vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Mme RAISON |
| Avocat requérant | LAURENS MAEVA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 15 octobre 2024, le président du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal, en application de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requête enregistrée le 4 septembre 2024, présentée par M. B A.
Par cette requête enregistrée le 4 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Laurens, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a décidé de prolonger l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée par l'arrêté du 1er novembre 2022 du préfet de Seine-Saint-Denis ;
2°) d'annuler, par voie d'exception, l'arrêté du 1er novembre 2022 par lequel le préfet de Seine-Saint-Denis lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Raison, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Raison, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 25 octobre 2024.
Le tribunal soulève à l'audience un moyen d'ordre public sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative tiré de l'irrecevabilité, pour tardiveté, des conclusions de la requête tendant à l'annulation, par voie d'exception, de l'arrêté du préfet de Seine-Saint-Denis en date du 1er novembre 2022, dûment notifié le jour même avec mention des voies et délais de recours en raison du caractère définitif de celui-ci.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 21 février 1984 à Sousse, a déclaré être entré en France en 2008 et n'avoir pas quitté le territoire depuis lors. Il a fait l'objet d'un arrêté du 1er novembre 2022 par lequel le préfet de Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un arrêté du 1er septembre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a décidé de prolonger d'une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur le moyen d'ordre public soulevé d'office tiré de la tardiveté de la demande d'annulation de l'arrêté du 1er novembre 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ". Aux termes du II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ". Et aux termes du II de l'article R. 776-5 du même code : " Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 () ne sont susceptibles d'aucune prorogation ".
3. Il ressort des termes mêmes de la requête présentée pour M. A, que le requérant présente des conclusions tendant à ce que le Tribunal prononce l'annulation de " l'arrêté préfectoral de Monsieur C du 1er novembre 2022 par exception d'illégalité ". Il est constant que cette requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 4 septembre 2024 tandis que l'arrêté préfectoral contenant la décision contestée a été notifié le 1er novembre 2022 au requérant par le truchement d'un interprète. Il ressort des termes mêmes de la notification que celle-ci comportait l'indication des voies et délais de recours ouverts contre cette décision. Dès lors, et conformément aux dispositions précitées de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de celles du code de justice administrative, le requérant disposait d'un délai de quarante-huit heures à compter de cette notification pour contester cette obligation. La requête, enregistrée le 4 septembre 2024, est dès lors tardive, et, par suite, irrecevable.
Sur la demande d'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2024 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
5. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction fassent l'objet d'une motivation distincte, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
6. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
7. En l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci vise les textes dont il est fait application, et notamment les articles L. 612-6 à L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prendre sa décision. En particulier, l'arrêté mentionne que le requérant a fait l'objet d'une décision du préfet de Seine-Saint-Denis en date du 1er novembre 2022 portant obligation de quitter le territoire sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de 2 ans, que M. A est célibataire et sans enfants, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il n'a pas exécuté spontanément la mesure d'éloignement du 1er novembre 2022, et qu'il a été signalé pour avoir commis des faits de violation de domicile, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, agression sexuelles, conduite sans permis, conduite sous l'empire d'un état alcoolique. Par conséquent, la décision contestée mentionne de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, la motivation de l'arrêté en litige atteste de la prise en compte des critères prévus par les dispositions susvisées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté portant prolongation d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. " Aux termes de l'article L. 612-11 du même code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai () ".
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 1er novembre 2022, le préfet de Seine-Saint-Denis a prononcé à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français, que l'intéressé ne conteste pas ne pas avoir exécutée, ainsi qu'une interdiction de retourner sur le territoire français de deux ans. S'il se prévaut d'une présence en France depuis quinze ans ans, il ne l'établit pas, pas plus qu'il n'établit avoir fixé le centre de sa vie privée et familiale en France et être dans l'impossibilité de reconstituer sa cellule familiale dans son pays d'origine. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet des Alpes-Maritimes a pu édicter, à l'encontre de M. A, une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes- Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
L. RAISONLa greffière,
signé
V. LABEAU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026