jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100115 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CLOIX & MENDES-GIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 8 mars 2021, le 16 septembre 2021, le 2 mars 2022 et le 5 mai 2022, l'association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (Assaupamar) doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 décembre 2020 par laquelle le maire de Rivière-Salée a rejeté sa demande d'abrogation du plan local d'urbanisme de la commune en tant qu'il crée quatre secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL) en zone agricole protégée, et en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique afin d'y édifier la zone d'activités de Petit-Bourg ;
2°) d'enjoindre à la commune de Rivière-Salée d'abroger le plan local d'urbanisme en tant qu'il crée quatre secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées en zone agricole protégée, en tant qu'il autorise les nouvelles constructions à vocation d'hébergement touristique et hôtelier en zone agricole, et en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de modifier le plan de prévention des risques naturels de la commune de Rivière-Salée, afin de réintégrer la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'aléa fort du risque inondation ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Rivière-Salée la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- elle a intérêt à demander l'abrogation du plan local d'urbanisme en tant qu'association de protection de l'environnement ;
- l'article 2 du règlement de la zone Azap méconnait les articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- l'article 2 du règlement de la zone Azap est incompatible avec les orientations nos 3 et 10 du schéma de cohérence territoriale de l'Espace Sud Martinique ;
- l'article 2 du règlement de la zone Azap est incompatible avec le schéma d'aménagement régional de la Martinique ;
- l'article 2 du règlement de la zone A méconnait les articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- l'article 2 du règlement de la zone A est incompatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale de l'Espace Sud Martinique ;
- l'article 2 du règlement de la zone A est incompatible avec le schéma d'aménagement régional de la Martinique ;
- l'orientation E.1.3.1 du schéma d'aménagement régional de la Martinique est incompatible avec l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- l'orientation n° 10 du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale est incompatible avec l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique est incompatible avec le schéma d'aménagement régional de la Martinique ;
- ce classement est incompatible avec l'orientation n° 10 du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale ;
- il existe une incohérence entre le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 et le projet d'aménagement et de développement durables, qui prévoit la préservation du potentiel de production des terres agricoles ;
- le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 méconnait l'article L. 111-6 du code de l'urbanisme ;
- ce classement est entaché d'illégalité par la voie de l'exception d'illégalité de l'arrêté préfectoral du 21 décembre 2018 approuvant la révision du plan de prévention des risques naturels de la commune de Rivière-Salée ;
- ce classement est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, eu égard au caractère inondable de la parcelle et à sa forte valeur agronomique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 juillet 2021, le 15 octobre 2021, le 13 janvier 2022, le 17 mars 2022, le 31 mars 2022 et le 25 mai 2022, la commune de Rivière-Salée, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est dépourvue d'objet dès lors que la délibération du 28 juin 2018 approuvant le plan local d'urbanisme a été rapportée par la délibération du 24 janvier 2019, qui la remplace ;
- les conclusions aux fins d'injonction de la requérante tendant à ce que le préfet de la Martinique modifie le plan de prévention des risques naturels, présentées en cours d'instance, sont tardives ;
- les moyens tirés de l'incompatibilité du plan local d'urbanisme avec la loi Littoral et le schéma d'aménagement régional de la Martinique sont inopérants dès lors que le territoire de la commune de Rivière-Salée est couvert par un schéma de cohérence territoriale ;
- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire de l'Assaupamar, enregistré le 27 octobre 2021, n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à annuler la décision du 30 décembre 2020 en tant qu'elle refuse d'abroger les dispositions de l'article 2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme, dès lors que la demande d'abrogation partielle présentée par l'Assaupamar le 30 septembre 2020 ne sollicitait pas l'abrogation de ces dispositions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2010-578 du 31 mai 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de M. B, représentant l'Assaupamar, et de Me Destarac, représentant la commune de Rivière-Salée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 28 juin 2018, le conseil municipal de la commune de Rivière-Salée a approuvé son plan local d'urbanisme, qui a ensuite été révisé par une délibération du 24 janvier 2019. L'Assaupamar a saisi le maire de Rivière-Salée d'une demande d'abrogation partielle du plan local d'urbanisme par un courrier réceptionné le 19 novembre 2020, qui a fait l'objet d'une décision expresse de rejet le 30 décembre 2020. Par la présente requête, l'Assaupamar demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le maire de Rivière-Salée a rejeté sa demande d'abrogation partielle du plan local d'urbanisme et d'enjoindre à l'administration de procéder à l'abrogation partielle de ce document.
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, lorsque, postérieurement à l'introduction d'une requête dirigée contre un refus d'abroger des dispositions à caractère réglementaire, l'autorité qui a pris le règlement litigieux procède à son abrogation expresse ou implicite, le litige né de ce refus d'abroger perd son objet. Il en va toutefois différemment lorsque cette même autorité reprend, dans un nouveau règlement, les dispositions qu'elle abroge, sans les modifier ou en ne leur apportant que des modifications de pure forme.
3. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'abrogation, présentée par l'Assaupamar au maire de Rivière-Salée le 19 novembre 2020, était dirigée contre " le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération du 28 juin 2018 ". Il est, cependant, constant que le plan local d'urbanisme a été ultérieurement révisé par une nouvelle délibération du conseil municipal du 24 janvier 2019, soit avant même que l'Assaupamar ne présente sa demande d'abrogation. Si la commune de Rivière-Salée fait valoir qu'elle ne pouvait abroger le plan local d'urbanisme, tel qu'approuvé le 28 juin 2018, alors que celui-ci avait déjà été abrogé le 24 janvier 2019, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'objet de la révision du plan local d'urbanisme, intervenue le 24 janvier 2019, n'était nullement de remettre en cause les dispositions que l'Assaupamar entend critiquer, ni le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique. Il est d'ailleurs constant que ces dispositions ont été reprises à l'identique, sans aucune modification entre le 28 juin 2018 et le 24 janvier 2019. Dans ces conditions, la commune de Rivière-Salée n'est pas fondée à soutenir que les conclusions de la requête dirigées contre le refus d'abroger les dispositions de l'article 2 du règlement de la zone Azap, de l'article 2 du règlement de la zone A et le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone AUapb, ainsi que contre ces dispositions elles-mêmes, étaient dépourvues d'objet avant même l'introduction de la requête et, par suite, irrecevables. La fin de non-recevoir opposée sur ce point doit ainsi être écartée.
4. En second lieu, si la commune de Rivière-Salée soutient que les conclusions présentées par l'Assaupamar dans son mémoire en réplique du 2 mars 2022, tendant à enjoindre au préfet de la Martinique de modifier le plan de prévention des risques naturels de la commune de Rivière-Salée, sont tardives, il est toutefois loisible au requérant de présenter, y compris après l'expiration du délai de recours, des conclusions accessoires à sa demande principale, celles-ci ne pouvant être considérées comme des conclusions nouvelles. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de la tardiveté de ces conclusions aux fins d'injonction, doit être écartée.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la demande d'abrogation partielle de l'Assaupamar, adressée au maire de Rivière-Salée le 19 novembre 2020, portait uniquement sur les dispositions relatives aux secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées en zone agricole protégée et sur la création d'une nouvelle zone d'urbanisation future à Petit-Bourg. Or, au vu de ses écritures, l'Assaupamar entend également obtenir l'abrogation des dispositions de l'article 2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme, qui autorisent en zone agricole les constructions destinées à accueillir des structures d'hébergement à vocation agrotouristique. Cette question n'est toutefois pas évoquée, même de manière incidente, dans la demande d'abrogation présentée au maire le 19 novembre 2020. Il s'ensuit que le maire de Rivière-Salée, qui ne s'est pas prononcé sur leur légalité, ne peut être regardé comme ayant pris une quelconque décision de refus d'abroger ces dispositions. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à l'annulation d'une telle décision sont, dans cette mesure, irrecevables.
Sur l'office du juge de l'excès de pouvoir :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration est tenue d'abroger expressément un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait cessé ". L'effet utile de l'annulation pour excès de pouvoir du refus d'abroger un acte réglementaire illégal réside dans l'obligation, que le juge peut prescrire d'office en vertu des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, pour l'autorité compétente, de procéder à l'abrogation de cet acte afin que cessent les atteintes illégales que son maintien en vigueur porte à l'ordre juridique. Il s'ensuit que, dans l'hypothèse où un changement de circonstances a fait cesser l'illégalité de l'acte réglementaire litigieux à la date à laquelle il statue, le juge de l'excès de pouvoir ne saurait annuler le refus de l'abroger. A l'inverse, si, à la date à laquelle il statue, l'acte réglementaire est devenu illégal en raison d'un changement de circonstances, il appartient au juge d'annuler ce refus d'abroger pour contraindre l'autorité compétente de procéder à son abrogation. Lorsqu'il est saisi de conclusions aux fins d'annulation du refus d'abroger un acte réglementaire, le juge de l'excès de pouvoir est conduit à apprécier la légalité de l'acte réglementaire dont l'abrogation a été demandée au regard des règles applicables à la date de sa décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du refus d'abrogation partielle du plan local d'urbanisme :
En ce qui concerne la création de secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées en zone agricole protégée (Azap) :
7. En premier lieu, l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date du jugement, dispose d'une part que les plans locaux d'urbanisme doivent être compatibles avec les schémas de cohérence territoriale. En outre, il ressort de l'article L. 131-6 du même code qu'en l'absence de schéma de cohérence territoriale, ils doivent notamment être compatibles, s'il y a lieu, avec les dispositions particulières aux zones de montagne et au littoral prévues aux chapitres Ier et II du titre II, ainsi qu'avec les schémas d'aménagement régional prévus à l'article L. 4433-7 du code général des collectivités territoriales. L'article L. 131-1 du code de l'urbanisme prévoit par ailleurs que les schémas de cohérence territoriale doivent être compatibles, s'il y a lieu, avec ces mêmes dispositions.
8. S'il appartient à l'autorité administrative chargée de se prononcer sur une demande d'autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la conformité du projet avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, il résulte des dispositions citées au point précédent que, s'agissant d'un plan local d'urbanisme, il appartient à ses auteurs de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de sa compatibilité avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral. Dans le cas où le territoire concerné est couvert par un schéma de cohérence territoriale, cette compatibilité s'apprécie en tenant compte des dispositions de ce document relatives à l'application des dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, sans pouvoir en exclure certaines au motif qu'elles seraient insuffisamment précises, sous la seule réserve de leur propre compatibilité avec ces dernières.
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date du jugement : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants ". Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais que, en revanche, aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages. En outre, l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme dispose que : " Par dérogation à l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. / Ces opérations ne peuvent être autorisées qu'en dehors des espaces proches du rivage, à l'exception des constructions ou installations nécessaires aux cultures marines. / L'accord de l'autorité administrative est refusé si les constructions ou installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages. / Le changement de destination de ces constructions ou installations est interdit ".
10. Le schéma de cohérence territoriale de la communauté d'agglomération de l'Espace Sud Martinique approuvé le 25 septembre 2018 prévoit, au point 2.2 de son document d'orientation et d'objectifs, que la localisation des développements urbains dans les espaces urbains de référence permet d'intensifier les espaces déjà urbanisés et contribue à la mise en œuvre de l'objectif n° 10 du projet d'aménagement et de développement durables relatif à la volonté d'économiser l'espace. Il précise que : " sachant que onze des douze communes du territoire du schéma sont communes littorales (), cette définition des espaces urbains de référence contribue à ce que demandent, au sens de l'urbanisme, respectivement l'article L. 121-8 relatif à l'extension de l'urbanisation en continuité et l'article L. 121-21, relatif à la détermination des capacités d'accueil dans les communes littorales ". Par ailleurs, il résulte de l'orientation n° 1 du document d'orientation et d'objectifs que les développements urbains attendus à l'horizon 2026 sont localisés, sauf exceptions correspondant aux grands projets d'équipement et de services, au sein des espaces urbains de référence définis à l'orientation n° 3, relative à l'intensification urbaine. Le schéma de cohérence territoriale précise que les communes doivent veiller à intensifier et prioriser l'urbanisation de ces espaces urbains de référence, et se garder d'urbaniser d'autres espaces, afin de limiter l'étalement urbain et de préserver les zones naturelles, agricoles et forestières. Ces dispositions du schéma de cohérence territoriale ne sont pas incompatibles avec les dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme et il doit ainsi en être tenu compte pour apprécier la compatibilité du plan local d'urbanisme avec ces mêmes dispositions particulières au littoral.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 141-4 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date du jugement : " Le document d'orientation et d'objectifs détermine les conditions d'application du projet d'aménagement stratégique. Il définit les orientations générales d'organisation de l'espace, de coordination des politiques publiques et de valorisation des territoires. / L'ensemble de ces orientations s'inscrit dans un objectif de développement équilibré du territoire et des différents espaces, urbains et ruraux, qui le composent. Il repose sur la complémentarité entre : / 1° Les activités économiques, artisanales, commerciales, agricoles et forestières ; / 2° Une offre de logement et d'habitat renouvelée, l'implantation des grands équipements et services qui structurent le territoire, ainsi que l'organisation des mobilités assurant le lien et la desserte de celui-ci ; / 3° Les transitions écologique et énergétique, qui impliquent la lutte contre l'étalement urbain et le réchauffement climatique, l'adaptation et l'atténuation des effets de ce dernier, le développement des énergies renouvelables, ainsi que la prévention des risques naturels, technologiques et miniers, la préservation et la valorisation des paysages, de la biodiversité, des ressources naturelles, des espaces naturels, agricoles et forestiers ". En outre, l'article L. 131-4 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ".
12. Il résulte de ces dispositions qu'à l'exception des cas limitativement prévus par la loi dans lesquels les schémas de cohérence territoriale peuvent contenir des normes prescriptives, ceux-ci doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs. Les plans locaux d'urbanisme sont soumis à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Si ces derniers peuvent être en partie exprimés sous forme quantitative, il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, ainsi qu'il a été dit, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier.
13. Aux termes de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut, à titre exceptionnel, délimiter dans les zones naturelles, agricoles ou forestières des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées dans lesquels peuvent être autorisés : / 1° Des constructions ; () ".
14. La requérante soutient que l'implantation de quatre secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées en zone agricole protégée, qui a pour effet d'autoriser les constructions dans ces zones, crée ainsi une extension de l'urbanisation, qui serait de nature à compromettre deux objectifs du schéma de cohérence territoriale, prévus, d'une part, par l'orientation n° 3, qui consiste à limiter l'étalement urbain et à prioriser l'urbanisation des espaces urbains de référence, et, d'autre part, par l'orientation n° 10, qui consiste à valoriser et préserver les espaces agricoles. Il résulte effectivement des dispositions de l'article 2 du règlement de la zone Azap du plan local d'urbanisme, dont l'Assaupamar entend obtenir l'abrogation, que sont autorisées l'extension et la transformation de bâtiments existants, ainsi que les constructions nouvelles en vue de créer des structures d'hébergement touristique, dans chacun des quatre secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées situés en zone agricole protégée, sous la réserve que ces constructions ne portent pas atteinte à la sauvegarde des milieux naturels environnants et à la qualité des paysages.
15. Cependant, d'une part, l'orientation n° 3 du document d'orientation et d'objectifs autorise l'implantation de secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées en dehors des espaces urbains de référence, et en particulier dans les zones naturelles et agricoles, sous la seule réserve de la sauvegarde des sites et paysages, et de la préservation des sols agricoles et forestiers. A ce titre, les orientations du schéma de cohérence territoriale, applicables aux zones antérieurement classées en zone d'urbanisation diffuse, et que le schéma de cohérence territoriale incite à requalifier en zone naturelle ou agricole, dont aucune ne se trouve d'ailleurs sur le territoire de la commune de Rivière-Salée, n'ont pas de caractère limitatif, et ne visent pas à interdire l'implantation de secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées dans d'autres zones naturelles ou agricoles. En l'espèce, ces secteurs, implantés sur une superficie limitée, n'auront pas pour effet d'étendre l'urbanisation ex nihilo, puisqu'ils ne sont pas isolés de toute construction préexistante. Il ressort, en effet, des annexes cartographiques, que des constructions sont déjà présentes sur chacun de ces quatre secteurs, alors au demeurant que le simple agrandissement d'une construction existante ne peut être regardé comme une extension de l'urbanisation, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. En invitant les communes à limiter l'urbanisation aux espaces urbains de référence, le schéma de cohérence territoriale n'a ainsi pas entendu interdire toute construction en dehors de ces zones. Il s'ensuit que l'implantation de ces quatre secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées par la commune de Rivière-Salée n'est pas incompatible avec l'orientation n° 3 du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale.
16. D'autre part, s'agissant de l'orientation n° 10 du document d'orientations et d'objectifs, relative à la préservation et à la valorisation des espaces agricoles, celle-ci prévoit qu'en zone de protection forte, ne sont autorisées que les constructions strictement nécessaires aux exploitations agricoles. La zone de protection forte, c'est-à-dire les zones à forte potentialité agricole, est définie par référence au schéma d'aménagement régional de la Martinique. Cependant, l'association requérante ne démontre pas que les quatre secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées en cause se situeraient en zone de protection forte. Au contraire, l'examen des annexes cartographiques du schéma d'aménagement régional fait apparaître que ces secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées se situent hors de la zone de protection forte, celle-ci étant limitée, pour la commune de Rivière-Salée, aux zones contiguës à la mangrove située en bordure du littoral. En tout état de cause, ces dispositions ne sauraient avoir pour effet d'interdire l'extension ou la transformation de bâtiments préexistants.
17. Il s'ensuit que l'article 2 du règlement de la zone Azap du plan local d'urbanisme n'est pas incompatible avec ces dispositions du schéma de cohérence territoriale. Les moyens tirés de l'incompatibilité des dispositions de l'article 2 du règlement de la zone Azap avec les orientations du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale et avec les articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme doivent, dès lors, être écartés.
18. En troisième lieu, l'article L. 131-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 sont compatibles avec : () / 4° Les schémas d'aménagement régional de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte et La Réunion prévus à l'article L. 4433-7 du code général des collectivités territoriales ". En outre, aux termes de l'article L. 131-6 du code de l'urbanisme : " En l'absence de schéma de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont compatibles avec les dispositions mentionnées au 1° et avec les documents énumérés aux 2° à 16° de l'article L. 131-1 ".
19. Il résulte de ces dispositions que, dans la mesure où la commune de Rivière-Salée est couverte par un schéma de cohérence territoriale, les dispositions du schéma d'aménagement régional de la Martinique ne s'imposent pas directement au plan local d'urbanisme de la commune. Par suite, l'Assaupamar ne peut utilement se prévaloir de ce que le plan local d'urbanisme de la commune de Rivière-Salée serait incompatible avec le schéma d'aménagement régional de la Martinique.
20. En quatrième lieu, l'Assaupamar soutient que l'orientation E.1.3.1 du schéma d'aménagement régional de la Martinique et l'orientation n° 10 du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale seraient incomptables avec l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme. Toutefois, ni le schéma d'aménagement régional de la Martinique, ni le schéma de cohérence territoriale ne constituent la base légale du plan local d'urbanisme, lequel n'a pas non plus été pris pour leur application. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'exception d'illégalité de ces dispositions, à les supposer soulevés, doivent être écartés comme inopérants.
21. Il résulte de ce qui précède que le maire de Rivière-Salée était fondé à refuser d'abroger l'article 2 du règlement de la zone Azap du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique (AUapb) :
22. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompatibilité du classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique, au regard du schéma d'aménagement régional de la Martinique, ne peut qu'être écarté, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 18 et 19.
23. En deuxième lieu, l'Assaupamar soutient que le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique méconnaît les orientations nos 3 et 10 du document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale. S'agissant de l'orientation n° 10, relative à la préservation et la valorisation des espaces agricoles, il n'est pas exact, contrairement à ce qu'allègue la requérante, que la parcelle se trouverait en zone de protection forte, laquelle s'arrête à la partie ouest de la RN 5, en bordure immédiate du littoral. La commune de Rivière-Salée pouvait donc transformer cette zone agricole en zone d'urbanisation future, à condition d'appliquer le principe de compensation, dont il n'est pas contesté qu'il ait été respecté. En outre, s'il est vrai que la zone en cause n'a pas été classée, par le schéma de cohérence territoriale, comme espace d'urbanisation prioritaire, la compatibilité du plan local d'urbanisme avec le schéma de cohérence territoriale s'apprécie de manière globale, et non parcelle par parcelle. Ainsi, le fait qu'une zone n'ait pas été classée comme espace d'urbanisation prioritaire par le schéma de cohérence territoriale, ne fait pas obstacle à ce qu'elle soit classée, par le plan local d'urbanisme, en zone d'urbanisation future à vocation économique. Au demeurant, la zone en cause se situe à la lisière immédiate de l'agglomération de Petit-Bourg, qui est classée par le schéma de cohérence territoriale comme un espace à densifier. Dès lors, eu égard à l'échelle à laquelle la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale doit être appréciée, l'Assaupamar n'est pas fondée à soutenir que le classement de la parcelle litigieuse par le plan local d'urbanisme de la commune de Rivière-Salée serait illégal en raison de son incompatibilité avec le schéma de cohérence territoriale. Le moyen soulevé sur ce point doit, par suite, être écarté.
24. En troisième lieu, pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
25. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de la commune de Rivière-Salée comporte des orientations visant à préserver le potentiel de production des terres agricoles et à encourager le développement de pratiques agricoles de proximité dans les bourgs et quartiers saléens. Il contient également des orientations tendant à permettre le développement des activités économiques, commerciales et de services compatibles avec l'habitat au sein des espaces urbanisés des bourgs et des quartiers et à permettre l'aménagement d'un espace à vocation économique à l'entrée de Petit-Bourg afin de conserver la possibilité d'accueillir de nouvelles activités économiques locales et contribuer à la redynamisation d'ensemble de Petit-Bourg. La création de la zone d'activités de Petit-Bourg, qui présente un lien direct avec certaines orientations, ne révèle pas, par suite, d'incohérence entre le projet d'aménagement et de développement durables et le règlement du plan local d'urbanisme. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'absence de cohérence entre les orientations du projet d'aménagement et de développement durables et le classement de la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone AUapb, doit être écarté.
26. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 111-6 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés des communes, les constructions ou installations sont interdites dans une bande de cent mètres de part et d'autre de l'axe des autoroutes, des routes express et des déviations au sens du code de la voirie routière et de soixante-quinze mètres de part et d'autre de l'axe des autres routes classées à grande circulation. / Cette interdiction s'applique également dans une bande de soixante-quinze mètres de part et d'autre des routes visées à l'article L. 141-19 ". En outre, L'article L. 111-8 du même code dispose que : " Le plan local d'urbanisme, ou un document d'urbanisme en tenant lieu, peut fixer des règles d'implantation différentes de celles prévues par l'article L. 111-6 lorsqu'il comporte une étude justifiant, en fonction des spécificités locales, que ces règles sont compatibles avec la prise en compte des nuisances, de la sécurité, de la qualité architecturale, ainsi que de la qualité de l'urbanisme et des paysages ".
27. S'il ressort des pièces du dossier que la RN 5, qui longe la parcelle en cause, est une route classée à grande circulation en vertu du décret n° 2010-578 du 31 mai 2010 fixant la liste des routes à grande circulation, il résulte du rapport de présentation du plan local d'urbanisme que la commune de Rivière-Salée a réalisé une étude d'entrée de ville relative à l'entrée nord par Petit-Bourg, afin de pouvoir déroger aux dispositions de l'article L. 111-6 du code de l'urbanisme, et dans laquelle elle justifie de la prise en compte des nuisances, de la sécurité, de la qualité architecturale et de la qualité de l'urbanisation et des paysages. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-6 du code de l'urbanisme doit être écarté.
28. En cinquième lieu, le plan de prévention des risques naturels ne constitue pas la base légale du plan local d'urbanisme, lequel n'a pas non plus été pris pour son application. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 21 décembre 2018 par lequel le préfet de la Martinique a approuvé le plan de prévention des risques naturels de la commune de Rivière-Salée, doit être écarté comme inopérant.
29. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de la commune de Rivière-Salée classe en zone d'urbanisation future à vocation économique la parcelle cadastrée section B n° 500, située à Petit-Bourg, à proximité immédiate du carrefour entre la RN 5 et la RN 8, dédiée à l'accueil d'activités artisanales, industrielles, tertiaires, commerciales et de service. La commune justifie la création de cette nouvelle zone d'activités par la saturation des zones d'activités déjà existantes, et la nécessité d'encourager le dynamisme économique de la commune, notamment par la réalisation du parking du transport en commun en site propre (TCSP) sur la parcelle en cause. D'une part, l'Assaupamar soutient que l'artificialisation des sols induite par le classement de cette parcelle, antérieurement en zone agricole, aggravera le caractère inondable du terrain. Toutefois, il est constant que, dans la dernière version du plan de prévention des risques naturels, applicable depuis le 21 décembre 2018, la parcelle n'est plus classée qu'en zone orange, correspondant à un risque d'inondation moyen, ce qui n'a pas pour effet d'interdire toute construction. Si l'Assaupamar entend contester la pertinence de ce classement, il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'un tel moyen, tiré de l'exception d'illégalité du plan, est inopérant. En outre, si l'Assaupamar produit des articles de presse relatant les inondations récurrentes qui ont impacté la plaine de Rivière-Salée entre les années 2009 et 2020, il ressort des pièces du dossier que des travaux ont été entrepris à compter de l'année 2020 pour limiter le risque d'inondation autour de la RN 5, tandis que le règlement du plan local d'urbanisme prévoit, pour l'urbanisation de cette future zone d'activités, des précautions face à ce risque d'inondation, en limitant le coefficient d'occupation des sols et en veillant à préserver des espaces verts. Il s'ensuit que le risque d'inondation, compte tenu de son caractère limité, ne fait pas obstacle à ce que la commune de Rivière-Salée classe la parcelle cadastrée section B n° 500 en zone d'urbanisation future à vocation économique. D'autre part, l'Assaupamar soutient que la forte valeur agronomique de la parcelle justifie son maintien en zone agricole. Il ressort toutefois des pièces produites par la commune de Rivière-Salée que la parcelle cadastrée section B n° 500 a été déclarée en jachère entre 2015 et 2019, puis en prairie en rotation longue en 2020 et 2021, et n'est donc plus exploitée pour la culture de la canne à sucre. En outre, si l'institut national de l'origine et de la qualité (INAO) a rendu, le 20 novembre 2017, un avis favorable au projet de plan local d'urbanisme sous réserve du maintien de cette parcelle en zone agricole, au motif qu'une demande de classement dans l'aire géographique de l'AOC " Rhum de la Martinique " est en cours, il résulte de la carte de délimitation définitive approuvée le 3 septembre 2020 par le comité national des appellations d'origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées et des boissons spiritueuses de l'INAO, que la parcelle en cause n'a finalement pas été intégrée dans le périmètre de l'AOC. Peu importe, à cet égard, qu'à la date à laquelle le plan local d'urbanisme a été approuvé, la parcelle figurait encore dans cette zone d'éligibilité à l'AOC, dans la mesure où la légalité du classement doit être appréciée en fonction des circonstances de droit et de fait à la date du jugement. En outre, la commission départementale de préservation des espaces naturels agricoles et forestiers (CDPENAF) a rendu un avis favorable à l'unanimité sur le projet de plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, et malgré l'avis défavorable de la chambre d'agriculture de Martinique à ce projet de zone d'activités, émis le 26 octobre 2017, en raison de la valeur agronomique exceptionnelle de la zone et de son intérêt pour le développement d'une filière d'excellence du rhum en Martinique, il ne ressort pas des pièces du dossier que la parcelle en cause présenterait toujours, à la date du présent jugement, une telle valeur agronomique compte tenu de son état de jachère, alors au demeurant qu'elle ne figure pas dans le périmètre des zones agricoles protégées de la commune de Rivière-Salée, délimité par l'arrêté préfectoral du 24 janvier 2005, ni d'ailleurs en zone de protection forte du schéma d'aménagement régional, contrairement à ce qu'allègue la requérante. Il s'ensuit que l'Assaupamar n'est pas fondée à soutenir que la commune de Rivière-Salée aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en déclassant ces terres agricoles pour créer la zone d'activités de Petit-Bourg.
30. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 30 décembre 2020 par laquelle le maire de Rivière-Salée a rejeté la demande de l'Assaupamar tendant à l'abrogation partielle du plan local d'urbanisme n'est pas entachée d'illégalité. Les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de cette décision doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
31. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
32. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par l'Assaupamar, n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les frais d'instance :
33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Rivière-Salée, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à l'Assaupamar la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, alors au demeurant qu'elle n'est pas représentée par un avocat et ne justifie pas de frais d'instance. Il n'y a pas non plus lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Assaupamar la somme que sollicite la commune de Rivière-Salée sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'Assaupamar est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Rivière-Salée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais et à la commune de Rivière-Salée.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wallerich, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La rapporteure,
A. CLe président,
M. A
La greffière,
J. Lemaître
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026