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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2400918

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2400918

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2400918
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDJAFOUR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion a rejeté la requête d'un ressortissant comorien demandant l'annulation du refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant et la délivrance d'un titre "vie privée et familiale". Le tribunal a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant le renouvellement, notamment au regard des conditions spécifiques de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Il a également estimé que le requérant ne pouvait se prévaloir de sa durée de séjour à Mayotte pour obtenir un titre de séjour à La Réunion, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juillet 2024 et 25 juillet 2025, M. E... C... A..., représenté par Me Djafour, demande au tribunal :

1°) d’ordonner au préfet de La Réunion de communiquer un modèle de l’autorisation spéciale prenant la forme d’un visa prévu à l’article L. 441-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que l’ensemble des éléments relatifs au cadre légal et aux modalités de délivrance des visas dont il est fait mention sur le site de la préfecture de Mayotte et des modalités de délivrance des autorisations spéciales prenant la forme du visa précité ;

2°) d’annuler la décision du 19 avril 2024 par laquelle le préfet de La Réunion a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention « étudiant » ;

3°) d’enjoindre au préfet de La Réunion de lui délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale », dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du préfet de La Réunion la somme de 2 000 euros à verser à Me Djafour en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Il soutient que :
- la commission de titre de séjour n’a pas été saisie en méconnaissance des dispositions de l’article L. 432-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article L. 441-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le préfet a commis une erreur de droit en estimant qu’il ne pouvait se prévaloir de sa durée de séjour à Mayotte ;
- la décision contestée est contraire aux dispositions des articles L. 431-5 et L. 312-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- aucune disposition du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne prévoit que le préfet de Mayotte délivre des visas de long ou de court séjour ;
- la décision attaquée viole les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2025, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête de M. C... A....

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C... A... ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 29 juillet 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 18 août 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
‑ la loi n° 91‑647 du 10 juillet 1991 ;
‑ le décret n° 2020‑1717 du 28 décembre 2020 ;
‑ le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marchessaux, rapporteure,
- et les observations de Me Djafour, représentant M. C... A...,
- le préfet de La Réunion n’étant pas représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C... A..., né le 16 décembre 1999 de nationalité comorienne, déclare être entré sur le territoire du département de Mayotte en 2013 à l’âge de 13 ans. Le 22 juillet 2019, il a obtenu la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » l’autorisant à séjourner uniquement à Mayotte et valable jusqu’au 15 septembre 2021. M. C... A... est entré le 16 septembre 2021 à La Réunion sous couvert d’un visa long séjour portant la mention « études » délivré par le préfet de Mayotte. Il a bénéficié d’une carte de séjour mention « étudiant » valable jusqu’au 3 janvier 2023, délivrée par le préfet de La Réunion dont il a sollicité le renouvellement dans le cadre des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. M. C... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 19 avril 2024 par laquelle par laquelle le préfet de La Réunion a rejeté cette demande.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :
2. D’une part, aux termes des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ».
3. D’autre part, aux termes de l’article L. 441-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Sans préjudice des dispositions des articles L. 233-1 et L. 233-2, les titres de séjour délivrés par le représentant de l'Etat à Mayotte, à l'exception des titres délivrés en application des dispositions des articles L. 233-5, L. 421-11, L. 421-14, L. 421-22, L. 422-10, L. 422-11, L. 422-12, L. 422-14, L. 424-9, L. 424-11 et L. 426-11 et des dispositions relatives à la carte de résident, n'autorisent le séjour que sur le territoire de Mayotte. Les ressortissants de pays figurant sur la liste, annexée au règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des Etats membres, qui résident régulièrement à Mayotte sous couvert d'un titre de séjour n'autorisant que le séjour à Mayotte et qui souhaitent se rendre dans un autre département, une collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou à Saint-Pierre-et-Miquelon doivent obtenir une autorisation spéciale prenant la forme d'un visa apposé sur leur document de voyage. Ce visa est délivré, pour une durée et dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le représentant de l'Etat à Mayotte après avis du représentant de l'Etat du département ou de la collectivité régie par l'article 73 de la Constitution ou de Saint-Pierre-et-Miquelon où ils se rendent, en tenant compte notamment du risque de maintien irrégulier des intéressés hors du territoire de Mayotte et des considérations d'ordre public. (…). »

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C... A... est entré le 16 septembre 2021 à La Réunion sous couvert d’un visa long séjour portant la mention « études » délivré par le préfet de Mayotte. Il a bénéficié d’une carte de séjour mention « étudiant » valable jusqu’au 3 janvier 2023 délivrée par le préfet de La Réunion, dont il a sollicité le renouvellement dans le cadre des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En outre, s’il a, par le passé, bénéficié d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », valable uniquement à Mayotte jusqu’au 15 septembre 2021, il est constant que ce titre était expiré à la date de l’édiction de l’arrêté en litige. Par conséquent, M. C... A... n’entrait pas dans le champ des dispositions de l’article L. 441-8 applicable uniquement aux titulaires d’un titre de séjour délivré à Mayotte et n’était pas soumis à l’obligation de délivrance préalable d’une autorisation spéciale. Par suite, le préfet de La Réunion a entaché sa décision d’une erreur de droit en faisant application de ces dispositions.

5. Toutefois, la décision attaquée est fondée également sur le fait que M. C... A... ne remplit pas les conditions fixées par les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
6. Aux termes de l’article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ». Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ».
7. Il ressort cependant des pièces du dossier, en particulier des certificats de scolarité versés au débat, que M. C... A... a été scolarisé à Mayotte de l’année 2013 à l’année 2019. Par ailleurs, il a bénéficié d’un titre de séjour valable du 22 juillet 2019 au 22 juillet 2020 renouvelé par le préfet de Mayotte jusqu’au 15 septembre 2021. Le requérant a obtenu son baccalauréat le 25 juin 2020. Ainsi qu’il a été exposé précédemment, il est entré à La Réunion le 16 septembre 2021, sous couvert d’un visa long séjour « études » délivré par le préfet de Mayotte et a obtenu du préfet de La Réunion une carte temporaire de séjour valable jusqu’au 3 janvier 2023 et un récépissé valable jusqu’au 10 juin 2024. Si le requérant se prévaut de sa durée de séjour à Mayotte, cette circonstance est, pour l’application des stipulations de l’article 8 précité, seulement de nature à établir la présence de ses intérêts privés et familiaux dans le département de Mayotte et non dans celui de La Réunion. Ainsi, il peut seulement se prévaloir d’une durée de séjour brève d’un peu moins de trois ans à La Réunion. M. C... A... soutient, en outre, qu’il réside avec sa compagne, Mme D... B..., titulaire d’un titre de séjour et que cette dernière, contrainte de résider sur La Réunion en raison de son état de santé, a besoin de sa présence pour l’aider dans sa vie quotidienne. Il ressort des pièces du dossier que Mme B... est arrivée à La Réunion en provenance de Mayotte en 2014, par évacuation sanitaire afin d’y soigner sa pathologie rénale grave et qu’étant mineure, elle a été placée auprès de l’aide sociale à l’enfance, sa mère résidant aux Comores. Pour justifier de la vie commune avec Mme B..., le requérant produit une attestation d’EDF établie aux deux noms, le 5 juillet 2024, mentionnant qu’ils sont titulaires d’un contrat EDF depuis le 9 novembre 2020, lequel document revêt un caractère déclaratif. Il produit également les avis d’impôt sur les revenus établis en 2023 et 2024 le concernant, se déclarant célibataire, lesquels comportent la même adresse. Le requérant se prévaut ensuite d’un certificat médical établi le 29 mai 2024 par un médecin néphrologue du CHU de La Réunion précisant que sa compagne qui est suivie depuis sa greffe rénale réalisée en mai 2018 présente un état instable nécessitant la présence de M. C... A..., qu’elle présente comme étant son compagnon, en raison de son isolement et de la nécessité de la soutenir dans son suivi et dans la gestion des problématiques qu’elle rencontre. Il ressort en outre des pièces produites que le requérant a été titulaire d’un contrat de travail à durée déterminée pour un poste d’employé polyvalent, chauffeur du 18 janvier 2024 au 18 mai 2024. Toutefois, M. C... A..., sans charge de famille, qui n’a pas poursuivi d’études dès son arrivée à La Réunion, ne justifie pas être dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine où réside son père, selon les déclarations non contestées du préfet. En outre, le seul certificat médical précité n’est pas de nature à établir que l’état de santé de sa compagne nécessiterait une aide quotidienne que le requérant serait seul à pouvoir lui apporter. Enfin, M. C... A... ne justifie pas, à la date de l’arrêté attaqué, d’une insertion socioprofessionnelle significative au regard de la durée alléguée de sa présence sur le territoire français, le seul contrat de travail d’une durée de 4 mois étant en tout état de cause insuffisant. Dans ses conditions, eu égard aux conditions de séjour de M. C... A... sur le territoire national, la décision contestée n’a pas porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, et n’a, par suite, pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision n’est pas davantage entachée d’une erreur de droit quant à la prise en compte de sa durée de séjour à Mayotte.

8. Il résulte de l’instruction que le préfet de La Réunion aurait pris la même décision s’il s’était fondé uniquement sur le motif tiré de ce que M. C... A... ne remplit pas les conditions fixées par les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. Aux termes de l’article L. 432‑13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423‑1, L. 423‑7, L. 423‑13, L. 423‑14, L. 423‑15, L. 423‑21, L. 423‑22, L. 423‑23, L. 425‑9 ou L. 426‑5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; (…)».

10. Il résulte de ces dispositions que le préfet n’est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions et non de celui de tous les étrangers qui s’en prévalent. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que M. C... A... ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer la carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale ». Dès lors, le préfet n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.

11. Aux termes de l’article L. 312-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. / Ce visa peut autoriser un séjour de plus de trois mois à caractère familial, en qualité de visiteur, d'étudiant, de stagiaire ou au titre d'une activité professionnelle, et plus généralement tout type de séjour d'une durée supérieure à trois mois conférant à son titulaire les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11 et L. 421-13 à L. 421-24 ». Aux termes de l’article L. 431-5 du même code : « La délivrance d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour n'a pas pour effet de régulariser les conditions de l'entrée en France, sauf s'il s'agit d'un étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou accorder le bénéfice de la protection subsidiaire en application du livre V. »

12. Il ne ressort pas de l’arrêté contesté que le préfet de La Réunion aurait opposé à M. C... A... l’absence d’entrée régulière faute de justifier de l’autorisation spéciale prévue par les dispositions de l’article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il ne peut utilement soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions des articles L. 312-2 et L. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’ordonner au préfet de La Réunion de communiquer un modèle de l’autorisation spéciale prévue à l’article L. 441-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de communiquer l’ensemble des éléments relatifs au cadre légal et aux modalités de délivrance des visas dont il est fait mention sur le site de la préfecture de Mayotte et des modalités de délivrance des autorisations spéciales, que M. C... A... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 19 avril 2024 par laquelle le préfet de La Réunion a rejeté sa demande de titre de séjour.


Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

14. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d’annulation présentées par M. C... A... n’implique aucune mesure d’exécution. Il y a lieu par suite de rejeter les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte présentées par M. C... A....


Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, tout ou partie de la somme que le conseil de M. C... A... demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. C... A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E... C... A... et au préfet de La Réunion.

Délibéré après l’audience du 19 mars 2026, où siégeaient :

- Mme Blin, présidente,
- Mme Marchessaux, première conseillère,
- Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 avril 2026.

La rapporteure,





J. MARCHESSAUXLa présidente,





A. BLIN
La greffière,





S. LE CARDIET

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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