mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2306287 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M.HOLZER |
| Avocat requérant | GARELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Garelli, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2023 en tant que le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
La requérante doit être regardée comme soutenant que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreurs de fait ;
- l'arrêté attaqué a été pris seulement quatorze jours après le rejet par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) de son recours contre la décision du 27 avril 2023 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) rejetant sa demande d'asile ;
- elle est en danger en cas de retour dans son pays d'origine.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Holzer, conseiller, en application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés à cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 janvier 2024 à 14 heures 30 :
- le rapport de M. Holzer, magistrat désigné,
- et les observations de Me Garelli, représentant Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour Mme B a été enregistrée le 24 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, Mme B, ressortissante turque née en 1977, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2023 en tant que le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
Sur la note en délibéré produite par Mme B :
2. Lorsqu'il est saisi, postérieurement à la clôture de l'instruction, d'un mémoire ou d'une note en délibéré émanant d'une des parties à l'instance, il appartient dans tous les cas au juge administratif d'en prendre connaissance avant de rendre sa décision et de le ou la viser sans l'analyser. S'il a toujours la faculté, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, de rouvrir l'instruction et de soumettre au débat contradictoire les éléments contenus dans ce mémoire ou cette note en délibéré, il n'est tenu de le faire à peine d'irrégularité de sa décision que s'il contient soit l'exposé d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, soit d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office.
3. Par une note en délibéré produite le 24 janvier 2024, soit sept jours après la clôture de l'instruction intervenue à l'issue de l'audience publique du 17 janvier 2024, Mme B a produit de nouvelles pièces et soulevé un nouveau moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, d'une part, la requérante était en mesure de faire état, avant la clôture de l'instruction, de l'ensemble des pièces nouvellement versées. D'autre part, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que le juge n'était pas tenu de relever d'office, ne constitue pas une circonstance de droit nouvelle. Ainsi, ces nouvelles pièces et ce nouveau moyen présentés après la clôture de l'instruction n'ont, en tout état de cause, pas à être examinés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, d'une part, si Mme B soutient qu'elle est en situation régulière sur le territoire français au regard de son attestation de demande d'asile du 26 septembre 2023, il ressort toutefois tant des termes de la décision attaquée que de ses propres déclarations que sa demande d'asile a été définitivement rejetée à la suite de la décision de la cour nationale du droit d'asile du 15 novembre 2023. D'autre part, si elle soutient vivre en France avec son fils, titulaire d'une carte de séjour d'une durée de dix ans, une telle circonstance, au demeurant non établie par les pièces versées au dossier, n'est pas de nature à remettre en cause l'allégation du préfet des Alpes-Maritimes selon laquelle elle ne justifie pas s'être maintenue de manière habituelle et continue sur le territoire français depuis janvier 2022. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de fait doit être écarté dans ses deux branches.
5. En deuxième lieu, la circonstance selon laquelle l'arrêté attaqué a été pris seulement quatorze jours après le rejet par la cour nationale du droit d'asile de son recours contre la décision du 27 avril 2023 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande d'asile, est sans influence sur sa légalité. Ce moyen doit être écarté comme inopérant.
6. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes des dispositions du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
7. En l'espèce, si la requérante soutient qu'elle est en danger en cas de retour dans son pays d'origine, elle n'apporte toutefois aucun élément permettant d'établir la réalité de ces menaces. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2023 présentées par Mme B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
signé
M. HOLZER
La greffière
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
N°2306287
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026