jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2000616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | URSULET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2020, et un mémoire complémentaire, enregistré le 30 juillet 2021, Mme A D, représentée par Me Bel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 9 juin 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Martinique a rejeté sa demande de congé de longue maladie, ensemble la décision implicite du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports rejetant son recours hiérarchique ;
2°) d'annuler la décision du 1er septembre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Martinique a rejeté sa demande tendant à la reprise de ses fonctions sur un mi-temps thérapeutique ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre au recteur de l'académie de Martinique d'abroger la décision du 1er septembre 2020 rejetant sa demande de mi-temps thérapeutique ;
4°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Martinique de réexaminer sa demande de congé de longue maladie, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Martinique de réexaminer sa demande d'octroi d'un mi-temps thérapeutique, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête, enregistrée le 12 décembre 2020, est recevable puisque le rejet de son congé de longue maladie lui a été notifié le 15 juin 2020 et qu'elle a formé son recours hiérarchique le 12 août 2020 ;
- sa requête est encore recevable dans la mesure où la décision du 1er septembre 2020 rejetant sa demande de mi-temps thérapeutique ne comportait pas la mention des voies et délais de recours ;
- les trois décisions attaquées méconnaissent les exigences de motivation fixées par le code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision du recteur du 9 juin 2020 portant refus d'un congé de longue maladie est entachée d'erreur d'appréciation puisque le comité médical a rendu un avis favorable le 16 janvier 2020 et qu'elle justifiait d'un certificat médical en ce sens du 11 juillet 2019 ;
- le recteur d'académie ne pouvait légalement se fonder sur la sanction d'exclusion temporaire prise à son encontre le 26 juillet 2019, alors même qu'elle n'a eu connaissance de cette sanction que postérieurement à sa demande de congé de longue maladie, le 30 juillet 2019 ;
- elle a déposé sa demande de congé de longue maladie par un courrier recommandé présenté le 25 juillet 2019, soit antérieurement au prononcé de la sanction d'exclusion temporaire ;
- cette sanction a été annulée rétroactivement par jugement du tribunal administratif de la Martinique n° 1900578 du 14 juin 2021 ;
- le refus de congé de longue maladie est entaché d'erreur de droit dès lors que, ayant fait l'objet d'une suspension de ses fonctions, elle demeurait en position d'activité et conservait son droit au bénéfice d'un congé de maladie ;
- la décision du recteur du 1er septembre 2020 lui refusant un mi-temps thérapeutique est entachée d'erreur d'appréciation puisque, réintégrée à compter du 2 août 2020, elle remplissait toutes les conditions pour pouvoir bénéficier d'une telle mesure ;
- elle a été victime de faits de harcèlement moral commis par la directrice de l'école de Glotin où elle était affectée, qui a abouti au prononcé d'une sanction disciplinaire injustifiée d'exclusion temporaire de fonction le 26 juillet 2019 ;
- les décisions de refus de congé de longue maladie et de mi-temps thérapeutique sont empreintes de discrimination puisqu'elles procèdent de la volonté de sa hiérarchie de l'exclure sans traitement de ses fonctions ;
- elles constituent des mesures de rétorsion faisant suite au recours pour excès de pouvoir qu'elle a déposé à l'encontre de la sanction d'exclusion temporaire du 26 juillet 2019 ;
- l'administration est tenue d'abroger la décision du 1er septembre 2020 portant refus d'octroi d'un mi-temps thérapeutique, qui constitue un acte individuel non créateur de droit devenu illégal à la suite de l'annulation de la sanction d'exclusion par jugement du 14 juin 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2021, le recteur de l'académie de Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le refus du 1er septembre 2020 d'octroi d'un mi-temps thérapeutique sont tardives dès lors qu'elles ont été formées plus de trois mois après la notification de la décision ;
- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 9 juin 2020 portant refus d'un congé de longue maladie sont également tardives puisque le recours hiérarchique de l'intéressée formé par courriel n'a pu proroger le délai de recours contentieux ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions subsidiaires de la requérante tendant à ce que le tribunal enjoigne au recteur d'académie d'abroger sa décision du 1er septembre 2020 portant refus d'octroi d'un mi-temps thérapeutique, qui constituent une demande d'injonction présentée à titre principal n'entrant pas dans les cas prévus aux articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Bel, avocate de Mme D.
Une note en délibéré, enregistrée le 27 juin 2022 a été présentée pour Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, professeure des écoles titulaire depuis le 18 mai 2017, a été affectée à compter de la rentrée du mois de septembre 2018 au sein de l'école de Glotin, située au Gros-Morne. A la suite de l'engagement d'une procédure disciplinaire, elle a toutefois été suspendue à titre conservatoire pour une durée de quatre mois, par arrêté du recteur de l'académie de Martinique du 27 mars 2019. Par un nouvel arrêté du recteur de l'académie de Martinique du 26 juillet 2019, elle s'est vue infliger une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de deux ans, dont un avec sursis, pour des faits notamment de mauvais traitements physiques et psychologiques infligés à ses élèves. Ce dernier arrêté a toutefois été annulé par un jugement du tribunal administratif de la Martinique n° 1900578 du 14 juin 2021, en raison d'un vice de procédure lié au non-respect du délai de convocation de quinze jours devant le conseil de discipline. Parallèlement, par courrier daté du 24 juillet 2019, Mme D a sollicité un congé de longue maladie, qui lui a été refusé par une décision du recteur de l'académie de Martinique du 9 juin 2020, à l'encontre de laquelle l'intéressée a formé un recours hiérarchique auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Elle a également sollicité, par courrier daté du 12 juin 2020, l'octroi d'un mi-temps thérapeutique, pour une durée de six mois, qui a donné lieu à une décision de rejet du recteur de l'académie de Martinique du 1er septembre 2020. Dans la présente instance, Mme D demande au tribunal administratif, à titre principal, d'annuler les deux décisions du recteur de l'académie de Martinique des 9 juin 2020 et 1er septembre 2020, ainsi que la décision implicite rejetant son recours hiérarchique ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'administration d'abroger la décision du 1er septembre 2020 portant rejet de sa demande de mi-temps thérapeutique. Elle demande en outre à la juridiction d'enjoindre à l'administration, sous conditions de délais et d'astreinte, de réexaminer ses demandes de congé de longue maladie et d'octroi d'un mi-temps thérapeutique.
Sur la recevabilité d'une partie des conclusions de la requête :
2. D'une part, l'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "
3. D'autre part, l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ". L'article L. 231-4 du même code dispose : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 2° Lorsque la demande () présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; () ".
4. En premier lieu, il est constant que la décision du 9 juin 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Martinique a rejeté la demande de congé de longue maladie de Mme D, laquelle décision comportait au verso une mention régulière des voies et délais de recours, a été notifiée à l'intéressée le 15 juin 2020. Une telle notification a ainsi fait courir le délai de recours contentieux de deux mois à l'encontre de la requérante, qui était destinataire de la décision. L'intéressée a alors formé par un courrier daté du 11 août 2020 qu'elle a adressé le jour même au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, par courriel via sa boîte mails professionnelle, un recours hiérarchique à l'encontre de la décision du recteur du 9 juin 2020. Si l'article L. 112-7 du code des relations entre le public et l'administration, dont se prévaut l'administration en défense, exclut l'application des dispositions de la section du de ce code relative à la saisine et aux échanges par voie électronique aux relations entre les administrations et leurs agents, ni cet article, ni aucun autre article du code des relations entre le public et l'administration, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire n'interdit à un agent public de déposer un recours administratif par voie électronique, par l'intermédiaire de sa boîte mails professionnelle. Il s'ensuit qu'en application de l'article L. 411-2 cité précédemment du code des relations entre le public et l'administration, le recours hiérarchique ainsi formé par Mme D le 11 août 2020 a prorogé le délai de recours contentieux. Le silence gardé par le ministre pendant un délai de deux mois sur ce recours hiérarchique a donné naissance à une décision implicite de rejet le 11 octobre 2020, de sorte que le délai de recours contentieux a recommencé à courir au lendemain 12 octobre 2020. Dans ces conditions, le recours contentieux de deux mois n'était pas expiré le 12 décembre 2020, date d'enregistrement de la requête de Mme D. La fin de non-recevoir opposée sur ce point par le recteur de l'académie de Martinique n'est dès lors pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.
5. En second lieu, il ressort des pièces produites par l'administration en défense que la décision du 1er septembre 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Martinique a rejeté sa demande de mi-temps thérapeutique a été notifiée par courrier recommandé à Mme D le 4 septembre 2020, date de signature par l'intéressée de l'avis de réception postal, et comportait au verso une mention régulière des voies et délais de recours. Ainsi, contrairement à ce qu'elle soutient, cette notification a été de nature à faire courir le délai de recours contentieux de deux mois à l'égard de la requérante, qui était destinataire de la décision attaquée. Dans ces conditions, le recours contentieux de deux mois était expiré le 12 décembre 2020, date d'enregistrement de la requête de Mme D. Le recteur de l'académie de Martinique est dès lors fondé à soutenir que les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision du 1er septembre 2020 sont tardives et, pour cette raison, irrecevables. La fin de non-recevoir opposée sur ce point doit, par suite, être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de Mme D tendant à l'annulation de la décision attaquée du recteur de l'académie de Martinique du 1er septembre 2020 portant refus d'octroi d'un mi-temps thérapeutique.
Sur le surplus de la requête :
En ce qui concerne la légalité des décisions restant en litige :
7. L'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " En vertu de l'article L. 100-1 du même code, ces dispositions s'appliquent aux relations entre l'administration et ses agents.
8. En l'espèce, la décision attaquée du recteur de l'académie de Martinique du 9 juin 2020 rejetant la demande de congé de longue maladie présentée par Mme D constitue une décision individuelle défavorable refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir devant être motivée en application des dispositions citées au point précédent du code des relations entre le public et l'administration. La décision précise que Mme D a fait l'objet d'une sanction disciplinaire d'exclusion de fonctions de deux ans assortie d'un sursis d'un an prononcé le 26 juillet 2019 et qu'elle n'a pas respecté le délai de 48 heures pour transmettre son avis d'arrêt de travail. Ainsi, si elle comporte les considérations de fait sur lesquelles le recteur a entendu se fonder pour rejeter la demande de congé de longue maladie de la requérante, la décision ne précise en revanche pas les textes dont elle a fait application, de sorte qu'elle ne comporte pas les circonstances de droit sur lesquelles elle se fonde. Il s'ensuit que Mme D est fondée à soutenir que la décision attaquée du recteur de l'académie de Martinique du 9 juin 2020 est insuffisamment motivée au regard des exigences fixées par l'article L. 211-5 cité précédemment du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen doit, par suite, être accueilli.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par Mme D, qu'il y a lieu d'annuler la décision attaquée du recteur de l'académie de Martinique du 9 juin 2020 portant refus d'octroi d'un congé de longue maladie ainsi que, par voie de conséquence, la décision implicite du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports portant rejet du recours hiérarchique de la requérante.
En ce qui concerne l'injonction :
10. En premier lieu, en dehors des cas prévus par les dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'adresser des injonctions à l'administration.
11. En l'espèce, Mme D a présenté, dans son mémoire complémentaire du 30 juillet 2021, des conclusions subsidiaires tendant à ce que le tribunal enjoigne au recteur de l'académie de Martinique d'abroger la décision attaquée du 1er septembre 2020 portant rejet de sa demande de mi-temps thérapeutique. Toutefois, une telle demande d'injonction présentée à titre principal n'entre pas dans les cas prévus aux articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Les conclusions subsidiaires de Mme D sont dès lors irrecevables. Elles doivent, par suite, être rejetées à ce titre.
12. En deuxième lieu, le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme D dirigées contre la décision attaquée du 1er septembre 2020 portant rejet de sa demande de mi-temps thérapeutique. Il n'implique dès lors nullement que le recteur de l'académie de Martinique réexamine cette demande en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative. La demande d'injonction présentée à ce titre doit, par suite, être rejetée.
13. En troisième lieu, le présent jugement annule la décision attaquée du recteur de l'académie de Martinique du 9 juin 2020 rejetant la demande de congé de longue maladie présentée par Mme D. Compte-tenu du motif sur lequel elle se fonde, cette annulation implique nécessairement que l'administration réexamine cette demande. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Martinique, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par Mme D.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision attaquée du recteur de l'académie de Martinique du 9 juin 2020 portant refus d'octroi d'un congé de longue maladie est annulée.
Article 2 : La décision implicite de rejet du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports prise sur recours hiérarchique est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Martinique de réexaminer la demande de congé de longue maladie de Mme D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus de la requête de Mme D est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique et au recteur de l'académie de Martinique.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, président,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
M. WallerichLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026