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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2401456

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2401456

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2401456
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET CASSEL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme A... comme étant manifestement irrecevable. Le sujet principal concerne le recours contre un arrêté de réintégration après un congé pour convenances personnelles. La juridiction a retenu que la requête, dirigée contre une décision individuelle relative à la réintégration d'un agent contractuel, était soumise à une médiation préalable obligatoire en vertu des articles L. 213-11 et R. 213-12 du code de justice administrative et du décret du 25 mars 2022, procédure que la requérante n'avait pas respectée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2024, Mme B... A..., représentée par Me Cassel, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 13 juin 2024 par lequel le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a procédé à sa réintégration après congé pour convenance personnelle à compter du 16 aout 2024, ensemble la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique, daté du 13 juillet 2024 ;

2°) d’enjoindre au recteur de l’académie de La Réunion de rectifier son arrêté de réintégration du 13 juin 2024 après son congé pour convenance personnelle et de procéder au réexamen de son dossier, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2025, le recteur de l’académie de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2022-433 du 25 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Jégard, premier conseiller, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

Aux termes de l’article L. 213-11 du code de justice administrative : « Les recours formés contre les décisions individuelles qui concernent la situation de personnes physiques et dont la liste est déterminée par décret en Conseil d'Etat sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une tentative de médiation. Ce décret en Conseil d'Etat précise en outre le médiateur relevant de l'administration chargé d'assurer la médiation". Aux termes de l'article R. 213-12 du même code : "Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête n'ayant pas été précédée d'une médiation qui était obligatoire, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent. / Le médiateur est supposé avoir été saisi à la date d'enregistrement de la requête ».

Aux termes de l’article 2 du décret du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux : « La procédure de médiation préalable obligatoire prévue par l'article L. 213-11 du code de justice administrative est applicable aux recours formés par les agents publics à l'encontre des décisions administratives suivantes : / (…) / 2° Refus de détachement (…) et, pour les agents contractuels, refus de congés non rémunérés prévus aux articles 20, 22, 23 et 33-2 du décret du 17 janvier 1986 (…) ; / 3° Décisions administratives individuelles défavorables relatives à la réintégration à l'issue d'un détachement, d'un placement en disponibilité ou d'un congé parental ou relatives au réemploi d'un agent contractuel à l'issue d'un congé mentionné au 2° du présent article ; / (…). ». Aux termes de l’article 3 de ce décret : « Les agents publics concernés par la procédure de médiation préalable obligatoire sont : / 1° Les agents de la fonction publique de l'Etat affectés dans les services académiques et départementaux, les écoles maternelles et élémentaires et les établissements publics locaux d'enseignement du ressort de celles des académies qui figurent sur une liste arrêtée par le garde des sceaux, ministre de la justice et le ministre chargé de l'éducation nationale ; / (...) ».

Aux termes de l’article 22 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l’État : « L'agent contractuel employé pour une durée indéterminée peut solliciter, dans la mesure compatible avec l'intérêt du service, un congé sans rémunération pour convenances personnelles (…). ».

En application des dispositions citées aux points 2 à 4, Mme A... devait, à peine d’irrecevabilité de sa requête, tenter une médiation avant d’introduire sa requête. Par courrier du 23 décembre 2025, notifié le même jour par l’application « Télérecours », Mme A... a été invitée à transmettre la preuve de cette demande de médiation préalable obligatoire. En l’absence de production de ce document, sa requête est manifestement irrecevable et ne peut qu'être rejetée. Ces conclusions sont transmises au médiateur académique de La Réunion conformément aux dispositions de l’article R. 213-12 du code de justice administrative.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’État, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A... une somme au titre des frais d’instance.





O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le dossier de la requête de Mme A... est transmis au médiateur de l’académie de La Réunion.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’éducation nationale.

Copie en sera adressée au recteur de l’académie de La Réunion et au médiateur académique de La Réunion.




Fait à Saint-Denis, le 5 mars 2026.

Le magistrat délégué,




X. JÉGARD



La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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