jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100262 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2021, un mémoire complémentaire, enregistré le 9 août 2021, et des pièces complémentaires, enregistrées le 8 mars 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 10 mars 2021 par laquelle le directeur des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-et-Miquelon a rejeté sa candidature en vue d'un changement d'affectation sur un poste d'électricien au sein du service de l'aviation civile et sélectionné la candidature d'un autre agent.
Il soutient que :
- la procédure est irrégulière dès lors que les organisations syndicales n'ont pas été conviées à la réunion d'examen des candidatures du 10 mars 2021 ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation puisqu'il dispose d'une longue expérience professionnelle dans l'électricité et la plomberie, et que ses qualités professionnelles sont reconnues depuis plusieurs années par ses supérieurs hiérarchiques ;
- la décision attaquée, qui fait suite à des pressions qu'un agent a exercées sur le service recruteur dans le but de l'évincer, est empreinte de discrimination et de favoritisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2021, le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon, représenté par l'Aarpi Richer et Associés droit public Avocats, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le refus de changement d'affectation attaqué, qui n'emporte aucune conséquence sur la situation de l'intéressé, constitue une mesure d'ordre intérieure insusceptible de recours ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-393 du 25 avril 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est agent d'exploitation principal des travaux publics de l'Etat. Depuis fin 2010, il est affecté à l'atelier Quais, au sein de l'unité port / phares et balises de la direction des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-et-Miquelon. Suite à la publication d'un appel à candidature interne, il a fait connaître son souhait pour un changement d'affectation, sur un poste d'électricien au sein de l'équipe infrastructures du service de l'aviation civile de Saint-Pierre-et-Miquelon. Par décision du 10 mars 2021, le directeur des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-et-Miquelon a toutefois rejeté sa candidature et retenu celle d'un autre agent candidat. Dans la présente instance, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Il en va nécessairement de même des décisions refusant à un agent un changement d'affectation dès lors que ces décisions ne portent pas atteinte aux prérogatives des agents ni n'entraine de conséquences pécuniaires. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
3. D'une part, l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dispose, dans sa version applicable au litige : " () Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race () ".
4. De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour tenter de caractériser la discrimination dont il estime avoir été victime, M. A fait valoir qu'un agent aurait, selon lui, exercé des pressions sur le service recruteur dans le but de l'évincer. Il n'apporte cependant aucune précision ou commencement de preuve sur l'identité de l'agent concerné et sur la manière dont les pressions qu'il dénonce se seraient, selon lui, exercées. Le requérant soutient également que sa candidature sur un précédent poste d'électricien au sein du service de l'aviation civile avait déjà été refusée en 2013 sur le seul critère de l'ancienneté, après que ses compétences pour exercer le poste aient été reconnues, et produit sur ce point un courrier émanant de deux organisations syndicales évoquant la possibilité que ce nouveau refus puisse constituer une forme de discrimination. En défense, le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon conteste l'existence de toute discrimination et fait valoir que le rejet de la candidature de M. A se fonde exclusivement sur le fait que le dossier de candidature remis par l'intéressé ne contenait aucun élément susceptible d'établir ses compétences en matière de plomberie. Cette circonstance est corroborée à la fois par la fiche de poste, qui indique que l'emploi litigieux, lequel comporte des missions de maintenance dans les domaines de l'électricité et de la plomberie, requiert des connaissances initiales en plomberie, et par les termes mêmes de la décision attaquée, qui mentionne que le requérant n'a pas toutes les compétences requises pour le poste, notamment en plomberie. Dans ces conditions, compte-tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon doit être regardé comme établissant que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le moyen soulevé sur ce point n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
6. D'autre part, l'emploi d'électricien au sein de l'équipe infrastructures du service de l'aviation civile, objet de l'appel à candidature interne du 21 janvier 2021, relève, ainsi que l'administration le fait valoir en défense sans être contredite, de la direction des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-et-Miquelon où est affecté M. A depuis fin 2010. Il ressort de la comparaison des fiches de postes que cet emploi, relevant du grade d'agent d'exploitation principal des travaux publics de l'Etat, présente un degré similaire de responsabilités et un niveau égal de rémunération au poste occupé par le requérant au sein de l'atelier Quais. Dans ces conditions, le souhait que M. A a exprimé à la suite de l'appel à candidature interne du 21 janvier 2021 ne porte pas sur une mutation, telle que prévue par l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, mais se présente comme une demande de changement d'affectation au sein de la direction des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-et-Miquelon. La décision prise sur cette demande doit dès lors être regardée comme un refus de changement d'affectation. Ce refus n'a pu avoir aucun effet sur les droits que l'intéressé tient du décret du 25 avril 1991 portant dispositions statutaires applicables au corps des personnels d'exploitation des travaux publics de l'Etat. Il n'affecte aucunement l'exercice des droits ou libertés fondamentales de l'intéressé, ni n'emporte aucune perte de responsabilités ou de rémunération. Il résulte de plus de ce qui a été dit au point précédent que la décision attaquée n'est entachée d'aucune discrimination. Dans ces conditions, alors même que M. A n'allègue l'existence d'aucune sanction déguisée, la décision attaquée constitue une simple mesure d'ordre intérieur. Elle n'est dès lors pas au nombre des décisions qui peuvent être soumises au juge de l'excès de pouvoir. La requête formée par M. A, qui tend à son annulation, est en conséquence irrecevable. La fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon doit, par suite, être accueillie.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A n'est pas recevable. Elle doit, par suite, être rejetée à ce titre.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Copie sera adressée pour information au ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer, chargé des outre-mer, et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wallerich, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le rapporteur,
V. C
Le président,
M. DLa greffière,
S. Demontreux
La République mande et ordonne au préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026