jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GALLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2021, la société Le p'tit abri, représentée par Me Gallin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2021 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat lui demande de rembourser partiellement, à hauteur de 8 544 euros, la subvention obtenue le 20 avril 2015 pour la réhabilitation d'un immeuble situé au 18 rue Voltaire à Fort-de-France ;
2°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'Agence nationale de l'habitat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'a pu respecter ses engagements en raison d'un cas de force majeure résultant de désordres liés à l'humidité apparus dans un des logements en juillet 2018, et auxquels elle n'a pu mettre fin qu'en avril 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2022, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 1er août 2014 portant approbation du règlement général de l'Agence nationale de l'habitat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Le p'tit abri a sollicité une subvention pour la réhabilitation d'un immeuble, situé au 18 rue Voltaire à Fort-de-France, dont elle est propriétaire, afin de créer cinq logements sociaux conventionnés destinés à la location. L'agence nationale de l'habitat a octroyé cette subvention par décision du 20 avril 2015, pour un montant de 85 487 euros, et procédé au versement du solde le 1er février 2016. Par décision du 7 septembre 2020, l'agence nationale de l'habitat a prononcé le retrait de la subvention et demandé le remboursement de la somme de 88 904 euros, au motif que les engagements de soumission aux contrôles de l'agence, dans les délais impartis, n'ont pas été respectés. La société requérante a alors formé un recours gracieux, par courrier du 11 février 2021, auquel il a été partiellement fait droit par décision du 3 mai 2021, portant le montant du reversement à la somme de 8 544 euros, dans la mesure où les engagements de location n'ont été rompus que s'agissant d'un seul logement, vacant depuis le 30 juillet 2018. Par la présente requête, la société Le p'tit abri doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 3 mai 2021 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat lui demande de rembourser partiellement, à hauteur de 8 544 euros, la subvention obtenue le 20 avril 2015.
2. Aux termes de l'article L. 321-3 du code de la construction et de l'habitation : " L'aide que l'Agence nationale de l'habitat accorde au propriétaire d'un logement à usage locatif pour y réaliser des travaux d'amélioration est subordonnée à la condition que le logement soit donné en location pendant une durée fixée par le règlement général de l'agence ". Aux termes de l'article 15 du règlement de général de l'Agence nationale de l'habitat : " Conformément aux dispositions de l'article R. 321-20 du CCH, les logements et locaux d'habitation inclus dans un bail commercial subventionnés par l'agence doivent être occupés à titre de résidence principale. La notion de résidence principale doit être entendue au sens du logement effectivement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ", et aux termes de son article 15-A, dans sa version applicable au litige : " Les logements pour lesquels la subvention est accordée doivent être loués pendant une période d'au moins neuf ans à compter de la date de déclaration d'achèvement des travaux et () répondre aux caractéristiques de décence ". En outre, il ressort de l'article 16 du même règlement général que : " Pendant la période d'occupation des locaux subventionnés, le bénéficiaire de la subvention doit pouvoir justifier que le logement ayant fait l'objet de la subvention est régulièrement occupé et que les engagements souscrits sont respectés, en particulier dans le cas où un contrôle serait effectué dans le cadre des dispositions de l'article 17 du présent règlement. / Conformément aux dispositions de l'article R. 321-20 du CCH, le bénéficiaire de la subvention ou, le cas échéant, ses ayants droit doivent déclarer, dans un délai de deux mois suivant l'événement, au délégué de l'agence dans le département ou au délégataire, tout changement d'occupation, d'utilisation des logements ou toute mutation de propriété intervenant pendant la période mentionnée à l'article 15 du présent règlement ". L'article 17 du règlement général prévoit par ailleurs que : " La mention de se soumettre au contrôle de l'agence ou du délégataire et les conditions de communication des justificatifs et documents font l'objet d'un engagement particulier souscrit par le bénéficiaire de l'aide ". Enfin, l'article R. 321-21 du code de la construction et de l'habitation dispose que : " Le retrait et le reversement total ou partiel peuvent également être prononcés en cas de non-respect des prescriptions de la présente section ou des conventions conclues en application des articles L. 321-4 et L. 321-8, ou de toute autre convention liée au bénéfice des aides de l'agence, selon les modalités fixées par le règlement général de l'agence ".
3. Les subventions conditionnelles accordées par l'Agence nationale de l'habitat ne créent de droits au profit de leurs bénéficiaires que pour autant que ceux-ci justifient, après l'achèvement des travaux, que les conditions imposées lors de l'attribution de l'aide se trouvent effectivement réalisées. Si les bénéficiaires de ces subventions sont placés vis-à-vis de cet établissement public dans une situation réglementaire et non contractuelle, cette situation ne fait pas obstacle à ce qu'ils puissent, le cas échéant, invoquer un cas de force majeure ayant rendu impossible l'exécution des engagements auxquels était subordonné le versement de l'aide financière de l'agence.
4. La société Le p'tit abri s'était engagée, en signant les conventions d'engagement du bailleur, à justifier de l'exécution des travaux éligibles dans un délai de trois ans suivant la date de notification de la décision lui accordant la subvention, à réaliser les travaux conformément au projet présenté et à louer les cinq logements pendant une durée minimale de neuf ans à compter de la date d'achèvement des travaux. Il est constant qu'à la date de la décision litigieuse, le logement n° 1 était vacant depuis le 30 juillet 2018.
5. La société requérante soutient qu'une situation de force majeure aurait rendu impossible la location du logement n° 1 depuis le 30 juillet 2018, dans la mesure où des désordres d'étanchéité apparus à cette date, à l'origine d'infiltrations d'eau de nature à remettre en cause la salubrité des lieux, ont nécessité des réparations qui n'ont pu être réalisées avant le mois de mars 2021, en raison de l'indisponibilité avant cette date de la société de travaux qu'elle avait sollicitée. Toutefois, la simple production d'une attestation non datée de la société Pyramid'Btplus indiquant que, suite à leur premier contact en décembre 2018, elle n'a pas été en mesure de débuter les travaux avant le mois de mars 2021 en raison de contraintes calendaires, de la crise sanitaire puis de l'attente du séchage des murs, ne permet pas d'établir que la société Le p'tit abri a entrepris les diligences nécessaires et appropriées dès la fin du bail pour mettre fin aux désordres l'empêchant de louer le logement n°1, alors au demeurant que l'état des lieux de sortie du locataire en date du 30 juillet 2018 ne mentionne aucune infiltration ou trace d'humidité dans le logement. En outre, il n'est pas établi par les pièces du dossier, ni même allégué, que la société Le p'tit abri aurait sollicité une autre société afin que les travaux puissent être effectués plus rapidement et que le logement puisse être reloué. Il est d'ailleurs constant que la requérante a failli à son obligation d'informer l'Agence nationale de l'habitat de tout changement dans les conditions d'occupation du logement. Dans ces conditions, la société Le p'tit abri ne démontre pas qu'elle se trouvait dans une situation de force majeure ayant rendu impossible l'exécution des engagements auxquels était subordonné le versement de l'aide financière de l'Agence nationale de l'habitat, faute d'établir que l'évènement était imprévisible au moment où la demande de subvention a été effectuée et a fortiori où l'aide a été versée, ni qu'elle était dans l'impossibilité de prendre les dispositions matérielles nécessaires à l'exécution des conditions d'octroi de la subvention.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Le p'tit abri doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Le p'tit abri est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Le p'tit abri et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La rapporteure,
A. ALa présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre délégué à la ville et au logement et au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026