jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2305643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 14 et 28 novembre 2023, M. D A, demande au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa légalité, de l'exécution, de la décision n° 023X039 du 22 août 2023 par laquelle le maire du Cannet a exercé le droit de préemption urbain de ladite commune, concernant l'acquisition du bien immobilier situé dite ville, 30 chemin des Campelières, cadastré section AK n° 0214 ;
2°) de permettre aux signataires de la promesse de vente de mener la vente à son terme ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Cannet une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
1°) il a intérêt pour agir, en qualité de cohéritier de son père ;
2°) son recours contentieux enregistré sous le n°2305540 n'est pas tardif, n'ayant pas reçu notification de la décision querellée à la bonne adresse, du fait d'une erreur du notaire, et n'ayant eu connaissance de la décision du 22 août 2023 que par l'intermédiaire de sa belle-mère en septembre 2023 ; il n'a ensuite reçu notification effective de la décision par les services de l'urbanisme du Cannet, que par courriel du 13 octobre 2023 ; il a alors introduit un recours administratif gracieux contre la décision de préemption le 20 octobre 2023, adressé par mail le même jour et dont les services de la commune du Cannet ont accusé réception par deux messages des 25 octobre et 30 octobre 2023 auxquels il a répondu le 30 octobre 2023 ;
3°) s'agissant de l'urgence, la commune du Cannet projette la démolition pure et simple de cet immeuble pour établir à sa place un hypothétique " arrêt minute " et que tout commencement d'exécution de ce projet aura des conséquences irréversibles et entraînera, nécessairement, la caducité de l'offre présentée par l'aspirant acquéreur ;
4°) sur l'existence de moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision de préemption :
- la signature apposée sur la décision querellée semble l'avoir été mécaniquement et non par le maire ;
- la décision du 22 août 2023 vise une délibération n° 12 du Conseil municipal en date du 28 mai 2020 portant délégation au maire pour exercer les droits de préemption définis par le code de l'urbanisme " que la commune en soit titulaire ou délégataire ", or, les dispositions de l'article L. 211-1 du code de l'urbanisme font radicalement obstacle à ce que la commune du Cannet puisse être titulaire d'un droit de préemption, à défaut de plan local d'urbanisme et de plan d'occupation des sols ;
- la question peut être légitimement posée de savoir si le prétendu arrêt-minute projeté répond à un intérêt général ou plutôt aux intérêts privés des propriétaires voisins ;
- si la décision du 22 août 2023 fait également état de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes n°2023-610 du 4 août 2023 par lequel l'autorité préfectorale a renoncé au profit de la commune à exercer son droit de préemption, cette possibilité de " délégation " est strictement encadrée par les dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme dont il ressort d'une part que les communes ne sont pas au nombre des organismes de droit public ou de droit privé qui peuvent bénéficier de plein droit d'une délégation pour construire des logements et d'autre part, que le préfet ne peut renoncer à son droit de préemption au profit d'une commune, si celle n'est pas " initialement titulaire du droit de préemption ; dès lors, la délégation à laquelle le préfet a cru pouvoir procéder est dépourvue de toute base légale ;
- la commune et à sa suite le service des domaines ont retenu une qualification inexacte de ce bâtiment, cette construction n'étant aucunement un garage mais un cabanon provençal agricole ancien, maçonné et doté d'un toit en tuiles ; il résulte de ces erreurs que l'évaluation du service des domaines en est, par suite, faussée.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2023, la commune du Cannet, représentée par Me Orlandini, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. A à lui payer la somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable comme prématurée, le requérant ayant saisi le juge des référés, sans attendre le rejet de son recours gracieux contre la décision du 22 août 2023 ;
- l'urgence n'est pas démontrée ;
- l'original de la décision querellée resté en possession de la commune comporte bien la signature manuscrite du maire, et peu importe que l'ampliation délivrée aux héritiers soit revêtue d'une signature électronique ;
- le préfet était en l'espèce en droit de renoncer à son droit de préemption urbain au profit de la commune, nonobstant le fait qu'elle n'ait ni plan d'occupation des sols, ni plan local d'urbanisme ;
- la décision querellée s'inscrit bien dans le projet d'intérêt général de parachever l'aménagement routier du chemin des Campelières ;
- le moyen tiré d'une erreur de valorisation du bien concerné est inopérant sur la légalité de la décision querellée.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2305540, par laquelle M. A, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le 28 novembre 2023 :
- le rapport de M. Taormina, juge des référés ;
- et les observations de Me Orlandini et de M. B pour la commune du Cannet, M. A et le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présents, ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L.511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article L.521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
2. Si, eu égard à l'objet d'une décision de préemption et à ses effets à l'égard de l'acquéreur évincé, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative est présumée être satisfaite, elle ne l'est pas lorsque, comme en l'espèce, le juge des référés est saisi par le vendeur qui doit alors démontrer, pour être recevable à le saisir, que l'exécution de la décision de préemption querellée risque le lui faire perdre la possibilité de réaliser une vente à un prix beaucoup plus avantageux que celui offert par la commune.
3. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction, au regard des caractéristiques, de la situation géographique, de l'état du bien concerné, et des prix proposés respectivement par l'aspirant acquéreur et la commune qui a, en outre, saisi le juge de l'expropriation en vue d'une évaluation du bien, que la décision de préemption querellée risque faire perdre à M. A qui n'est, au demeurant, que l'un des copropriétaires indivis successoraux, les autres n'ayant pas saisi le juge des référés, la possibilité de réaliser une vente à un prix beaucoup plus avantageux que celui offert pour l'heure, par la commune. Dès lors, l'urgence requise par les dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative n'étant pas caractérisée, la requête de M. A doit être rejetée.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions formulées par la commune du Cannet au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Cannet formulées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifié à M. D A et à la commune du Cannet.
Copie en sera faite au préfet des Alpes-Maritimes et à M. C.
Fait à Nice, le 30 novembre 2023
Le juge des référés,
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
N°2305643
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026