jeudi 3 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2301408 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 novembre 2023 et un mémoire enregistré le 3 décembre 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de la communauté d'agglomération du sud (CASUD) a rejeté sa demande de versement de l'indemnité d'exercice de missions de préfecture (IEMP) et de l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) reçue le 4 juillet 2023 ;
2°) d'enjoindre au président de la CASUD de lui verser l'IEMP au taux 3 et l'IAT au taux 8 à compter du 1er janvier 2019, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) de condamner la CASUD à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice résultant du refus de versement de ces indemnités.
Elle soutient que :
- exerçant ses fonctions de manière satisfaisante, elle est en droit de prétendre à l'IEMP et à l'IAT prévues par les délibérations du conseil communautaire des 29 mai et 16 novembre 2006 et 27 février 2009 (IEMP), sur la base des taux maximums respectivement de 3 et 8 ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle toujours donné satisfaction dans l'exercice de ses missions ;
- l'illégalité de la décision lui cause un préjudice résultant des troubles subis dans ses conditions d'existence.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 mai 2024 et 16 janvier 2025, la CASUD, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la décision litigieuse s'analyse en une décision confirmative de la décision implicite de rejet du 29 décembre 2021 et à ce titre, non susceptible de recours ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable ;
- à titre subsidiaire, les moyens développés par la requérante à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 janvier 2025.
Un mémoire a été enregistré pour Mme B le 21 janvier 2025 qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 ;
- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Mme B,
- et les observations de Me Dejoie substituant Me Landot, représentant la CASUD.
Une note en délibéré, enregistrée le 26 mars 2025, a été présentée par Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative non titulaire, exerce les fonctions d'assistante archiviste auprès de la CASUD depuis le 1er avril 2011 en vertu d'un contrat à durée indéterminée. Elle bénéficie depuis le 1er septembre 2021 du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) et perçoit à ce titre une indemnité de fonction de sujétions et d'expertise et le complément indemnitaire annuel depuis le 1er août 2022. Par un courrier du 29 octobre 2021, elle a demandé au président de la CASUD l'attribution de l'IEMP et de l'IAT pour la période antérieure au 1er mai 2021, date d'entrée en vigueur du RIFSEEP. Cette demande a été implicitement rejetée. Par un courrier du 3 juillet 2023, Mme B a renouvelé sa demande de paiement de l'IAT et de l'IEMP. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet du président de la CASUD, de lui enjoindre de lui verser ces indemnités sur la base des coefficients maxima à compter du 1er janvier 2019 et de lui allouer la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus d'attribution de l'IAT et de l'IEMP :
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense tirée du caractère tardif de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
3. En l'espèce, Mme B a formulé pour la première fois une demande d'octroi des indemnités IAT et IEMP par courrier du 28 octobre 2021 reçu le lendemain. La décision implicite de rejet née du silence de la CASUD intervenue le 30 décembre 2021 a ainsi acquis un caractère définitif en l'absence de recours de l'intéressée. Si Mme B soutient que la demande formulée le 3 juillet 2023 ne pouvait s'interpréter comme une décision confirmative dès lors qu'elle ne portait par hypothèse pas sur la même période, cette demande, en raison de l'identité d'objet qu'elle présente avec la demande initiale, revêt cependant un caractère purement confirmatif, en l'absence de circonstances nouvelles. Dans ces conditions, les conclusions par lesquelles elle sollicite l'annulation de la décision du président de la CASUD refusant à nouveau de lui verser l'IAT et de l'IEMP à compter du 1er janvier 2019, sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. A supposer que le refus d'octroi de l'IAT et de l'IEMP ait présenté un caractère fautif, de nature à engager la responsabilité de la CASUD, Mme B ne démontre pas l'existence des troubles dans les conditions d'existence qu'elle aurait subis du fait de l'absence d'attribution des primes, alors qu'il résulte de l'instruction qu'elle a bénéficié du RIFSEEP et a perçu à compter du 1er septembre 2021 la somme mensuelle de 420 euros au titre de l'IFSE et à compter du 1er août 2022 et la somme trimestrielle de 90 euros au titre du CIA. Par suite, sa demande indemnitaire doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de demande préalable.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté d'agglomération du Sud (CASUD).
Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
Mme Marchessaux, première conseillère,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2025.
La rapporteure,
N. TOMI
La présidente,
A. BLIN Le greffier
F. IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026