vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2403192 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DULAC |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n°1905817 rendu le 12 avril 2023, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision du 4 octobre 2019 par laquelle le maire de Carros a refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle à Mme D C, épouse A et a enjoint au maire de Carros de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 28 février et 19 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Dulac, demande au tribunal, en exécution du jugement n°1905817 rendu le 12 avril 2023, de condamner la commune de Carros à lui régler la somme totale de 26 646, 28 euros en réparation de ses préjudices (dont 20 000 euros de dommages-intérêts, 6 037,72 euros de frais de procédure, 240,21 euros de jours de carence et 368,35 euros de commissions d'intervention concernant des retards de loyer).
Elle soutient que :
- si par arrêté notifié le 12 juillet 2023, la commune de Carros lui a accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle, celle-ci l'a fait sans aucune rétroactivité ;
- elle n'a à ce jour reçu aucune indemnisation au titre des dommages-intérêts et honoraires d'avocat ;
- les frais de procédure qu'elle a engagés représentent la somme de 6 037, 72 euros ;
- elle a subi une baisse des revenus de 80,07 euros par mois concernant les jours de carence (octobre, novembre et décembre 2019), soit au total, la somme de 240, 21 euros ;
- elle a dû régler des commissions d'intervention bancaire concernant des retards de loyer pour un montant total de 368,35 euros ;
- elle doit également être indemnisée du manque à gagner du fait de sa présence à l'audience du 14 septembre 2020, jour non travaillé.
Par une ordonnance n°2403192 du 13 juin 2024, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2024, la commune de Carros, représentée par Me Chrestia, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le jugement n°1905817 rendu le 12 avril 2023 a été exécuté ;
- par un arrêté en date du 13 juin 2023, le maire de Carros a accordé à Mme A le bénéfice de la protection fonctionnelle et une indemnité de 1 500 euros lui a été versée le 17 janvier 2024 par mandat n° 77, bordereau 6 ;
- le bénéfice de la protection fonctionnelle qui ne saurait être accordé avec effet rétroactif, n'implique pas obligatoirement la prise en charge des frais exposés par l'agent, la jurisprudence reconnaissant à l'administration un droit d'arbitrage en cas de demande excessive ;
- les modalités de prise en charge des dépenses par la collectivité sont précisées par le décret n°2017-97 du 26 janvier 2017 relatif aux conditions et aux limites de la prise en charge des frais exposés dans le cadre d'instances civiles ou pénales par l'agent public ou ses ayants droit ; l'agent doit communiquer à sa collectivité la convention qu'il a conclue avec son avocat (art. 4), ce que n'a pas fait Mme A ; l'administration n'est jamais tenue de rembourser l'intégralité des frais ;
- concernant la facture MD 19-1105 du 4 décembre 2019 de 1 200 euros, outre qu'il n'est pas démontré que la facture a été acquittée, cette facture correspond à la requête en annulation contre la décision par laquelle le maire a refusé d'accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle et les écritures prises en demande sont identiques à celles prises dans le cadre du référé suspension ; or, le tribunal a condamné la commune au paiement d'une somme de 1 500 euros, soit davantage que les frais exposés par la requérante qui n'est donc pas fondée en sa demande ;
- concernant la facture MD 20-110 du 4 mars 2020 de 2 160 euros, à nouveau, la preuve n'est pas rapportée que la facture a été acquittée ; la plainte et la citation directe sont identiques dans leur rédaction ; il a été statué sur cette facture dans le cadre du jugement du tribunal de police de Grasse du 14 septembre 2020 (rendu définitif par l'arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 7 décembre 2020), qui a condamné M. B à payer à la requérante, une somme de 800 euros au titre des frais irrépétibles ;
- concernant la facture MD 19-1103 du 20 novembre 2019 d'un montant de
2 400 euros, à nouveau, il n'est pas démontré, comme le prévoit le décret, que cette facture, qui porte sur le référé suspension, a été acquittée et le juge des référés du tribunal administratif de Nice a statué sur la demande formée au titre des frais irrépétibles aux termes de l'ordonnance n°1905816 du 27 janvier 2020 ;
- à supposer que la requérante rapporte la preuve que ces frais n'ont pas été pris en charge par un contrat de protection juridique, la circulaire du 23 avril 2019 n°NORJUSF1911811C prévoit 455 euros pour un référé et 730 euros devant une juridiction de première instance, alors même que la requérante a obtenu, au titre des frais irrépétibles, une somme totale de 2 300 euros ;
- concernant les factures d'un commissaire de justice pour un montant total de
277,72 euros et correspondant à des " frais de citation ", la requérante ne démontre pas qu'elles ont été acquittées ;
- elle ne démontre pas le lien de causalité entre sa baisse de revenus et les retards de paiement de son loyer ayant selon elle occasionné des frais bancaires et en tout état de cause, il s'agit ici de faits sans lien avec l'octroi de la protection fonctionnelle ;
- la demande de 20 000 euros de dommages-intérêts n'est pas justifiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :
- le rapport de M. Taormina, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Chrestia pour la commune de Carros, Mme A n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L.911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. Il résulte de l'instruction, qu'à la date de la présente décision, Mme A ne justifie pas qu'elle ait effectivement payé tous les frais de justice dont elle demande la prise en charge dans le cadre de la protection fonctionnelle, alors au demeurant que ces sommes ont été compensées par celles allouées au titre des frais irrépétibles devant les différentes juridictions dont il n'est pas établi ni même allégué par la requérante, qu'elles n'ont pas été recouvrées. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de la créance de Mme A en lui allouant à ce titre une somme de 2 500 euros. Enfin, les autres sommes réclamées n'entrent pas dans le champ d'application de la protection fonctionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Carros est condamnée à payer à Mme A une somme de
2 500 (deux mille cinq cents) euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, épouse A et à la commune de Carros.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
M. Bulit, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Taormina L'assesseure la plus ancienne,
Signé
N. Soler
Le greffier,
Signé
D. Crémieux
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le Greffier
N°2403192
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026