lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2100776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE FLOC'H |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 décembre 2021, le 9 mai 2022 et le 30 août 2022, la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique, représentée par Me Le Floc'h, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2021 par laquelle le directeur de la mer de la Martinique a réglementé la pêche de l'oursin blanc en la limitant à six jours du mois de novembre 2021, entre 6h et 12h, uniquement en plongée en apnée depuis un navire de pêche professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur de la mer de la Martinique d'autoriser une campagne de pêche de l'oursin blanc sur le littoral de la Martinique pour 2022 sans exclusion des plaisanciers ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au directeur de la mer d'autoriser une période de pêche de l'oursin blanc pour les plaisanciers dans le respect de la réglementation en vigueur ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir dès lors que ses statuts n'excluent pas la pêche en milieu maritime ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- les décisions du 10 février 2015 et du 14 octobre 2016 réglementant la pêche aux oursins blancs sont illégales au motif qu'elles méconnaissent le principe d'égalité au détriment des pêcheurs de loisirs, privés du droit de pratiquer cette pêche ;
- excessivement restrictive du droit de pêcher dès lors que l'oursin blanc n'est pas une espèce menacée, la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les articles L. 921-1 et L. 922-1 du code rural relatifs à l'objectif de maintien de cette pêche.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 février 2022, le 20 juin 2022 et le 21 octobre 2022, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, l'association requérante ne justifiant pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une intervention enregistrée le 9 mai 2022, M. D B, représenté par Me Le Floc'h, demande, par les mêmes motifs que ceux exposés par la fédération requérante, que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête.
Des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 et 8 novembre 2022, ont été produits par la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le décret n° 85-1284 du 28 décembre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Mme A représentant le préfet de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 octobre 2016, le préfet de la Martinique a réglementé la pêche des oursins blancs sur le littoral de la Martinique, celle-ci pouvant être ouverte certaines journées entre le 1er mai et le 31 décembre par décision du directeur de la mer de la Martinique. Le nombre de journées ouvertes ne peut dépasser dix, cette pêche n'étant autorisée qu'en apnée depuis un navire de pêche professionnelle. Par une décision du 28 octobre 2021, le directeur de la mer de la Martinique a autorisé la pêche de l'oursin blanc sur le littoral de la Martinique entre 6h00 et 12h00, uniquement depuis un navire de pêche professionnelle, les 8, 9, 11, 12, 15 et 16 novembre 2021. Par la présente requête, la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 434-3 du code de l'environnement : " Les associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique contribuent à la surveillance de la pêche, exploitent les droits de pêche qu'elles détiennent, participent à la protection du patrimoine piscicole et des milieux aquatiques et effectuent des opérations de gestion piscicole. () Dans chaque département, les associations agréées de pêche et de pisciculture et l'association agréée de pêcheurs amateurs aux engins et aux filets sur les eaux du domaine public sont obligatoirement regroupées en une fédération départementale des associations agréées de pêche et de pisciculture. () ". Aux termes de l'article L. 434-4 du code de l'environnement : " Les fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique ont le caractère d'établissement d'utilité publique. Elles sont chargées de mettre en valeur et de surveiller le domaine piscicole départemental. / A cet effet, elles participent à l'organisation de la surveillance de la pêche, à la protection du patrimoine piscicole et des milieux aquatiques. Elles coordonnent les actions des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique. Elles exploitent, dans l'intérêt des membres des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique du département, les droits de pêche qu'elles détiennent. Elles mènent des actions d'information et d'éducation en matière de protection des milieux aquatiques. / Elles peuvent, en outre, être chargées de toute autre mission d'intérêt général en rapport avec leurs activités. / La constitution de fédérations groupant les associations agréées de plusieurs départements peut être autorisée par le ministre chargé de la pêche en eau douce ". Ces deux articles sont dans le titre III du livre IV de la partie législative du code de l'environnement, lequel, selon l'article L. 431-3 de ce code, indique qu'il " s'applique à tous les cours d'eau, canaux, ruisseaux et plans d'eau, à l'exception de ceux visés aux articles L. 431-4, L. 431-6 et L. 431-7. / Dans les cours d'eau et canaux affluant à la mer, le présent titre s'applique en amont de la limite de la salure des eaux ".
3. Il résulte de ces dispositions que les fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique sont en charge de missions relatives aux activités de pêche en eau douce. Les dispositions précitées du code de l'environnement étaient, antérieurement au 31 décembre 2006, codifiées dans des termes similaires aux articles 402 et 415 de l'ancien code rural.
4. Il ressort des pièces du dossier que les statuts de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique, entrés en vigueur le 23 avril 1999, précisent à leur article 1er que l'association est constituée conformément à l'article 415 du code rural et au décret du 28 décembre 1985 relatif à la pêche en eau douce pratiquée par des amateurs. Il ne ressort d'aucun article de ces statuts que l'association requérante aurait une quelconque activité en matière de pêche maritime. La circonstance au demeurant non établie qu'elle aurait participé à l'élaboration du schéma départemental de vocation piscicole ne suffit pas à lui conférer un intérêt à agir contre des dispositions sans lien avec son objet statutaire. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la fédération requérante aurait étendu son activité à la pêche maritime. En conséquence, le préfet de la Martinique est fondé à soutenir que la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre la décision du 28 octobre 2021 du directeur de la mer de la Martinique, qui concerne la pêche en milieu marin.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique sont irrecevables. Par suite, elles doivent être rejetées.
Sur l'intervention de M. B :
6. Cette intervention est présentée à l'appui de la requête de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique. Cette requête étant, ainsi qu'il a été ci-dessus, irrecevable, l'intervention n'est en conséquence pas recevable.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique est rejetée.
Article 2 : L'intervention de M. B n'est pas admise.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques de la Martinique et au préfet de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026