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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401332

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401332

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401332
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion, statuant par ordonnance, rejette la requête d'un agent contestant une retenue sur traitement pour absence de service. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable car l'agent n'a pas préalablement engagé la procédure de médiation obligatoire, comme l'exigent les articles L. 213-11 et R. 213-12 du code de justice administrative et le décret du 25 mars 2022. Le dossier est transmis au médiateur académique compétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2024, M. A... B..., doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle le recteur de l’académie de La Réunion a procédé à une retenue sur son traitement pour absence de service fait ainsi que la décision de rejet du 20 novembre 2024 de son recours gracieux ;

2°) d’enjoindre au recteur de l’académie de La Réunion de procéder au versement du traitement correspondant à la retenue sur traitement effectuée.


Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2025, le recteur de l’académie de La Réunion conclut au rejet de la requête.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2022-433 du 25 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Jégard, premier conseiller, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

Aux termes de l’article L. 213-11 du code de justice administrative : « Les recours formés contre les décisions individuelles qui concernent la situation de personnes physiques et dont la liste est déterminée par décret en Conseil d'Etat sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une tentative de médiation. Ce décret en Conseil d'Etat précise en outre le médiateur relevant de l'administration chargé d'assurer la médiation". Aux termes de l'article R. 213-12 du même code : "Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête n'ayant pas été précédée d'une médiation qui était obligatoire, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent. / Le médiateur est supposé avoir été saisi à la date d'enregistrement de la requête ».

Aux termes de l’article 2 du décret du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux : « La procédure de médiation préalable obligatoire prévue par l'article L. 213-11 du code de justice administrative est applicable aux recours formés par les agents publics à l'encontre des décisions administratives suivantes : / 1° Décisions administratives individuelles défavorables relatives à l'un des éléments de rémunération mentionnés à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique ; (…). ». Aux termes de l’article 3 de ce décret : « Les agents publics concernés par la procédure de médiation préalable obligatoire sont : / 1° Les agents de la fonction publique de l'Etat affectés dans les services académiques et départementaux, les écoles maternelles et élémentaires et les établissements publics locaux d'enseignement du ressort de celles des académies qui figurent sur une liste arrêtée par le garde des sceaux, ministre de la justice et le ministre chargé de l'éducation nationale ; / (...) ».

En application des dispositions citées aux points 2 et 3, M. A... B... devait, à peine d’irrecevabilité de sa requête, tenter une médiation avant d’introduire sa requête. Par courrier du 23 décembre 2025, mis à disposition par l’application « Télérecours citoyen » et dont il est réputé avoir accusé réception deux jours plus tard, en application des dispositions de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, M. B... a été invité à transmettre la preuve de cette demande de médiation préalable obligatoire. En l’absence de production de ce document, sa requête est manifestement irrecevable et ne peut qu’être rejetée. Ces conclusions sont transmises au médiateur académique de La Réunion conformément aux dispositions de l’article R. 213-12 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.


Article 2 : Le dossier de la requête de M. B... est transmis au médiateur de l’académie de La Réunion.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au recteur de l’académie de La Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 5 mars 2026.


Le magistrat délégué,




X. JÉGARD


La République mande et ordonne à la ministre de l’éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.





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