jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200018 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRUNO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 janvier 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juillet 2021 par laquelle le maire de Fort-de-France lui a adressé un rappel à l'ordre ;
2°) d'enjoindre au maire de Fort-de-France d'appliquer la fiche de poste de chargé de mission et de mettre à jour son dossier individuel, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune de Fort-de-France à lui verser une somme de 3 500 euros en réparation du préjudice moral résultant du harcèlement professionnel qu'il subit.
Il soutient que :
- son dossier individuel, qu'il a pu consulter le 3 novembre 2021, est incomplet et comporte des pièces dont la numérotation a été raturée ;
- la décision attaquée a été irrégulièrement versée à son dossier ;
- elle ne formule pas précisément les manquements reprochés à l'agent ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'a ni désagrafé ni dispatché des pièces de son dossier individuel ;
- elle est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation s'agissant du manquement relevé à son obligation d'obéissance hiérarchique.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, la commune de Fort-de-France, représentée par Me Bruno, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable, la décision attaquée ne faisant pas grief.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la requête, le requérant ne justifiant pas avoir adressé à l'autorité administrative une demande indemnitaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 29 juillet 2021, le maire de la commune de Fort-de-France a adressé un rappel à l'ordre à M. C, technicien territorial affecté à la direction urbanisme de la commune, lui enjoignant de se conformer à son obligation d'obéissance hiérarchique. Par un recours gracieux du 30 août 2021, M. C a demandé le retrait de ce courrier qu'il présente comme une décision. Par la présente requête, il en demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Le dossier du fonctionnaire doit comporter toutes les pièces intéressant la situation administrative de l'intéressé, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité. "
3. A supposer même que le dossier de M. C, comme l'affirme l'intéressé sans être contredit, n'est pas tenu conformément aux dispositions de l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'acte litigieux. Par suite, le moyen soulevé par le requérant, tiré de ce que son dossier est incomplet et comporte des pièces raturées, est inopérant et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la circonstance que le courrier de rappel à l'ordre attaqué a été versé par l'administration au dossier de l'agent n'a pas davantage d'incidence sur la légalité de cet acte. Par suite, le moyen ainsi soulevé est également inopérant et doit être écarté. Il appartient à M. C, s'il s'y croit fondé de solliciter de son employeur que soit retiré de son dossier individuel un tel document.
5. En troisième lieu, l'acte attaqué reproche à M. C son " refus de prendre en charge les missions confiées par [son] supérieur hiérarchique ", constituant " un grave manquement à l'obligation d'effectuer les tâches confiées ainsi qu'à celle d'obéissance hiérarchique ". Le manquement ainsi reproché est suffisamment précis et vise sans ambiguïté l'obligation d'obéissance hiérarchique qui incombe à tout fonctionnaire. A supposer qu'il ait bien entendu soulever ce moyen, M. C n'est pas fondé à soutenir que le courrier litigieux est insuffisamment motivé en fait.
6. En quatrième lieu, l'acte attaqué reproche également à M. C d'avoir, lors de la consultation de son dossier le 2 septembre 2020, " désagrafé et dispatché les éléments d'un même courrier et interverti l'ordre de classement des documents de [son] dossier administratif ". Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des six vignettes photographiques présentées à la page 7 de la requête, que le reproche ainsi formulé reposerait sur des faits inexacts. Il s'ensuit que le moyen soulevé par M. C, tiré de ce que le courrier de rappel à l'ordre serait entaché d'erreur de fait, ne peut en tout état de cause qu'être écarté.
7. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. / Il n'est dégagé d'aucune des responsabilités qui lui incombent par la responsabilité propre de ses subordonnés ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. C se borne à soutenir qu'un doute sérieux pèse sur la légalité de la décision attaquée, sans assortir ses moyens tirés de la méconnaissance de son droit à la défense, de l'erreur de fait résultant selon lui de la subjectivité de la décision, de l'erreur de droit et de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des fonctionnaires des précisions intelligibles permettant de se prononcer sur leur bien fondé. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense par la commune de Fort-de-France, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle pas de mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
11. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
12. M. C ne justifie pas avoir adressé à l'administration une demande indemnitaire susceptible de faire naitre une décision. Dès lors, les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme demandée par la commune de Fort-de-France en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Fort-de-France au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Fort-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
H. Rouland-Boyer
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026