lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2021, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 21 septembre 2021 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées lui a attribué une orientation vers un établissement et service de préorientation, valable du 21 septembre 2021 au 20 septembre 2024.
Il soutient que, ayant été réopéré et étant encore en attente d'une intervention chirurgicale, son état de santé ne lui permet pas d'entrevoir une reprise d'activité salariée ou une formation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2021, la maison martiniquaise des personnes en situation de handicap, représentée par son directeur, conclut, à titre principal, à l'incompétence de la juridiction administrative et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête de M. C.
Il soutient que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de la contestation de M. C, qui a trait à l'évaluation de son taux d'incapacité en vue de l'attribution de l'allocation aux adultes handicapés ;
- la demande de M. C n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Phulpin, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Minin, greffier d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 9 heures 30.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a déposé, le 30 juillet 2019, un formulaire auprès de la maison martiniquaise des personnes en situation de handicap afin, notamment, de solliciter la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, une orientation et des mesures destinées à assurer son insertion professionnelle, ainsi que le bénéfice de l'allocation adulte handicapé. Par décisions du 23 juin 2020, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a fait droit à la demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et rejeté les autres demandes de l'intéressé. M. C a alors formé, le 21 janvier 2021, un recours administratif préalable obligatoire et sollicité à cette occasion la réévaluation de son taux d'incapacité. Par de nouvelles décisions du 21 septembre 2021, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a fixé, après réévaluation, l'incapacité de M. C à un taux compris entre 50 % et 80 %. Elle a fait droit à sa demande d'allocation adulte handicapé, pour la période du 1er septembre 2019 au 31 août 2024, à concurrence du montant correspondant à ce taux d'incapacité fixé par le guide-barème figurant à l'annexe 2-4 du code de l'action sociale et des familles. Elle a également attribué à M. C une orientation vers un établissement et service de préorientation, pour la période du 21 septembre 2021 au 20 septembre 2024. Dans la présente instance, M. C demande au tribunal administratif d'annuler la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du 21 septembre 2021 lui attribuant une orientation vers un établissement et service de préorientation.
Sur l'exception d'incompétence :
2. L'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles dispose : " I.-La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / 1° Se prononcer sur l'orientation de la personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion scolaire ou professionnelle et sociale ; / () 3° Apprécier : / a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, pour l'enfant ou l'adolescent, de l'allocation et, éventuellement, de son complément mentionnés à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale, de la majoration mentionnée à l'article L. 541-4 du même code, ainsi que de la carte " mobilité inclusion " mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code et, pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale ainsi que de la carte " mobilité inclusion " mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code ; () ". L'article L. 241-9 du même code dispose : " Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. Ce recours, ouvert à toute personne et à tout organisme intéressé, est dépourvu d'effet suspensif, sauf lorsqu'il est intenté par la personne handicapée ou son représentant légal à l'encontre des décisions relevant du 2° du I de l'article L. 241-6. / Les décisions relevant des 1° et 2 du I du même article, prises à l'égard d'un adulte handicapé dans le domaine de la rééducation professionnelle, du travail adapté ou protégé, et du 4° du I dudit article peuvent faire l'objet d'un recours devant la juridiction administrative. "
3. En l'espèce, par décisions du 23 juin 2020, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a fait droit à la demande de M. C tendant à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé et rejeté ses autres demandes tendant au bénéfice d'une orientation et de mesures destinées à assurer son insertion professionnelle, ainsi qu'au versement de l'allocation adulte handicapé. Si M. C a sollicité la réévaluation de son taux d'incapacité à l'occasion du recours administratif préalable obligatoire qu'il a exercé à l'encontre de ces décisions le 21 janvier 2021, ce recours n'était pas exclusivement dirigé contre le refus de versement de l'allocation adulte handicapé, l'intéressé ayant également contesté le refus de lui attribuer une orientation et des mesures destinées à assurer son insertion professionnelle. Dans la présente instance, M. C ne conteste nullement la nouvelle décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du 21 septembre 2021 lui attribuant le bénéfice de l'allocation adulte handicapé à raison d'un taux d'incapacité réévalué entre 50 % et 80 %, mais demande seulement au tribunal d'annuler la décision de la commission du même jour prise sur son recours administratif préalable obligatoire l'orientant vers un établissement et service de pré-orientation. Contrairement à ce que soutient la maison martiniquaise des personnes en situation de handicap, cette décision, qui concerne l'orientation d'une personne handicapée et les mesures propres à assurer son insertion professionnelle et sociale, relève du 1° de l'article L. 241-6 cité précédemment du code de l'action sociale et des familles. Dans ces conditions, alors même que M. C, qui né en 1966, a la qualité d'adulte handicapé, le présent litige relève de la compétence de la juridiction administrative, en application du second alinéa de l'article L. 241-9 cité précédemment du code de l'action sociale et des familles. L'exception d'incompétence soulevée en défense par la maison martiniquaise des personnes en situation de handicap n'est dès lors pas fondée. Elle soit, par suite, être écartée.
Sur le bien-fondé de la requête de M. C :
4. L'article L. 5213-1 du code du travail dispose : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. " L'article L. 5213-2 du même code dispose : " La qualité de travailleur handicapé est reconnue par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 241-5 du code de l'action sociale et des familles. Cette reconnaissance s'accompagne d'une orientation vers un établissement ou service d'aide par le travail, vers le marché du travail ou vers un centre de rééducation professionnelle () ". L'article R. 5213-2 du même code dispose : " Des centres de pré-orientation contribuent à l'orientation professionnelle des travailleurs handicapés. / Ils accueillent, sur décision motivée de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, des travailleurs reconnus handicapés dont l'orientation professionnelle présente des difficultés particulières qui n'ont pu être résolues par l'équipe technique de cette commission. " L'article R. 5213-4 du même code dispose : " La pré-orientation est opérée dans le cadre d'un stage dont la durée est en moyenne et par stagiaire de huit semaines sans pouvoir excéder douze semaines () ". L'article R. 5213-5 du même code dispose : " Pendant son séjour en centre de pré-orientation, la personne handicapée est mise dans des situations de travail caractéristiques de catégories de métiers nettement différentes les unes des autres. Elle est informée des perspectives professionnelles que lui offrent ces métiers et mise en état de pouvoir élaborer un projet professionnel en liaison avec les services de Pôle emploi. " L'article R. 5213-6 du même code dispose : " A l'issue de la période de pré-orientation, le centre adresse à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées un rapport détaillé sur les souhaits et sur les capacités d'adaptation intellectuelles et physiques de la personne observée à l'exercice ou à l'apprentissage d'un métier. La commission se prononce au vu de ce rapport. "
5. En application des dispositions des articles L. 241-9 et L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles, les recours formés contre les décisions relatives aux orientations professionnelles concernant des travailleurs handicapés constituent des recours de plein contentieux. Dès lors, il appartient au juge de se prononcer lui-même sur les droits des intéressés, en se plaçant à la date où il rend sa décision, sauf à renvoyer à l'administration compétente, et sous son autorité, le règlement de tel aspect du litige dans des conditions précises qu'il lui appartient de fixer.
6. En l'espèce, M. C conteste la décision d'orientation professionnelle, prise par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées le 21 septembre 2021, vers établissement et service de pré-orientation au motif que son état de santé ne lui permettrait pas, selon lui, d'exercer une activité salariée ou une formation. Il produit à l'appui de sa requête un certificat médical établi par son médecin généraliste indiquant qu'il n'est pas apte à suivre une formation dans la mesure où la station debout prolongée lui est impossible, où le maintien de la station assise lui est difficile, où il se déplace avec une canne anglaise dans un périmètre de marche limité, où la mobilité de son poignet droit est limitée du fait d'une intervention chirurgicale survenue en 2018 et où il présente une tendinite au niveau du poignet gauche. Toutefois, ce seul élément, n'est pas de nature à établir que le handicap dont est atteint l'intéressé le rendrait inapte à l'exercice de toute activité professionnelle sur un poste ou dans un milieu adapté, alors même que le taux d'incapacité de l'intéressé a été fixé entre 50 % et 80 %. En outre, la décision litigieuse d'orientation vers un établissement et service de pré-orientation n'a pas pour objet d'orienter directement M. C vers le marché du travail. Elle vise au contraire à établir la capacité de l'intéressé à occuper un emploi compatible avec son handicap et à ce que la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées puisse de nouveau se prononcer sur son orientation, au vu du rapport détaillé mentionné à l'article R. 5213-6 cité précédemment du code du travail. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, qui a été prise sur la base notamment d'une évaluation médico-sociale, serait entachée d'erreur d'appréciation. Le moyen unique de la requête soulevé sur ce point doit, par suite, être écarté.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. C.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la maison martiniquaise des personnes en situation de handicap.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
V. B Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026