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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2601286

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2601286

mardi 3 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2601286
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantKAMGAING PIERRE-CLAVER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un arrêté préfectoral de rejet de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire et d'interdiction de retour. Le juge estime la demande irrecevable car l'exécution des mesures contestées est déjà suspendue de plein droit en vertu des articles L. 722-7 et L. 722-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, suite à l'introduction d'un recours au fond. Les conclusions accessoires (aide juridictionnelle, indemnité) sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 20 février 2026, M. B..., représenté par Me Kamgaing, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 8 août 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour, a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai ainsi qu’une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à Me Kamgaing sous réserve qu’il renonce à percevoir la rémunération correspondant à la part contributive de l’État au titre de l'aide juridictionnelle.


………………………………………………………………………………..

Vu :
la requête au fond enregistrée sous le numéro 2504681 ;
les autres pièces du dossier ;


Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référés.



Considérant ce qui suit :


Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».


M. B..., ressortissant du Nigéria, a saisi le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une requête aux fins de suspension de l’exécution de l’arrêté du 8 août 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour, a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai ainsi qu’une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans.



Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :


3. D’une part, aux termes de l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. (…). ». Selon les termes de l’article L. 722-8 du même code : « Lorsque l'étranger ne peut être éloigné en exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne peut pas procéder à l'exécution d'office de l'interdiction de retour assortissant cette obligation de quitter le territoire français. ». Il résulte de ces dispositions que l’exécution des décisions litigieuses portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français a été suspendue à la suite de l’enregistrement au greffe de la requête du requérant tendant à l’annulation de l’arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 8 août 2025. Par suite les conclusions aux fins de suspension dirigées contre ces décisions, ainsi que les conclusions à fin d’injonction tendant au réexamen de la demande de titre de séjour de l’intéressé et à la délivrance d’une autorisation provisoire de séjour sont irrecevables et doivent dès lors être rejetées.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter, sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, les conclusions susmentionnées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions de la requête tendant à l’admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.




ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Nice, le 3 mars 2026.



Le juge des référés,
signé
P. SOLI



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière

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