jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JURISCARIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 juillet 2021 et le 3 février 2022, Mme D F, représentée par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le président du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets sur sa demande du 1er mars 2021 tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets de lui accorder la protection fonctionnelle, subsidiairement de procéder au réexamen de sa demande en diligentant une enquête administrative, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, le signalement de harcèlement moral n'ayant pas donné lieu à une enquête administrative ;
- elle méconnait l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 et les articles L. 4121-1 et suivants du code du travail ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle méconnait le principe d'égalité.
Par un mémoire en défense, enregistré 5 septembre 2021, le syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets, représenté par Me Nicolas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme F a produit un mémoire complémentaire, enregistré le 29 septembre 2022.
Le syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets a produit une pièce complémentaire, enregistrée le 12 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Nicolas, avocat du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a été recrutée en février 2017 par le syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets en qualité d'ingénieure contractuelle et a été placée sous l'autorité hiérarchique de Mme G, directrice valorisation. Par un courrier du 17 décembre 2020, Mme F a alerté le président du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets de la situation de harcèlement moral subie dans sa relation avec sa supérieure hiérarchique. Par un courrier du 1er mars 2021, elle a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle. Une décision implicite de rejet étant née du silence gardé par l'autorité administrative sur cette demande, Mme F demande par la présente requête l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983, alors applicable : " () La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ". Aux termes de l'article 6 quinquies de la même loi : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Le bénéfice de la protection fonctionnelle constitue un droit pour les agents en remplissant les conditions. Par conséquent, la décision par laquelle l'autorité administrative rejette une demande d'un agent tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle, doit être motivée en application des dispositions citées au point précédent.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier recommandé avec avis de réception daté du 24 mai 2021 et reçu le 28 mai suivant, Mme F a, dans le délai de recours contentieux, demandé au syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets la communication des motifs de la décision implicite de rejet, née le 8 mai 2021, de sa demande de protection fonctionnelle. Il est constant que le syndicat mixte n'a pas répondu à cette demande de communication des motifs. Il s'ensuit que Mme F est fondée à soutenir que l'autorité administrative a méconnu les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite par laquelle le président du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets a rejeté la demande du 1er mars 2021 par laquelle Mme B A a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle, doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ".
7. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint à l'administration d'accorder la protection fonctionnelle à Mme F. En revanche, elle implique nécessairement que soit prise à nouveau une décision après une nouvelle instruction de la demande de Mme F. Il n'appartient toutefois pas au juge administratif, en application des dispositions citées au point précédent, de préciser quelles doivent être les modalités de cette nouvelle instruction, et de prescrire le cas échéant une enquête administrative. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets de prendre à nouveau une décision sur la demande de Mme F, après une nouvelle instruction, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme F, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets la somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le président du syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets a rejeté la demande de protection fonctionnelle de Mme F est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets de prendre à nouveau une décision, après une nouvelle instruction, sur la demande de Mme F tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets versera à Mme F la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F et au syndicat martiniquais de traitement et valorisation des déchets.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
H. Rouland-Boyer
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026