a obligé M. E à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision, d'une part, de délivrer à M. E une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa situation et, d'autre part, de faire procéder à la suppression de son signalement dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission, dès notification de la présente décision.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des Outre-Mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
La magistrate désignée,
signé
S. BELGUECHE
La greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026