lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | VICTORIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2021, un mémoire complémentaire, enregistré le 10 janvier 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 20 septembre 2021, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l'association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel (ASPAS), l'association des mateurs amicaux des z'oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA), l'association Le Carouge, l'association pour l'étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) et l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA), représentées par Me Victoria, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Martinique n° R02-2021-07-19-00002 du 19 juillet 2021 portant sur l'ouverture et la clôture de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le département de la Martinique ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête conserve son intérêt dès lors que, malgré son abrogation intervenue le 7 décembre 2021, l'arrêté attaqué du 19 juillet 2021 a reçu une exécution ;
- leur requête est recevable puisqu'elles justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir eu égard à l'objet qu'elles se sont données dans leurs statuts respectifs ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie d'aucune délégation régulièrement consentie par le préfet de la Martinique ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 424-2 et R. 424-1 du code de l'environnement et du principe de précaution prévu à l'article 5 de la Charte de l'environnement et à l'article L 110-1 du code de l'environnement, dans la mesure où :
Concernant les pigeons et moqueurs :
o il permet la chasse du pigeon à cou rouge en période de reproduction et de dépendance des jeunes, sans aucune limitation de prélèvement ou du nombre de jours de chasse, alors qu'il s'agit d'une espèce fragile, inscrite sur la liste des espèces menacées en Martinique (quasi-menacée) ;
o il permet la chasse du moqueur grivotte en période de reproduction et de dépendance des jeunes, sans aucune limitation de prélèvement ou du nombre de jours de chasse, alors qu'il s'agit d'une espèce fragile, inscrite sur la liste des espèces menacées sur l'île voisine de la Guadeloupe ;
o il permet la chasse du moqueur corossol en période de reproduction, sans aucune limitation de prélèvement ou du nombre de jours de chasse, alors qu'il s'agit d'une espèce fragile, inscrite sur la liste des espèces menacées en Martinique (quasi-menacée) ;
Concernant le gibier d'eau (limicoles) :
o il permet la chasse d'espèces migratoires de limicoles qui constituent des espèces fragiles en déclin ou déclin prononcé (courlis corlieu, tournepierre à collier, petit chevalier à pattes jaunes, bécassin roux, pluvier bronzé, pluvier argenté, barge hudsonienne, bécasseau à échasses, bécasseau à poitrine cendrée et chevalier semipalmé), dont plusieurs sont classées parmi les espèces menacées de disparaître ;
o les quotas de prélèvement fixés par le préfet pour ces dix espèces de limicoles sont largement excessifs par rapport à la mortalité anthropique maximale soutenable estimée par l'étude Watts de 2015 pour l'ensemble de la voie migratoire Ouest-Atlantique, sur laquelle la Martinique est le deuxième contributeur des tableaux de chasse ;
Concernant les colombes et tourterelles :
o il permet la chasse de la tourterelle oreillarde en période de reproduction et de dépendance des jeunes, sans aucune limitation de prélèvements, alors qu'il s'agit d'une espèce fragile, inscrite sur la liste des espèces menacées en Martinique (conservation faute de données suffisantes).
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2022, le préfet de la Martinique conclut au non-lieu à statuer sur la requête des associations requérantes.
Il soutient que la requête a perdu son objet dans la mesure où, par arrêté du 7 décembre 2021, il a, tirant les conséquences de l'ordonnance du juge des référés en date du 4 octobre 2021, abrogé l'arrêté attaqué du 19 juillet 2021, et qu'il a, par ce nouvel arrêté, d'une part, supprimé de la liste des espèces autorisées à la chasse le pigeon à couronne blanche, le courlis corlieu, la barge hudsonienne, le pluvier bronzé et le pluvier argenté et, d'autre part, mis en place des quotas pour la chasse de espèces de moqueur corossol, de pigeon à cou rouge et de bécassin roux.
La fédération départementale des chasseurs de la Martinique a présenté des observations, enregistrées le 22 novembre 2022.
Elle soutient que :
- les associations requérantes qui sont implantées en Guadeloupe ne justifient pas d'un intérêt pour contester l'arrêté attaqué qui autorise la chasse sur le seul territoire de la Martinique ;
- les moyens soulevés par les associations requérantes ne sont pas fondés.
La procédure a été régulièrement communiquée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, qui n'a produit aucune observation.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés de l'incompétence du préfet de la Martinique, d'une part, pour étendre les périodes de chasse aux espèces de gibier d'eau et d'oiseaux de passage fixées par le ministre chargé de la chasse dans ses arrêtés des 24 mars 2006 et 19 janvier 2009, relatifs à l'ouverture et aux dates de fermeture de la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau, et, d'autre part, pour fixer les périodes de chasse aux espèces de gibier d'eau et d'oiseaux de passage qui n'ont pas été définies par arrêté du ministre chargé de la chasse.
Le préfet de la Martinique a présenté des observations sur ces deux moyens d'ordre public par un mémoire, qui a été enregistré le 13 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, et notamment la charte de l'environnement ;
- le code de l'environnement ;
- la loi n° 53-602 du 7 juillet 1953 ;
- l'arrêté du 17 février 1989 fixant la liste des espèces de gibier dont la chasse est autorisée sur le territoire du département de la Martinique ;
- l'arrêté ministériel du 24 mars 2006 relatif à l'ouverture de la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau ;
- l'arrêté ministériel du 19 janvier 2009 relatif aux dates de fermeture de la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Victoria, avocat des associations requérantes, de Mme D, représentante du préfet de la Martinique, et de Me Diarra, avocat de la fédération départementale des chasseurs de la Martinique.
Une note en délibéré, présentée pour les associations requérantes, a été enregistrée le 12 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 juillet 2021, le préfet de la Martinique a fixé la période d'ouverture de la chasse à tir pour la campagne 2021-2022 et défini les modalités spécifiques pour la chasse de certaines espèces de gibier, en particulier de pigeons, moqueurs, anatidés, limicoles, colombes et tourterelles. Dans la présente instance, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l'association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel (ASPAS), l'association des mateurs amicaux des z'oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA), l'association Le Carouge, l'association pour l'étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) et l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA) demandent au tribunal administratif d'annuler l'arrêté du préfet de la Martinique du 19 juillet 2021.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le juge des référés du tribunal administratif de la Martinique a, par une ordonnance n° 2100547 du 4 octobre 2021, partiellement suspendu l'exécution de l'arrêté attaqué du 19 juillet 2021, d'une part, en tant qu'il autorise la chasse des espèces du pigeon à couronne blanche, du coulis corlieu, de la barge hudsonienne, du pluvier bronzé et du pluvier argenté et, d'autre part, en tant qu'il ne limite pas suffisamment les prélèvements en ce qui concerne la chasse des espèces de moqueur corossol, de pigeon à cou rouge et de bécassin roux. Suite à cette ordonnance de référé, le préfet de la Martinique a, en cours d'instance, prononcé l'abrogation de l'arrêté attaqué du 19 juillet 2021 par un arrêté n° R02-12-07-00002 du 7 décembre 2021 portant sur les modalités de la chasse pour la campagne 2021-2022 dans le départemental de la Martinique. Toutefois, à cette date, l'arrêté attaqué du 19 juillet 2021, qui a notamment fixé l'ouverture générale de la campagne de chasse en Martinique le dimanche 25 juillet 2021, avait reçu une exécution pendant la période durant laquelle il était en vigueur. Dans ces conditions, le préfet de la Martinique n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'abrogation de l'acte attaqué qu'il a édictée par son arrêté du 7 décembre 2021 aurait fait perdre son objet au recours des associations demanderesses. L'exception de non-lieu ainsi soulevée doit, par suite, être écartée.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la fédération départementale des chasseurs de la Martinique :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 2 de ses statuts, l'association des mateurs amicaux des z'oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA) s'est donnée pour mission d'intervenir sur les " questions touchant à la nature et notamment à l'ornithologie " et ce, en particulier, par " la mise en œuvre d'actions (y compris contentieuses) visant directement ou indirectement à protéger l'environnement ". Si son siège est situé en Guadeloupe, il ressort toutefois des autres stipulations de ses statuts, notamment du titre de l'association et des conditions d'adhésion, qu'elle a vocation à intervenir à une échelle géographique plus large que la Guadeloupe, au niveau de l'ensemble des Antilles. Dans ces conditions, elle justifie d'un intérêt suffisant pour demander l'annulation de l'arrêté attaqué qui autorise la chasse, sur le territoire de la Martinique, d'oiseaux sauvages. La fin de non-recevoir opposée par la fédération départementale des chasseurs de la Martinique n'est dès lors pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 de ses statuts, l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA), qui a son siège situé à Sainte-Anne en Guadeloupe, s'est donnée notamment pour mission d'œuvrer " pour la connaissance, la conservation, la restauration et la valorisation de la biodiversité de la Guadeloupe et des Antilles ". Dans ces conditions, compte-tenu du champ géographique élargi de l'association, celle-ci justifie d'un intérêt suffisant pour demander l'annulation de l'arrêté attaqué qui autorise la chasse, sur le territoire de la Martinique, d'oiseaux sauvages. La fin de non-recevoir opposée par la fédération départementale des chasseurs de la Martinique n'est dès lors pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 de ses statuts, l'association pour l'étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA), qui a son siège situé à Goyave en Guadeloupe, s'est donnée notamment pour mission " d'entreprendre () toute action, permettant d'améliorer la connaissance () de la faune sauvage de Guadeloupe et des îles avoisinantes et d'œuvrer pour leur protection ". Dans ces conditions, compte-tenu du champ géographique élargi de l'association, celle-ci justifie d'un intérêt suffisant pour demander l'annulation de l'arrêté attaqué qui autorise la chasse, sur le territoire de la Martinique, d'oiseaux sauvages. La fin de non-recevoir opposée par la fédération départementale des chasseurs de la Martinique n'est dès lors pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
En ce qui concerne la légalité externe :
7. L'article L. 424-2 du code de l'environnement dispose : " Nul ne peut chasser en dehors des périodes d'ouverture de la chasse fixées par l'autorité administrative selon des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat () ". L'article R. 424-6 du même code dispose, dans sa version applicable au litige : " La chasse à tir est ouverte pendant les périodes fixées chaque année par arrêté du préfet, pris sur proposition du directeur départemental de l'agriculture et de la forêt après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs, et publié au moins vingt jours avant la date de sa prise d'effet. " L'article R. 424-1 du même code dispose : " Afin de favoriser la protection et le repeuplement du gibier, le préfet peut dans l'arrêté annuel prévu à l'article R. 424-6, pour une ou plusieurs espèces de gibier : / 1° Interdire l'exercice de la chasse de ces espèces ou d'une catégorie de spécimen de ces espèces en vue de la reconstitution des populations ; / 2° Limiter le nombre des jours de chasse ; / 3° Fixer les heures de chasse du gibier sédentaire et des oiseaux de passage. " L'article R. 424-9 du même code dispose : " Par exception aux dispositions de l'article R. 424-6, le ministre chargé de la chasse fixe par arrêté les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau, après avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Cet arrêté prévoit les conditions spécifiques de la chasse de ces gibiers. ".
8. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le ministre chargé de la chasse dispose d'une compétence exclusive pour fixer la période de chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau tandis que le préfet du département est quant à lui compétent pour fixer la période de chasse à tir pour les autres gibiers. Dans le cadre des pouvoirs qu'il détient de l'article R. 424-1 du code de l'environnement, le préfet peut, pour des motifs de protection de la ressource cynégétique, interdire la chasse de certaines espèces ou catégories de spécimens d'espèces ou limiter le nombre de jours de chasse, y compris pour la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau. Il ne dispose toutefois d'aucune compétence pour étendre la période de chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau déterminée par arrêté du ministre chargé de la chasse ou, en l'absence d'un tel arrêté, pour déterminer lui-même la période de chasse de ces espèces.
9. En premier lieu, l'article R. 424-11 du code de l'environnement institue dans le département de la Martinique des règles spécifiques relatives à la période générale d'ouverture et de fermeture de la chasse et à la période d'ouverture et de fermeture de la chasse des espèces de tourterelle, ortolan, ramier, perdrix et grive. Toutefois, contrairement à ce que soutient le préfet de la Martinique, ces dispositions n'instituent aucune dérogation aux règles générales des articles R. 424-9 et R. 424-6 du code de l'environnement, qui donnent respectivement compétence au ministre chargé de la chasse pour fixer la période d'ouverture et de fermeture de la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau, et au préfet du département pour fixer la période d'ouverture et de fermeture de la chasse à tir pour les autres gibiers. Si le ministre compétent a fixé les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse aux oiseaux de passage et au gibier d'eau par les arrêtés susvisés des 24 mars 2006 et 19 janvier 2009, ces deux arrêtés, qui visent en particulier le décret n° 2003-1112 du 24 novembre 2003 portant publication de l'accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie, ne régissent cependant que la situation des oiseaux de passage et de gibier d'eau présents sur le territoire européen de la France. Ils ne s'appliquent dès lors pas aux oiseaux de passage et de gibier d'eau présents sur le territoire de la Martinique pour lesquelles la chasse a été autorisée par arrêté ministériel du 17 février 1989, ainsi que le fait valoir à juste titre l'administration dans ses observations en réponse aux deux moyens d'ordre public communiqués. Par ailleurs, il ressort de la réponse du préfet de la Martinique à la mesure d'instruction que lui a adressée le tribunal le 3 février 2023 qu'aucun arrêté du ministre chargé de la chasse n'a fixé les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse pour les espèces d'oiseaux de passage et de gibiers d'eau présentes dans le département de la Martinique. Dans ces conditions, le préfet de la Martinique n'était pas compétent pour déterminer lui-même, en l'absence d'arrêté ministériel, les dates d'ouverture et de fermeture de la chasse dans le département de la Martinique des espèces d'oiseaux de passage et de gibier d'eau que constituent, d'une part, les espèces, relevant de la famille des anatidés, de la sarcelle à ailes bleues (spatula discors), du canard d'Amérique (anas americana), du canard colvert (anas platyrhynchos), du canard pilet (anas acuta), du canard chipeau (anas strepera), du canard souchet (anas clypeata), de la sarcelle à ailes vertes (anas crecca), du dendrocygne fauve (dendrocygna bicolor), du dendrocygne à ventre noir (dendrocygna autumnalis), du fuligule à collier (aythya collaris), du petit fuligule (aythya collaris) et, d'autre part, les espèces, relevant de la famille des limicoles, du pluvier bronzé (pluvialis dominica), du pluvier argenté (pluvialis squatarola), du tournepierre à collier (arenaria interpres), du petit chevalier à pattes jaunes (tringa flavipes), du grand chevalier à pattes jaunes (tringa melanoleuca), du bécassin roux (limnodromus griseus), de la bécassine de Wilson (gallinago delicata), de la maubèche des champs (bartramia longicauda), du chevalier semipalmé (tringa semipalmata), du bécasseau à échasses (calidris himantopus), du bécasseau à poitrine cendrée (calidris melanotos), du courlis corlieu (numenius phaeopus) et de la barge hudsonnienne (limosa haemastica). L'arrêté attaqué du préfet de la Martinique du 19 juillet 2021 est dès lors entaché d'incompétence en tant qu'il fixe, en Martinique, la période de chasse de ces espèces de gibier d'eau et d'oiseaux de passage, entre le dimanche 25 juillet 2021, date d'ouverture générale de la période de chasse correspondant au dernier dimanche de juillet, et le mardi 15 février 2022 inclus, date de fermeture générale de la période de chasse. Il doit, par suite, et dans cette mesure, être partiellement annulé.
10. En second lieu, par arrêté n° R02-2020-02-24-0015 du 24 février 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° R02-2020-27 du 24 février 2020, le préfet de la Martinique a donné délégation de signature à M. F C, directeur de l'environnement, de l'aménagement et du logement de la Martinique, à l'effet de signer, notamment, toutes les décisions et correspondances relevant des missions et attributions de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement de la Martinique, à l'exclusion des correspondances adressées à la présidence de la République, au Premier ministre, aux ministres, aux parlementaires et au président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique. Cette délégation inclut ainsi l'arrêté préfectoral annuel mentionné à l'article R. 424-6 du code de l'environnement. Dans ces conditions, les associations requérantes ne sont pas fondées à soutenir que M. C était incompétent pour signer, au nom du préfet de la Martinique, les autres dispositions, non mentionnées au point précédent, contenues dans l'arrêté attaqué du 19 juillet 2021, qui définissent les périodes et les conditions particulières de la chasse au tir d'espèces d'oiseaux sédentaires et relèvent ainsi de la compétence du préfet du département. Le moyen d'incompétence ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
11. Aux termes de l'article 5 de la Charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ". Aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'environnement : " I. - Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l'air, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. Ce patrimoine génère des services écosystémiques et des valeurs d'usage. () II. - Leur connaissance, leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état, leur gestion, la préservation de leur capacité à évoluer et la sauvegarde des services qu'ils fournissent sont d'intérêt général et concourent à l'objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s'inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants : 1° Le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable () ".
12. Aux termes de l'article L.424-2 du code de l'environnement : " Nul ne peut chasser en dehors des périodes d'ouverture de la chasse fixées par l'autorité administrative selon des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat. / Les oiseaux ne peuvent être chassés ni pendant la période nidicole ni pendant les différents stades de reproduction et de dépendance () ". Il résulte de ces dispositions que la protection qu'elles prévoient, tant pour la période nidicole et les différents stades de reproduction et de dépendance que pour le trajet de retour des espèces migratrices vers leur lieu de nidification, doit être une protection complète, excluant des risques de confusion entre espèces différentes, et que la fixation de dates échelonnées en fonction des espèces n'est licite que s'il peut être établi, au regard des données scientifiques et techniques, que cet échelonnement est compatible avec cet objectif de protection complète.
13. Aux termes de l'article L. 425-14 du code de l'environnement : " () le préfet peut, sur proposition de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, fixer le nombre maximal d'animaux qu'un chasseur ou un groupe de chasseurs est autorisé à prélever dans une période déterminée sur un territoire donné. / Ces dispositions prennent en compte les orientations du schéma départemental de gestion cynégétique. " L'article L. 425-15 du même code dispose : " Sur proposition de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs, le préfet inscrit, dans l'arrêté annuel d'ouverture ou de fermeture de la chasse, les modalités de gestion d'une ou plusieurs espèces de gibier lorsque celles-ci ne relèvent pas de la mise en œuvre du plan de chasse. ". L'article R. 425-18 du même code dispose : " () Le nombre maximal d'animaux d'une ou plusieurs espèces qu'un chasseur est autorisé à prélever en application de l'arrêté ministériel mentionné au premier alinéa peut, par arrêté préfectoral pris sur proposition de la fédération départementale ou interdépartementale des chasseurs et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage : / - être réduit pour une période déterminée sur un territoire donné ; / - être fixé par jour ou par semaine. ".
S'agissant du pigeon à cou rouge :
14. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'extrait de l'ouvrage d'ornithologie sur les oiseaux des Antilles et du schéma de gestion cynégétique de la Martinique, que le pigeon à cou rouge constitue une espèce d'oiseau sédentaire présente dans une grande partie des Antilles. Cette espèce est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées en Martinique, qui a été établie en 2020 par le comité français de l'union internationale pour la conservation internationale de la nature (UICN), et est classée " espèce quasi-menacée " (NT) qui correspond aux espèces proches du seuil des espèces menacées ou qui pourraient être menacées si des mesures de conservation spécifiques n'étaient pas prises, avec une tendance d'évolution des populations inconnue. Ni le préfet de la Martinique, ni la fédération départementale des chasseurs de la Martinique, qui se borne essentiellement à se référer à l'étude " Tosato " non produite à l'instance, n'apporte d'éléments permettant de contredire ce constat. Dans ces conditions, compte-tenu, d'une part, des données scientifiques disponibles sur l'espèce et sa conservation ainsi versées au dossier, et, d'autre part, de l'absence de données permettant d'évaluer, à la date de la décision critiquée, la population de pigeons à cou rouge présente en Martinique et les conditions d'une régulation équilibrée de l'espèce du point de vue écologique, les associations requérantes sont fondées à soutenir qu'en autorisant la chasse du pigeon à cou rouge, entre le dimanche 25 juillet 2021 et le mardi 30 novembre 2021 inclus, le préfet de la Martinique a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
S'agissant du moqueur grivotte :
15. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'extrait de l'ouvrage d'ornithologie sur les oiseaux des Antilles et du schéma de gestion cynégétique de la Martinique, que le moqueur grivotte constitue une espèce d'oiseau sédentaire endémique des Petites Antilles. Les dates d'ouverture de la chasse de cette espèce d'oiseau, fixées par l'arrêté litigieux entre le dimanche 25 juillet 2021 et le mardi 30 novembre 2021 inclus, couvrent en partie la période de reproduction et de nidification de l'espèce, qui s'étend de février à juillet, la période de dépendance des jeunes individus, pouvant, par ailleurs s'étendre, selon les observations scientifiques disponibles, jusqu'à la fin du mois de septembre où interviennent encore des pontes de couples retardataires. En l'absence de production par la défense de données scientifiques contredisant ce constat, tout risque d'atteinte à l'espèce pendant sa période nidicole ne peut être écarté en l'espèce. Dans ces conditions, et en application du principe de protection complète des espèces pendant leur période nidicole, les associations requérantes sont fondées à soutenir que le préfet de la Martinique a méconnu l'article L. 424-2 cité précédemment au code de l'environnement en autorisant la chasse au moqueur grivotte entre le 25 juillet 2021 et le 30 septembre 2021 inclus. Le moyen soulevé doit, par suite, être accueilli.
16. En second lieu, le moqueur grivotte est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées en Martinique, qui a été établie en 2020 par le comité français de l'union internationale pour la conservation internationale de la nature (UICN), et est classé espèce de " préoccupation mineure " (A), qui correspond aux espèces pour laquelle il existe un risque de disparition même s'il est évalué comme faible. Ni la fédération départementale des chasseurs de la Martinique, ni le préfet de la Martinique ne contredisent utilement ces données. Dans ces conditions, compte-tenu, d'une part, des données scientifiques disponibles sur l'espèce et sa conservation ainsi versées au dossier, et d'autre part, de l'absence de données permettant d'évaluer, à la date de la décision critiquée, la population de moqueur grivotte en Martinique et les conditions d'une régulation équilibrée de l'espèce du point de vue écologique, les associations requérantes sont fondées à soutenir qu'en n'instituant aucune mesure de limitation à la chasse du moqueur grivotte pour la période du 1er octobre 2021 au 30 novembre 2021 inclus, le préfet de la Martinique a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
S'agissant du moqueur corossol :
17. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'extrait de l'ouvrage d'ornithologie sur les oiseaux des Antilles et du schéma de gestion cynégétique de la Martinique, que le moqueur corossol constitue une espèce d'oiseau sédentaire endémique des Antilles. Cette espèce est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées en Martinique, qui a été dressée en 2020 par le comité français de l'union internationale pour la conservation internationale de la nature (UICN), et est classé espèce " quasi-menacée " (NT), qui correspond aux espèces proches du seuil des espèces menacées ou qui pourraient être menacées si des mesures de conservation spécifiques n'étaient pas prises, avec une tendance d'évolution des populations inconnue. Ni la fédération départementale des chasseurs de la Martinique, ni le préfet de la Martinique ne contredisent utilement ces données. Dans ces conditions, compte-tenu, d'une part, des données scientifiques disponibles sur l'espèce et sa conservation ainsi versées au dossier et, d'autre part, de l'absence de données permettant d'évaluer, à la date de la décision critiquée, la population de moqueur corossol en Martinique et les conditions d'une régulation équilibrée de l'espèce du point de vue écologique, les associations requérantes sont fondées à soutenir qu'en autorisant la chasse du moqueur corossol, entre le dimanche 25 juillet 2021 et le mardi 30 novembre 2021 inclus, le préfet de la Martinique a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
S'agissant de la tourterelle oreillarde :
18. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier du schéma de gestion cynégétique de la Martinique, que la tourterelle oreillarde, constitue une espèce d'oiseau sédentaire présente en Amérique du Sud ainsi que dans les Petites Antilles du sud jusqu'au sud de la Martinique, pour laquelle aucune période particulière de reproduction n'est spécifiquement observée. Dans ces conditions, alors qu'aucun élément versé au dossier ne permet de considérer que la période retenue par le préfet de la Martinique, qui s'étend sur un mois, constituerait une période de nidification particulière de cette espèce, les associations requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le préfet de la Martinique a méconnu l'article L. 424-2 cité précédemment au code de l'environnement en autorisant la chasse à la tourterelle oreillarde entre le dimanche 15 août 2021 et le dimanche 12 septembre 2021. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.
19. En second lieu, si les associations requérantes font valoir que cette espèce d'oiseau est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées en Martinique, qui a été dressée en 2020 par le comité français de l'union internationale pour la conservation internationale de la nature (UICN), et est classée " données insuffisantes " (DD), qui correspond aux espèces pour lesquelles l'évaluation n'a pu être réalisée faute de données suffisantes, il ressort des pièces du dossier que la tourterelle oreillarde est inscrite sur la liste rouge mondiale des espèces menacées dressée en 2020 par le comité français de l'union internationale pour la conservation internationale de la nature (UICN), mais est cependant classée " préoccupation mineure " (A) correspondant aux espèces pour lesquelles le risque de disparition est faible. Par ailleurs, l'arrêté critiqué du 19 juillet 2021 du préfet de la Martinique restreint les possibilités de chasse de cette espèce, en la limitant au dimanche entre le 15 août 2021 et le 12 septembre 2021 inclus, soit un total de huit jours dans l'année. Dans ces conditions, eu égard à ces restrictions et compte-tenu des données scientifiques disponibles sur l'espèce et sa conservation versées au dossier, les associations requérantes ne sont pas fondées à soutenir qu'en autorisant la chasse de la tourterelle oreillarde pour cette période, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment au regard du principe de précaution prévu à l'article 5 de la Charte de l'environnement et à l'article L 110-1 du code de l'environnement.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par les associations requérantes, que les associations requérantes sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Martinique du 19 juillet 2021 en tant, d'une part, qu'il autorise la chasse des espèces de la famille des anatidés et des limicoles mentionnées au point 9, d'autre part, en tant qu'il autorise la chasse du pigeon à cou rouge et du moqueur corossol, pour la période du 25 juillet 2021 au 30 novembre 2021 inclus, ainsi que du moqueur grivotte, pour la période du 25 juillet 2021 au 30 septembre 2021 inclus, et, enfin, en tant qu'il n'institue aucune mesure de limitation à la chasse du moqueur grivotte pour la période du 1er octobre 2021 au 30 novembre 2021 inclus.
Sur les frais liés au litige :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme globale de 1 000 euros au titre des frais exposés par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l'association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel (ASPAS), l'association des mateurs amicaux des z'oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA), l'association Le Carouge, l'association pour l'étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) et l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA) et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté attaqué du préfet de la Martinique du 19 juillet 2021 est annulé, en tant qu'il autorise la chasse, d'une part, des espèces, relevant de la famille des anatidés, de la sarcelle à ailes bleues, du canard d'Amérique, du canard colvert, du canard pilet, du canard chipeau, du canard souchet, de la sarcelle à ailes vertes, du dendrocygne fauve, du dendrocygne à ventre noir, du fuligule à collier, du petit fuligule et, d'autre part, des espèces, relevant de la famille des limicoles, du pluvier bronzé, du pluvier argenté, du tournepierre à collier, du petit chevalier à pattes jaunes, du grand chevalier à pattes jaunes, du bécassin roux, de la bécassine de Wilson, de la maubèche des champs, du chevalier semipalmé, du bécasseau à échasses, du bécasseau à poitrine cendrée, du courlis corlieu et de la barge hudsonnienne.
Article 2 : L'arrêté attaqué du préfet de la Martinique du 19 juillet 2021 est annulé, en tant qu'il autorise la chasse du pigeon à cou rouge et du moqueur corossol, entre le 25 juillet 2021 et le 30 novembre 2021 inclus, ainsi que du moqueur grivotte, entre le 25 juillet 2021 et le 30 septembre 2021 inclus.
Article 3 : L'arrêté attaqué du préfet de la Martinique du 19 juillet 2021 est annulé, en tant qu'il n'institue aucune mesure de limitation à la chasse du moqueur grivotte pour la période du 1er octobre 2021 au 30 novembre 2021 inclus.
Article 4 : L'Etat versera à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), à l'association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel (ASPAS), à l'association des mateurs amicaux des z'oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA), à l'association Le Carouge, à l'association pour l'étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) et à l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA) une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), de l'association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel (ASPAS), de l'association des mateurs amicaux des z'oiseaux et de la nature aux Antilles (AMAZONA), de l'association Le Carouge, de l'association pour l'étude et la protection de la vie sauvage dans les petites Antilles (AEVA) et de l'association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA) est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), première dénommée, pour l'ensemble des associations requérantes, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la fédération départementale des chasseurs de la Martinique.
Copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique.
Copie sera également adressée à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Fort-de-France, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2023.
Le rapporteur,
V. E
La présidente,
H. Rouland-BoyerLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026