mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2403739 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. BEYLS |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juillet 2024 et 11 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Karzazi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a procédé au retrait de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui restituer son titre de séjour dans un délai de trente jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public que son comportement constituerait ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty-Venutti-Camacho-Cordier, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Beyls, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juillet 2024 à 15 heure 00 :
- le rapport de M. Beyls, magistrat désigné, qui informe les parties de l'incompétence du magistrat désigné pour connaître des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait d'un titre de séjour, qui relèvent de la formation collégiale,
- les observations de Me Karzazi, pour M. B, qui reprend les faits, conclusions et moyens développés dans la requête,
- et les observations de M. B et de ses parents, présents à l'audience, qui ont répondu aux questions du magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 16 juillet 2004, est entré en France le 21 janvier 2009 et a obtenu, en dernier lieu, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 25 mai 2023 au 24 mai 2025. Par un arrêté du 8 juillet 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a procédé au retrait de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la compétence du magistrat désigné :
2. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-3 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, qu'en cas d'assignation à résidence du requérant, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination, prononçant une interdiction de retour et assignant à résidence, dont il pourrait être saisi. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision relative au séjour.
3. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 8 juillet 2024, en tant qu'il porte retrait du titre de séjour accordé à M. B, doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de cette instance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré sur le territoire national en 2009, à l'âge de quatre ans, et qu'il y réside depuis lors, de même que l'ensemble de sa famille. Hébergé à titre gratuit chez ses parents, tous deux titulaires d'une carte de résident de dix ans, il a été scolarisé dès le mois de septembre 2009 en classe de grande section et il a obtenu son diplôme national du brevet en 2020. Il a poursuivi sa scolarité au lycée professionnel Magnan jusqu'en classe de terminale et il est désormais inscrit à la mission locale. Si le requérant a été condamné à trois reprises pour des infractions relatives aux stupéfiants et à une reprise pour des faits de vol avec violence n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail, il ressort des pièces du dossier que les infractions en cause ont été commises en 2022, alors que le requérant était âgé de dix-huit ans. Ce dernier souffre d'ailleurs d'une pathologie psychiatrique lourde qui l'a conduit à se mettre en danger par des actes de délinquance puis à être hospitalisé, du 4 mai au 14 juin 2024, au centre hospitalier Sainte-Marie dans le cadre d'un épisode de décompensation psychotique. L'intéressé fait dorénavant l'objet d'un suivi par le centre médico-psychologique " Le Rembrandt " et il a fait valoir au cours de l'audience publique, en présence de ses parents, qu'il souhaite désormais se réinsérer socialement et reprendre ses études afin d'obtenir son baccalauréat. Enfin, l'intéressé n'a plus d'attaches familiales en Tunisie, qu'il a quittée à l'âge de quatre ans dans le cadre d'un regroupement familial, dès lors que sa grand-mère et son grand-père paternels sont décédés dans ce pays respectivement le 7 février 2016 et le 6 janvier 2024. Dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à la nature des faits à raison desquels le requérant a été condamné et à l'ancienneté de son séjour en France, où il est arrivé enfant et a passé la plus grande partie de sa vie et où réside l'ensemble de sa famille, le préfet des Alpes-Maritimes, en obligeant M. B à quitter le territoire français, a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excédant ce qui était nécessaire à la défense de l'ordre public et a, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 juillet 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français. Doivent également être annulées, par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement, les décisions du même jour par lesquelles cette même autorité a refusé d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'exécution du présent jugement n'implique pas la restitution du titre de séjour qui avait été délivré à M. B. Elle implique seulement, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative et de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet des Alpes-Maritimes procède au réexamen de la situation de M. B et le munisse d'une autorisation provisoire de séjour. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen et dans le délai de cinq jours suivant la notification du présent jugement, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1 : Les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 8 juillet 2024, en tant qu'il porte retrait du titre de séjour qui lui avait été délivré, les conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte qui s'y rattachent ainsi que les conclusions relatives aux frais de cette instance sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Nice.
Article 2 : Les décisions du 8 juillet 2024, prises à l'encontre de M. B, portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer la situation de M. B dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente de ce réexamen et dans le délai de cinq jours suivant la notification du présent jugement, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la république du tribunal judiciaire de Nice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
N. BEYLSLe greffier,
signé
A. BAHMED
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026