vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2401293 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ADDEN MÉDITERRANÉE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 et 29 mars 2024, la société The Qa Company, représentée par Me Sevino, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la procédure organisée par le SICTIAM visant à l'attribution du marché public ayant pour objet l'acquisition et la maintenance d'une solution informatique, agent conversationnel (CHATBOT) ;
2°) d'enjoindre au SICTIAM et à la Société WAIABE, société attributaire, de suspendre l'exécution de toute décision se rapportant à la passation du marché en cause ;
3°) d'enjoindre au SICTIAM de reprendre la procédure au stade de l'examen des offres en réintégrant l'offre ;
4°) de mettre à la charge du SICTIAM la somme de 3 000 € au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- le SICTIAM a méconnu ses obligations en matières de publicité et de mise en concurrence ; le SICTIAM a manifestement dénaturé le contenu de son offre en méconnaissant ou en altérant ses termes ; contrairement à ce que soutient le SICTIAM, la Société THE QA COMPANY propose bien l'export en format CSV tant pour les messages que pour les fichiers ; si la société requérante ne fait pas expressément mention de ses compétences dans le cadre de réponse du mémoire technique portant sur ce sujet, une telle possibilité d'export était visible sur la plateforme test mise à disposition du SICTIAM, conformément aux exigences de l'article 1.6 du Règlement de la consultation ;
- l'onglet logs de la société THE QA COMPANY offre des fonctionnalités plus riches que celles présentées par la société lauréate ;
- les deux entreprises ayant proposé des offres semblables sur de nombreux sujets et les notes attribuées à la société THE QA COMPANY au titre du critère de la " valeur technique ", ne reflétant aucunement le contenu de son offre, il ne fait aucun doute que le SICTIAM a dénaturé son offre en altérant ou en méconnaissant son contenu ;
- le SICTIAM aurait consulté la société attributaire avant le lancement de l'appel d'offres ; au regard des pièces fournies par le SICTIAM à l'appui de son dossier de consultation des entreprises, il apparaît que le marché a été établi en tenant compte des compétences techniques et des propositions commerciales habituelles de la société WAIABE.
Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés le 29 mars 2024, le Syndicat mixte d'ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes et de la Méditerranée conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
- la société requérante ne se prévaut d'aucun intérêt lésé par les manquements invoqués ; les moyens qu'elle articule à l'appui de sa requête sont donc inopérants ;
- l'offre de la société requérante n'a pas été dénaturée ;
- l'allégation suivant laquelle " la Société attributaire aurait été consultée par le SICTIAM, préalablement au lancement de la procédure d'attribution du marché ", elle est non injustifiée mais à supposer même qu'elle serait avérée, elle ne pourrait être regardée comme ayant pu avoir la moindre influence sur la régularité de la procédure dès lors que neuf sociétés ont présenté une offre recevable ;
Par un mémoire enregistré le 29 mars 2024, la société Waiabe, représentée par Me Grech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative
La société Waiabe soutient :
- la société requérante ne se prévaut d'aucun intérêt lésé par les manquements invoqués ; les moyens qu'elle articule à l'appui de sa requête sont donc inopérants ;
- que l'offre de la société requérante n'a pas été dénaturée ;
- l'article R. 2111-1 du code de la commande publique autorise les études de marché et échanges avec les opérateurs économiques préalablement à la passation d'un marché, afin de déterminer ses besoins et ses exigences.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article L.551-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Ravera, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Breteau, pour la société requérante, de Me Grech, pour le SICTIAM et de Me Daboussy pour la société Waiabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. Par un avis d'appel public à concurrence du 22 novembre 2023, le SICTIAM a lancé une procédure d'appel d'offres en vue de l'attribution d'un marché public pour un accord-cadre de techniques de l'information visant à l'acquisition et la maintenance d'une solution informatique de type " agent conversationnel ". La société THE QA COMPANY a été informée par courrier du SICTIAM, reçu le 1er mars 2024, du rejet de son offre, celle-ci étant arrivée en seconde position, avec une note totale de 73/100. La société THE QA COMPANY demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L.551-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat litigieux et d'annuler la procédure organisée visant à l'attribution du marché public litigieux.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. " ; l'article L. 551-2 du même code dispose que : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations " ;
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur, à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements ; qu'il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
Sur la dénaturation de l'offre de la société requérante :
4. La société requérante soutient que son offre a été dénaturée s'agissant de sa valeur dès lors que sa qualité technique et son caractère ergonomique auraient été sous-évalués, que le SICTIAM n'aurait pas apprécié à sa juste valeur les " fonctionnalités plus riches " de son " onglet logs " c'est-à-dire du stockage de l'historique des consultations et évènements survenus sur l'application. Il n'entre pas dans l'office du juge du référé précontractuel de se livrer à une appréciation de la valeur relative des offres et de se substituer ainsi au pouvoir adjudicateur.
Sur le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement en raison de la participation de la société Everial à l'étude de marché conduite par l'AIFE :
5. L'article R. 2111-1 du code de la commande publique prévoit que : " Afin de préparer la passation d'un marché, l'acheteur peut effectuer des consultations ou réaliser des études de marché, solliciter des avis ou informer les opérateurs économiques de son projet et de ses exigences. / Les résultats des études et échanges préalables peuvent être utilisés par l'acheteur, à condition que leur utilisation n'ait pas pour effet de fausser la concurrence ou de méconnaître les principes mentionnés à l'article L. 3 ". Aux termes de l'article L. 3 du même code : " Les acheteurs () respectent le principe d'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique. Ils mettent en œuvre les principes de liberté d'accès et de transparence des procédures, dans les conditions définies dans le présent code ".
6. Ces dispositions permettent au pouvoir adjudicateur de mener des consultations ou échanges avec les opérateurs économiques pour la définition du besoin. Si la société requérante soutient que la société Waiabe aurait été consultée par le SICTIAM et que le marché a été établi en tenant compte des compétences techniques et des propositions commerciales habituelles de la cette société, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir que la société Waiabe aurait pu bénéficier d'informations privilégiées ou aurait été favorisée par la configuration du règlement de consultation. La société requérante qui se borne à alléguer que le SICTIAM a " nécessairement avantagé la société attributaire et a, semble-t-il, restreint la concurrence et rompu l'égalité de traitement des candidats de fausser la concurrence ou de porter atteinte au principe d'égalité de traitement des candidats ", ne produit aucun élément de nature à établir la réalité d'une atteinte à l'égalité de traitement des candidats.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du SICTIAM qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge la société The QA Company la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le SICTIAM et non compris dans les dépens qu'elle demande sur le fondement de ces mêmes dispositions.
9.. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge la société The QA Company la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par société Waiabe et non compris dans les dépens qu'elle demande sur le fondement de ces mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société The QA Company est rejetée.
Article 2 : La société The QA Company versera la somme de 1 500 euros au SICTIAM au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La société The QA Company versera la somme de 1 500 euros à la société Waiabe au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la Société The QA company, au Syndicat mixte d'ingénièrie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes et de la Méditerranée et à la Société Waiabe.
Fait à Nice, le 5 avril 2024 .
Le juge des référés,
signé
P. A
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026