vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2500193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme Chevalier |
| Avocat requérant | LAGARDERE CAROLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Lagardère, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a implicitement refusé de recalculer le montant de l'allocation pour demandeur d'asile qui lui est dû ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au calcul de l'allocation pour demandeur d'asile qui lui est due de février à octobre 2023 et de procéder à son versement à hauteur des sommes qui ne lui ont pas été versées dans un délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme allouée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation en suspendant pour certaines périodes le versement de l'allocation pour demandeur d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2025, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Nice a désigné Mme Chevalier, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chevalier, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 1er janvier 1997, a déposé une demande d'asile le 25 novembre 2022 et a bénéficié depuis cette date du versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Estimant qu'il n'a pas perçu, à tort, le versement de cette allocation de février à mars 2023 puis d'août à novembre 2023, M. A a, par un courrier du 11 octobre 2024, demandé au directeur de l'OFII de procéder de nouveau au calcul de l'allocation pour demandeur d'asile qu'il était en droit de percevoir au titre de ces périodes. M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur de l'OFII a implicitement rejeté cette demande.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article D. 553-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sont admis au bénéfice de l'allocation prévue au présent chapitre, les demandeurs d'asile qui ont accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article L. 551-9 et qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile délivrée en application de l'article L. 521-7 () ". Aux termes de l'article R. 573-2 du même code : " L'attestation de demande d'asile peut être retirée ou ne pas être renouvelée lorsque l'étranger se soustrait de manière intentionnelle et répétée aux convocations ou contrôles de l'autorité administrative en vue de faire échec à l'exécution d'une décision de transfert ". Selon l'article D. 553-24 de ce code : " Le versement de l'allocation prend fin dans les cas suivants : () 3o A compter de la date à laquelle l'attestation de demande d'asile a été retirée par l'autorité administrative ou n'a pas été renouvelée en application de l'article R. 573-2 ". Enfin, l'article D. 553-25 du même code dispose que " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 551-14, le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration ".
5. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. A ne disposait pas d'une attestation de demandeur d'asile valide du 9 juin au 7 décembre 2023 et, d'autre part, que l'OFII a suspendu le versement de l'allocation pour demandeur versée au requérant de février à mars 2023 puis d'août à novembre 2023.
6. En ce qui concerne la période allant des mois d'août à novembre 2023, l'OFII indique dans ses observations produites en défense qu'il a procédé à la suspension du versement de l'allocation sur le fondement des dispositions des articles D. 553-24 et D 553-25 du code des étrangers et du droit d'asile précitées au motif que M. A ne disposait pas d'une attestation de demandeur d'asile en cours de validité.
7. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier ni même n'est allégué par l'OFII que le requérant se serait soustrait de manière intentionnelle et répétée aux convocations ou contrôles de l'autorité administrative en vue de faire échec à l'exécution d'une décision de transfert. Par suite, c'est à tort que l'OFII a considéré que la situation du requérant entrait dans le champ des dispositions précitées de l'article D.553-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. D'autre part, en revanche, le requérant n'établit pas ni même n'allègue avoir entrepris des démarches, avant l'expiration de l'attestation de demandeur d'asile dont il était en possession, afin d'en obtenir le renouvellement. L'absence de validité de l'attestation de demandeur d'asile dont il était titulaire ne peut, par suite, être regardée comme étant imputable à l'administration. Dans ces conditions, et alors qu'il résulte de l'instruction que l'OFII aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur les dispositions de l'article D. 553-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée en tant qu'elle a suspendu le versement de l'allocation pour demandeur d'asile pour cette période est entachée d'illégalité et, par suite, à en demander l'annulation.
9. En ce qui concerne la période couvrant les mois de février et mars 2023, il ressort des observations présentées en défense par l'OFII que M. A disposait d'une attestation de demandeur d'asile valide. Dans ces conditions et alors que le directeur de l'OFII ne fait état d'aucun élément ni en droit ni en fait de nature à justifier la suspension du versement de l'allocation pour demandeur d'asile, la décision attaquée en tant qu'elle porte sur ces mois est entachée d'illégalité.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur de l'OFII a suspendu le versement de l'allocation pour demandeur d'asile en tant qu'elle porte sur les mois de février et mars 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. L'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de M. A concernant les mois de février et mars 2023 soit réexaminée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au directeur de l'OFII de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision par laquelle le directeur de l'OFII a implicitement refusé de recalculer le montant de l'allocation pour demandeur d'asile qui lui est dû en tant qu'elle porte sur les mois de février et mars 2023 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur de l'OFII de procéder au réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement de la demande de M. A concernant le montant de l'allocation pour demandeur d'asile auquel il a droit au titre des mois de février et mars 2023.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Lagardère et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près du tribunal judiciaire de Nice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La magistrate désignée,
signé
C. ChevalierLa greffière,
signé
M-C. Masse
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026