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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2505869

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2505869

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2505869
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantKARZAZI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice rejette la requête en excès de pouvoir visant à annuler un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et d'interdiction de retour. La juridiction écarte tous les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence du signataire, d'une erreur de droit, de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et d'une erreur manifeste d'appréciation, faute pour la requérante d'apporter des précisions suffisantes. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :



Par une requête enregistrée le 7 octobre 2025, Mme D... E..., représentée par Me Karzazi, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 7 septembre 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an ;
2°) d’enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 250 € par jour de retard et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1.500 € en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’une incompétence de son signataire ;
- il est entaché d’erreur de droit ;
- il méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation dès lors que le préfet des Alpes-Maritimes n’a pas procédé à un examen approfondi de sa situation.



La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n’a pas produit de mémoire en défense.



Un mémoire complémentaire non communiqué a été enregistré le 1er mars 2026 pour Mme E....



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.




Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience, en application de l’article R.732-1-1 du code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement informées du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Taormina, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Karzazi, représentant Mme E..., le préfet des Alpes-Maritimes ni présent, ni représenté.



Considérant ce qui suit :


1. En premier lieu, l’arrêté attaqué du 7 septembre 2025 a été signé par Mme A... B..., cheffe du pôle éloignement du bureau de l’éloignement et du contentieux du séjour de la préfecture des Alpes-Maritimes. Par un arrêté n° 2025-627 du 19 mai 2025, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 121-2025 de la préfecture des Alpes‑Maritimes, accessible tant au juge qu’aux parties, Mme B... a reçu délégation à l’effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes notamment les mesures d’éloignement et les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, le moyen invoqué par le requérant tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté en litige manque en fait et doit, par suite, être écarté.

2. En deuxième lieu, Mme D... E..., ressortissante portugaise née le 27 décembre1989, soutient que l’arrêté attaqué serait entaché d’une erreur de droit, sans préciser la nature de cette erreur, ni ses conséquences sur la légalité de l’acte. Dès lors, elle ne met pas le tribunal à même de pouvoir apprécier le bien-fondé de ce moyen qui doit, par suite, être écarté.

3. En troisième lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentale : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Aux termes de l’article 8 de cette même convention : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. (…) / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien‑être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

4. En se bornant à soutenir que l’arrêté litigieux méconnaît les stipulations précitées des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la requérante n’assortit pas ces moyens de précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées doivent être écartés.

5. En quatrième et dernier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l’arrêté litigieux, que le préfet des Alpes‑Maritimes aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de Mme E... et ainsi entaché son arrêté d’une erreur manifeste d’appréciation, la requérante n’apportant, en tout état de cause, pas de précisions suffisantes permettant d’apprécier le bien-fondé du moyen qu’elle invoque, s’étant bornée à produire seulement le 1er mars 2026, un contrat de travail à durée déterminée conclu postérieurement à la décision querellée avec effet à compter du 24 novembre 2025 prolongé jusqu’au 21 mars 2026, non accompagné de bulletins de paye.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme E... doivent être rejetées. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.










D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme E... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D... E... et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.




Délibéré après l'audience du 5 mars 2026, à laquelle siégeaient :


M. Taormina, président,

Mme Zettor, première conseillère,

Mme Chevalier, première conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2026.


Le président-rapporteur,
signé
G. Taormina
L’assesseure la plus ancienne,
signé
V. Zettor


La greffière,

signé



M. C...

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.



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