mercredi 6 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2401164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. BEYLS |
| Avocat requérant | SEMPERE FLORIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mars 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre le 27 juillet 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre à jour le système d'information Schengen en faisant procéder à l'effacement du signalement aux fins de non-admission ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au profit de son avocat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation expresse à l'aide juridictionnelle.
Le requérant soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et repose sur des faits matériellement inexacts dès lors qu'elle indique à tort que sa famille réside en Algérie ;
- elle fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et présente un caractère disproportionné ;
- elle procède d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2024, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty-Venutti-Camacho-Cordier, conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Beyls, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 mars 2024 à 14 heures 45 :
- le rapport de M. Beyls, magistrat désigné,
- les observations de Me Sempere, avocat de permanence désigné par le bâtonnier, pour M. B, qui reprend les faits, conclusions et moyens développés dans la requête ;
- et les réponses de M. B aux questions posées par le magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 9 juillet 1997, est entré irrégulièrement en France en 2019 d'après ses déclarations. Par un arrêté du 27 juillet 2023, le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B n'a pas exécuté cet arrêté. Le 7 décembre 2023, il a été condamné à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de vol et a été écroué à la maison d'arrêt de Grasse. A sa sortie de prison, le préfet des Alpes-Maritimes a, par un arrêté du 2 mars 2024, prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2024.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux mentionne les textes dont il fait application, et plus particulièrement l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, l'arrêté indique que M. B a fait l'objet, le 27 juillet 2023, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour pour une durée d'un an, qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans pouvoir démontrer avoir exécuté cette mesure d'éloignement et qu'il s'est soustrait, à tout le moins, à l'interdiction de retour. L'arrêté ajoute que le requérant est entré en France en 2019, selon ses déclarations, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il est célibataire et sans enfant, qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents ainsi que sa fratrie, qu'il n'a pas exécuté spontanément la mesure d'éloignement prise à son encontre le 27 juillet 2023 et que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. La circonstance que le préfet aurait commis une erreur quant au lieu de résidence des parents et de la fratrie du requérant ne saurait, par elle-même, caractériser une motivation insuffisante de la décision litigieuse. Par suite, le préfet a suffisamment motivé cette décision en droit comme en fait. Par conséquent, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-10 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même () pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". L'article L. 612-11 du même code dispose que : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / () ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, à la fin de l'année 2019 et qu'il n'a pas cherché à régulariser sa situation. Il a fait l'objet, le 27 juillet 2023, d'un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Si l'intéressé soutient qu'il a exécuté cette mesure d'éloignement, il n'établit ses dires par aucune pièce. En outre, si l'intéressé se prévaut de la présence en France de plusieurs membres de sa famille, il ne justifie pas de la réalité et de l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ces derniers. Par ailleurs, l'intéressé ne démontre pas bénéficier d'une insertion sociale ou professionnelle significative en France et il n'établit pas qu'il serait dépourvu de toute attache familiale en Algérie, où il a vécu jusqu'à l'âge de 22 ans. Enfin, le requérant a été condamné le 7 décembre 2023 par le tribunal correctionnel de Grasse à une peine d'emprisonnement de quatre mois pour des faits de vol. Dans ces conditions, dès lors qu'il s'est maintenu irrégulièrement en France alors qu'il était obligé de quitter le territoire français sans délai en application de l'arrêté du 27 juillet 2023 du préfet des Alpes-Maritimes, M. B relevait des dispositions du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, en l'absence de toute circonstance humanitaire, c'est à bon droit que le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français dont le requérant faisait l'objet.
5. D'autre part, s'agissant de la durée de cette prolongation, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prolongeant cette interdiction de retour pour une durée supplémentaire de deux ans, cette durée ne présentant pas le caractère disproportionné invoqué compte tenu de la menace à l'ordre public que M. B représente et de l'absence de liens particuliers sur le territoire français.
6. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 mars 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre le 27 juillet 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par conséquent, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à l'avocat de M. B une somme au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sempere et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique le 6 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
N. BEYLSLe greffier,
Signé
A. STASSI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026