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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401082

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401082

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401082
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSEBAN AUVERGNE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de La Réunion rejette la requête d'un agent de la commune du Tampon qui contestait les taux de deux indemnités (IAT et IEMP) qui lui avaient été attribués à titre de régularisation. La juridiction estime que le maire, en fixant les taux individuels dans la limite des plafonds réglementaires et en application des critères de la délibération communale, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique, notamment l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984, et les décrets régissant les régimes indemnitaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 août 2024, M. B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler les arrêtés n° 1171/2024-DRH et n° 1172/2024-DRH du 11 juin 2024 par lesquels le maire de la commune du Tampon lui a attribué, à titre de régularisation, une indemnité d’exercice de missions des préfectures (IEMP) à un taux de 0,30 et une indemnité d’administration et de technicité (IAT) au taux de 1,98 pour la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2021 ;

2°) d’enjoindre à la commune du Tampon de lui attribuer une IAT et une IEMP correspondant à sa manière de servir, pour la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2021, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

Il soutient que :
- les arrêtés attaqués sont entachés d’une erreur manifeste d’appréciation compte tenu de sa manière de servir et de sa valeur professionnelle ;
- le taux d'IEMP fixé par la commune ne respecte pas les critères énoncés par la délibération du 27 décembre 2010 et les dispositions de l’article 2 du décret du 26 décembre 1997 ;
- la commune n’a pas respecté les critères définis dans la délibération du 27 décembre 2010.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2025, la commune du Tampon, représentée par Me Cafarelli et Me Lantero, conclut au rejet de la requête de M. A....
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 19 décembre 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 19 janvier 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 97-1223 du 26 décembre 1997 ;
- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marchessaux, rapporteure,
- et les conclusions de M. Monlaü, rapporteur public,
- les parties n’étant ni présentes ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., agent de maîtrise principal titulaire de catégorie C, occupe un poste de chef d’équipe électricien au service maintenance des bâtiments de la commune du Tampon. Par un courrier du 17 avril 2024, il a sollicité l’attribution rétroactive de l’indemnité d’administration et de technicité (IAT) et de l’indemnité d’exercice de missions des préfectures (IEMP). Par sa requête, M. A... demande au tribunal d’annuler les arrêtés n° 1171/2024-DRH et n° 1172/2024-DRH du 11 juin 2024 par lesquels le maire de la commune du Tampon lui a attribué, à titre de régularisation pour la période du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2021, une IEMP au taux de 0,30 et une IAT au taux de 1,98.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : « Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement (…) ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents (…) ». Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : « (…) le conseil d’administration d’un établissement public local fixe les régimes indemnitaires dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat (…) ». Aux termes de l’article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l’application de ces dispositions : « (…) le conseil d'administration de l'établissement fixe (…) la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. (…) / L'autorité investie du pouvoir de nomination détermine, dans cette limite, le taux individuel applicable à chaque fonctionnaire. ».

3. Aux termes de l’article 1er du décret du 14 janvier 2002 relatif à l’indemnité d’administration et de technicité : « Il est institué dans les administrations centrales de l'Etat, les services déconcentrés en dépendant et les établissements publics à caractère administratif de l'Etat une indemnité d'administration et de technicité dans les conditions et suivant les modalités fixées par le présent décret. ». Aux termes de l’article 4 du même décret : « Le montant moyen de l'indemnité mentionnée à l'article 1er du présent décret est calculé par application à un montant de référence annuel, fixé par catégorie d'agents, d'un coefficient multiplicateur compris entre 1 et 8. ». Par ailleurs, le décret du 26 décembre 1997, abrogé au 1er janvier 2017, a créé une indemnité d’exercice de missions des préfectures. Aux termes de l’article 1er de ce décret : « Une indemnité d'exercice est attribuée aux fonctionnaires des filières administrative, technique et sociale qui participent aux missions des préfectures dans lesquelles ils sont affectés. ». Aux termes de l’article 2 du même décret : « Le montant de l’indemnité (…) est calculé par application à un montant de référence fixé par arrêté (…) d’un coefficient d’ajustement compris entre 0,8 et 3 ».

4. En application des dispositions de l’article 88 de la loi du 26 janvier 1984, le conseil municipal de la commune du Tampon a adopté le 27 décembre 2010 une délibération rendant applicable aux fonctionnaires de la commune, notamment à ceux relevant de la filière technique, l’IAT instituée par le décret du 14 janvier 2002, affectée d’un coefficient de modulation allant de 0 à 8 en fonction de la valeur professionnelle, des responsabilités exercées et de la manière de servir des agents. Cette délibération a également prévu l’attribution aux agents de la commune, de l’IEMP, créée par le décret du 26 décembre 1997, avec un coefficient de modulation allant de 0 à 3 en fonction des responsabilités exercées et de la manière de servir.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A..., agent de maîtrise principal titulaire de catégorie C, occupe un poste de chef d’équipe électricien au service maintenance des bâtiments de la commune du Tampon. Il a fait l’objet, en 2020, d’une évaluation positive dès lors qu’il a obtenu une majorité de critères notés « très bon » et deux critères « bon » liés à « l’entretien et le développement de ses compétences » et à « la capacité d’écoute ». Son appréciation littérale mentionne un agent « sérieux, sur qui on peut s’appuyer, qui maîtrise parfaitement les interventions en éclairage public, disponible, responsable » et « qui est capable d’assurer le fonctionnement du service éclairage public ». Les deux objectifs de l’année écoulée sont notés comme étant « atteint conforme ». S’agissant de l’année 2021, M. A... a obtenu une majorité de critères « très satisfaisant » et six critères « satisfaisant ». Un objectif de l’année écoulée est marqué comme étant « atteint » et les deux autres sont indiqués comme « atteints en partie » en raison de la crise sanitaire et du retard dans le lancement du programme de modernisation des éclairages publics. Son évaluateur a estimé qu’il est « un agent assurant avec grande efficacité l’entretien et la maintenance des réseaux EP et sites sportifs. Toujours disponible, dirige et coordonne l’ensemble de ses agents. Analyse et priorise les demandes selon l’urgence ». Aucun critère n’est noté comme « exceptionnel » ou « très satisfaisant ». Dans ces conditions et eu égard aux circonstances que M. A... n’est pas soumis à des sujétions particulières, la commune du Tampon n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en lui attribuant une IAT au taux de 1,98 et une IEMP au taux de 0,30.

6. M. A... ne peut utilement soutenir que le taux d'IEMP aurait dû être fixé à 0,8 en application du seuil minimal réglementaire établi par les dispositions du décret du 26 décembre 1997 dès lors que ce décret a été abrogé au 1er janvier 2017. En outre, comme dit au point 3, la délibération du 27 décembre 2010 a prévu l’attribution aux agents de la commune de l’IEMP, créée par ce décret, avec un coefficient de modulation allant de 0 à 3 en fonction des responsabilités exercées et de la manière de servir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du décret du 26 décembre 1997 et de la délibération du 27 décembre 2010 doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation des arrêtés n° 1171/2024-DRH et n° 1172/2024-DRH du 11 juin 2024 qu’il conteste.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

8. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d’annulation présentées par M. A... n’appelle aucune mesure d’exécution. Ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte ne peuvent, dès lors, qu’être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la commune du Tampon.

Délibéré après l’audience du 26 février 2026, où siégeaient :

- Mme Blin, présidente,
- Mme Marchessaux, première conseillère,
- M. Fourcade, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 mars 2026.


La rapporteure,



J. MARCHESSAUXLa présidente,



A. BLIN
La greffière,



S. LE CARDIET

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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