vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2404059 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BORGES DE DEUS CORREIA |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n°2205410 rendu le 10 mai 2023, le tribunal administratif de Nice, saisi pour exécution de son précédent jugement n°2002570 du 30 juin 2022 rendu pour exécution de son jugement n°1900338 du 20 juin 2019, a condamné l'Etat à payer à
M. A C B une somme de 5 000 euros et à la SCP Foussard-Froger une somme de 1 000 euros.
Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, M. A C B, représenté par Me Borges de Deus Correira et Me Borges de Deus Correira (SCP Foussard-Froger) agissant pour son propre compte, demandent au tribunal de prendre toutes mesures utiles pour assurer l'exécution du jugement n°2205410 rendu le 10 mai 2023.
Ils soutiennent que le préfet des Alpes-Maritimes n'a toujours pas procédé à l'exécution dudit jugement.
Par une ordonnance n°2404059 du 23 juillet 2024, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par courrier du 18 septembre 2024, le tribunal a, en application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, informé les parties que la décision lui paraissait susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office suivant : il résulte de l'article L.911-9 du code de justice administrative, que l'exécution des condamnations pécuniaires incombe exclusivement au préfet du département. En cas d'inertie de celui-ci, il n'appartient pas au juge administratif d'user directement de ses pouvoirs en matière d'exécution de la décision de justice concernée. Il appartient préalablement au créancier de saisir en vain le comptable assignataire d'une demande de paiement de la condamnation pécuniaire inexécutée. Dès lors, en dépit d'un courrier en date du 16 mai 2024 adressé par le greffe du tribunal rappelant ces règles et indiquant les coordonnées du comptable assignataire de la dépense compétent, faute pour M. A C B et Me Borges de Deus Correira d'avoir préalablement saisi en vain ledit comptable d'une demande de paiement, leurs conclusions formulées à fin d'exécution sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Par deux mémoires enregistrés les 20 septembre 2024, M. A C B, représenté par Me Borges de Deus Correira et Me Borges de Deus Correira (SCP Foussard-Froger) agissant pour son propre compte, concluent à la recevabilité de leur requête et à la condamnation de l'Etat à leur payer une somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'il appartenait au préfet des Alpes-Maritimes, en application des dispositions de l'article L.114-2 du code des relations entre le public et l'administration, de transmettre leur demande préalable au comptable assignataire compétent.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêt du Conseil d'Etat n°432598 et 432599 du 12 février 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 le rapport de M. Taormina, président-rapporteur, Me Borges de Deus Correira, M. A C B et le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L.911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article L.911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n°80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables./ " Art. 1er. - I. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice./ Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification./ A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement./" ".
2. L'article L.911-9 du code de justice administrative permettant à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'Etat est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
3. En dépit d'un courrier en date du 16 mai 2024 adressé par le greffe du tribunal rappelant ces règles et indiquant aux requérants les coordonnées du comptable assignataire de la dépense compétent pour recevoir une demande préalable de paiement, il ne résulte pas de l'instruction, que ce comptable ait été sollicité par les requérants pour procéder au paiement des sommes qui leur sont dues, en exécution du jugement n°2205410 rendu le 10 mai 2023 par le tribunal de céans contre l'Etat (préfet des Alpes-Maritimes). Les dispositions de l'article
L.114-2 du code des relations entre le public et l'administration ne trouvant pas à s'appliquer en matière d'exécution, le comptable assignataire auprès duquel doit être formulé une demande de paiement n'étant pas partie à la procédure devant le tribunal, les requérants ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes était tenu de transmettre leur demande au directeur régional des finances publiques Provence-Alpes-Côte d'Azur. Par suite, les conclusions formulées par M. A C B et Me Borges de Deus Correira en exécution des condamnations pécuniaires prononcées par le tribunal dans son jugement sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C B et Me Borges de Deus Correira est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B, à Me Borges de Deus Correira et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
M. Bulit, conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Taormina L'assesseure la plus ancienne,
Signé
N. Soler
Le greffier,
Signé
D. Crémieux
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le Greffier
N°2404059
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026