jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2021, et un mémoire complémentaire, enregistré le 19 avril 2022, M. F A, représenté par Me Bel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler partiellement l'arrêté du 17 septembre 2021 par lequel le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin à la mesure de suspension conservatoire de ses fonctions de proviseur à compter du 25 septembre 2021 et l'a affecté provisoirement dans les services du rectorat de Martinique, en tant que cet arrêté le place provisoirement dans les services du rectorat ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de le rétablir dans ses fonctions de proviseur et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué du 17 septembre 2021 est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que sa signataire justifie d'une délégation ;
- l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure irrégulière puisqu'il n'a pas été mis à même de consulter son dossier administratif, en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ;
- la procédure est encore irrégulière dans la mesure où la commission administrative paritaire n'a pas été consultée préalablement, en méconnaissance de l'article 25 du décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;
- l'arrêté attaqué constitue une sanction disciplinaire déguisée illégale puisqu'elle procède de la volonté de le sanctionner, alors même que l'enquête pénale engagée à son encontre a abouti à un simple rappel à la loi, et qu'il subit une perte totale de ses responsabilités ;
- la mesure d'affectation provisoire ne repose sur aucun motif tiré de l'intérêt du service dès lors que les dysfonctionnements allégués ne sont pas avérés et qu'il a fait l'objet d'une appréciation générale " Très bon " à la suite de son évaluation 2020/2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 18 mai 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision mettant fin à sa suspension sont irrecevables, faute pour le requérant de justifier d'un quelconque intérêt à agir à ce titre ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administratif, le mémoire complémentaire de M. A, enregistré le 23 mai 2022, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2001-1174 du 11 décembre 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Bel, avocate de M. A, ainsi que de M. B et Mme D, représentants du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Considérant ce qui suit :
1. M. F A, membre du corps des personnels de direction d'établissement d'enseignement ou de formation relevant du ministre chargé de l'éducation nationale, est titulaire du grade de personnel de direction de classe normale. Il a été affecté à compter du 9 mars 2015 en qualité de proviseur . A la suite d'un signalement auprès du procureur de la République pour des faits de comportements inappropriés dont s'était plainte une élève mineure de l'établissement, il a été suspendu à titre conservatoire par arrêté du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 20 mai 2021. Par un nouvel arrêté du 17 septembre 2021, le ministre a mis fin à cette mesure de suspension, à compter du 25 septembre 2021, et a affecté provisoirement M. A dans les services du rectorat de Martinique. Dans la présente instance, celui-ci demande au tribunal administratif, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler partiellement cet arrêté, en tant qu'il l'affecte provisoirement dans les services du rectorat de Martinique, et d'enjoindre au ministre, sous condition d'astreinte, de le rétablir dans ses fonctions de proviseur .
Sur la recevabilité de la requête :
2. Le requérant n'a présenté dans la présente instance aucune conclusion tendant à ce que le tribunal suspende l'exécution de la décision contenue dans l'arrêté attaqué du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 17 septembre 2021 prononçant son affectation provisoire au sein des services du rectorat de Martinique, contrairement à ce que soutient à tort l'administration en défense. La fin de non-recevoir tirée de ce que M. A ne justifierait d'aucun intérêt à agir pour présenter de telles conclusions manque dès lors en fait. Elle doit, par suite, être écarté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
3. L'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 dispose : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". En vertu de ces dispositions, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.
4. En l'espèce, par l'arrêté attaqué du 17 septembre 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a mis fin à la mesure de suspension conservatoire de M. A de ses fonctions de proviseur , décidée par arrêté du 20 mai 2021, et l'a affecté provisoirement au sein des services du rectorat de Martinique. Il ressort des pièces du dossier que cette dernière décision, qui constitue un changement d'affectation provisoire décidé dans l'intérêt du service, a été prise en considération de la personne. Il s'ensuit que les dispositions citées précédemment de la loi du 22 avril 1905 imposaient à l'administration d'avertir en temps utile le requérant de son intention de prendre la mesure en cause de changement d'affectation provisoire, de façon à permettre à l'intéressé de demander la communication de son dossier individuel. Le ministre fait valoir en défense que M. A s'est vu communiquer son dossier individuel le 28 juin 2021, après qu'il eut sollicité une telle communication concomitamment à la demande qu'il avait adressée à sa hiérarchie le 1er juin 2021 en vue d'obtenir la protection fonctionnelle dans le cadre de l'enquête pénale dont il faisait alors l'objet. Toutefois, cette circonstance ne dispensait pas l'administration, préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué du 17 septembre 2021, de mettre à même M. A de solliciter de nouveau la communication de son dossier afin de pouvoir accéder aux éléments y ayant été versés postérieurement au cours de la période de suspension de ses fonctions. Il est constant que M. A n'a pas été informé de ce qu'une décision de changement d'affectation provisoire était susceptible d'être prise à son encontre préalablement à l'intervention de l'arrêté attaqué du 17 septembre 2021. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté est intervenu au terme d'une procédure irrégulière et que cette irrégularité l'a privé d'une garantie. Le moyen soulevé sur ce point doit, par suite, être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de M. A, qu'il y a lieu d'annuler partiellement l'arrêté attaqué du 17 septembre 2021, en tant qu'il affecte provisoirement le requérant au sein des services du rectorat de Martinique.
Sur l'injonction :
6. Le présent jugement, qui annule partiellement l'arrêté attaqué du 17 septembre 2021, en tant qu'il affecte provisoirement le requérant au sein des services du rectorat de Martinique, implique nécessairement que l'administration replace M. A dans l'emploi de proviseur qu'il occupait antérieurement. Par suite, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports de procéder à cette réintégration dans un délai de deux mois. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. A.
7. Toutefois, compte-tenu du motif d'annulation retenu précédemment, le présent jugement ne fait pas obstacle à ce que, postérieurement à cette réintégration, l'administration, si elle s'y croit fondée, prenne une nouvelle décision de changement d'affectation, après avoir mis à même l'intéressé de demander la communication de son dossier individuel.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté attaqué du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 17 septembre 2021 est annulé en tant qu'il affecte provisoirement M. A au sein des services du rectorat de Martinique.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de replacer M. A dans l'emploi de proviseur , dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Copie sera adressée pour information au recteur de l'académie de Martinique.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, président,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
V. C
Le président,
M. ELe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026