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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200022

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200022

jeudi 24 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200022
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantJURISCARIB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 janvier 2022 et le 6 mai 2022, Mme D B, représentée par Me Dinglor, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 12 juillet 2021 par laquelle la première adjointe au maire de la commune du Morne-Vert l'a informée du non-renouvellement de son contrat d'engagement à durée déterminée ;

2°) d'annuler la décision implicite, née suite au recours gracieux qu'elle a formé le 15 septembre 2021, par laquelle le maire de la commune du Morne-Vert a refusé de lui proposer un contrat à durée indéterminée ;

3°) de condamner la commune du Morne-Vert à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de la rupture de son dernier contrat d'engagement ;

4°) d'enjoindre au maire de la commune du Morne-Vert, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, de procéder à sa réintégration dans son emploi de responsable de cuisine de la crèche municipale et de reconstituer sa carrière ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;

5°) de mettre à la charge de la commune du Morne-Vert une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée du 12 juillet 2021 est entachée d'incompétence puisqu'il n'est pas établi que son auteur disposait d'une délégation régulière de pouvoir ;

- elle est entachée de vices de procédure dès lors que, en violation de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, le non-renouvellement n'a pas été précédé d'un entretien préalable et que le délai de prévenance de trois mois a été méconnu ;

- elle est également dépourvue de motif et de motivation dès lors que, contrairement à ce qu'elle indique, la commune n'avait décidé aucune restructuration de ses services ;

- elle viole directement le principe de légalité et est ainsi entachée d'une violation directe de la loi ;

- le non-renouvellement de son contrat constitue une mesure discriminatoire dont elle a été victime ;

- la décision est entachée de détournement de pouvoir puisqu'elle a pour but de la priver de son droit à bénéficier d'un contrat à durée déterminée après douze ans de bons et loyaux services, alors qu'elle est en conflit avec la commune sur la propriété d'un terrain familial ;

- la décision implicite attaquée née le 15 novembre 2021 refusant de lui proposer un contrat à durée indéterminée est entachée d'un défaut de motivation et est dépourvue de tout motif ;

- elle méconnaît les dispositions du II de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984, qui faisaient obligation à la commune de lui proposer un contrat à durée indéterminée, alors même qu'elle occupe un emploi permanent depuis le 17 mai 2010 ;

- les décisions attaquées ont gravement impacté son état de santé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2022, la commune du Morne-Vert conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la requête en l'absence de toute décision prise par l'administration sur une demande indemnitaire formée préalablement devant elle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 16 janvier 1984 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Nicolas, avocat de la commune du Morne-Vert.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D B a été recrutée le 17 mai 2010 par la commune du Morne-Vert en qualité d'agente de la crèche municipale, au titre d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi à durée déterminée de droit privé, puis d'un contrat unique d'insertion à durée déterminée de droit privé et, enfin, à compter du 8 août 2011, en vertu de contrats d'engagement à durée déterminée de droit public successifs. Par décision du 12 juillet 2021, la première adjointe au maire de la commune du Morne-Vert a informé l'intéressée du non-renouvellement de son dernier contrat d'engagement, qui arrivait à son terme le 31 août 2021. Mme B a alors formé, le 15 septembre 2021, un recours gracieux à l'occasion duquel elle a sollicité que la commune lui propose un contrat d'engagement à durée indéterminée. Dans la présente instance, elle demande au tribunal d'annuler la décision de la première adjointe au maire du 12 juillet 2021, portant non-renouvellement de son dernier contrat d'engagement, la décision implicite du maire rejetant sa demande de proposition d'un contrat d'engagement à durée indéterminée, ainsi que d'enjoindre à la commune, sous condition d'astreinte, de procéder à sa réintégration dans son emploi de responsable de cuisine de la crèche municipale et de reconstituer sa carrière ou, à défaut, de réexaminer sa situation. Mme B demande en outre à la juridiction de condamner la commune du Morne-Vert à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de la rupture de son dernier contrat d'engagement.

Sur l'irrecevabilité partielle des conclusions de la requête :

2. L'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées.

3. En l'espèce, Mme B n'a présenté auprès de l'administration aucune demande tendant au versement d'une indemnité, ni avant l'introduction du présent recours, ni en cours d'instance. Dans ces conditions, en l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision de rejet, expresse ou implicite, prise par la commune du Morne-Vert sur une quelconque demande indemnitaire formée par Mme B, les conclusions indemnitaires présentées par cette dernière sont irrecevables. Elles doivent, par suite, être rejetées à ce titre.

Sur le surplus de la requête :

En ce qui concerne la légalité du refus de transformation du contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée :

4. En premier lieu, l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. "

5. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B ait demandé que lui soient communiqués les motifs de la décision implicite par laquelle le maire de la commune du Morne-Vert a implicitement rejeté sa demande tendant à ce qu'un contrat d'engagement à durée indéterminée lui soit proposé. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune du Morne-Vert aurait méconnu l'obligation de motivation qui s'imposait à lui en rejetant son recours par une décision implicite. Le moyen soulevé sur ce point doit, par suite, être écarté.

6. En second lieu, l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dispose, dans sa version applicable au litige : " () II. - Tout contrat conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article 3-3 avec un agent qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. / La durée de six ans mentionnée au premier alinéa du présent II est comptabilisée au titre de l'ensemble des services accomplis auprès de la même collectivité ou du même établissement dans des emplois occupés sur le fondement des articles 3 à 3-3, à l'exception de ceux qui le sont au titre du II de l'article 3. Elle inclut, en outre, les services effectués au titre du deuxième alinéa de l'article 25 s'ils l'ont été auprès de la collectivité ou de l'établissement l'ayant ensuite recruté par contrat. / Pour l'appréciation de cette durée, les services accomplis à temps non complet et à temps partiel sont assimilés à des services effectués à temps complet. / Les services accomplis de manière discontinue sont pris en compte, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois () ". L'article 3-3 de la même loi dispose, dans sa version applicable au litige : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : / 1° Lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / 2° Lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; / 3° Pour les communes de moins de 1 000 habitants et les groupements de communes regroupant moins de 15 000 habitants, pour tous les emplois ; / 3° bis Pour les communes nouvelles issues de la fusion de communes de moins de 1 000 habitants, pendant une période de trois années suivant leur création, prolongée, le cas échéant, jusqu'au premier renouvellement de leur conseil municipal suivant cette même création, pour tous les emplois ; / 4° Pour les autres collectivités territoriales ou établissements mentionnés à l'article 2, pour tous les emplois à temps non complet lorsque la quotité de temps de travail est inférieure à 50 % ; / 5° Pour les emplois des communes de moins de 2 000 habitants et des groupements de communes de moins de 10 000 habitants dont la création ou la suppression dépend de la décision d'une autorité qui s'impose à la collectivité ou à l'établissement en matière de création, de changement de périmètre ou de suppression d'un service public () ".

7. Le maire de la commune de Morne-Vert a implicitement rejeté la demande formée par Mme B le 15 septembre 2021 tendant à ce que lui soit proposé un contrat d'engagement à durée indéterminée en application des dispositions citées précédemment du II. de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984. La commune indique dans son mémoire en défense que cette décision implicite se fonde sur le motif tiré de ce que le dernier contrat d'engagement de Mme B ne pouvait être reconduit en contrat à durée indéterminée en application des dispositions du II. de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984.

8. Il ressort des pièces du dossier que le dernier contrat d'engagement dont a bénéficié Mme B a été signé le 4 septembre 2018 et portait sur un recrutement d'une durée de trois ans, entre le 1er septembre 2018 et le 31 août 2021, pour occuper des fonctions de responsable de cuisine. D'une part, si ce contrat comporte, dans ses visas, la mention du 1° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, il précise toutefois, dans ses considérations préliminaires, un motif de recrutement différent justifié par " les besoins des services ou la nature des fonctions " et la circonstance que " aucun fonctionnaire n'a pu être recruté dans les conditions prévues par la loi du 26 janvier 1984 ". Il n'est pas établi, ni même simplement soutenu, qu'aucun cadre d'emplois de fonctionnaires ne pourrait assurer les fonctions confiées à la requérante, de sorte que la requérante ne peut être regardée comme bénéficiant d'un contrat d'engagement conclu en application du 1° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984. D'autre part, il est constant que les missions et responsabilités confiées à Mme B dans le cadre de ses fonctions de responsable de cuisine correspondent à des fonctions d'adjoint technique de catégorie C, ainsi que le mentionne le dernier contrat d'engagement, et ne relèvent dès lors pas du niveau hiérarchique des emplois de catégorie A. Il s'ensuit que la requérante ne peut être regardée comme bénéficiant d'un recrutement en application du 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984. Enfin, la commune de Morne-Vert n'est pas au nombre des collectivités publiques mentionnées aux 3° et 3° bis de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, tandis que la quotité horaire de 28 heures hebdomadaire prévue par le contrat d'engagement est en tout état de cause supérieure au taux de 50 % prévu au 4° de l'article. Dans ces conditions, alors même que la suppression de l'emploi de la requérante n'a pas été décidée dans les conditions prévues au 5° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, le dernier contrat d'engagement de Mme B ne peut être regardé comme ayant été conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application dudit article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune du Morne-Vert aurait méconnu les dispositions citées précédemment de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 en refusant de transformer son dernier contrat d'engagement en contrat à durée indéterminé et que sa décision serait dépourvue de tout motif.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à contester la légalité de la décision par laquelle le maire de la commune de Morne-Vert a refusé de transformer son dernier contrat d'engagement et de lui adresser dans ce cadre une proposition de contrat à durée indéterminée. Les conclusions de sa requête tendant à l'annulation de cette décision doivent, par suite, être rejetées.

En ce qui concerne la légalité du non-renouvellement du contrat d'engagement :

10. Le titulaire d'un contrat à durée déterminée, arrivé à échéance, ne saurait se prévaloir d'aucun droit au renouvellement de son contrat et, ce, alors même que l'intéressé a bénéficié de plusieurs contrats successifs. L'autorité compétente peut toujours décider, pour des motifs tirés de l'intérêt du service, de ne pas renouveler le contrat d'un agent public recruté pour une durée déterminée et, par là-même, de mettre fin aux fonctions de cet agent. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.

11. En l'espèce, la décision attaquée ne précise pas les motifs sur lesquels elle repose. La commune du Morne-Vert indique dans son mémoire en défense que le non-renouvellement du contrat d'engagement de Mme B se fonde sur un motif tiré de l'intérêt du service lié à restructuration de son service de restauration collective à laquelle elle a procédé à l'occasion de la mise en place d'une cuisine centrale commune au restaurant scolaire et à la crèche municipale. Toutefois, si elle fait valoir qu'elle disposait jusqu'en 2021 de deux cuisines de restauration collective, l'une située sur le site de son restaurant scolaire, où travaillaient onze agents dont un chef cuisinier et deux commis de cuisine, et l'autre sur le site de sa crèche municipale, dont Mme B était l'unique agente, et de ce que à compter de la rentrée scolaire de septembre 2021, la commune a décidé de remplacer ces deux cuisines, distantes géographiquement d'à peine une cinquantaine de mètres, par la mise en place d'une cuisine centrale unique alimentant les deux sites dans le cadre d'un circuit de production en liaison chaude, la requérante conteste en réplique la réalité de cette réorganisation des services. Malgré une demande d'instruction du 12 septembre 2022 qui lui a été adressée par le tribunal administratif, la commune du Morne-Vert ne verse au dossier aucun élément de nature à justifier de la réalité de la réorganisation des services, ne serait-ce qu'une délibération de son conseil municipal ou un compte-rendu de réunion d'une instance représentative du personnel. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la décision attaquée de non-renouvellement de son dernier contrat d'engagement est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'intérêt du service. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de légalité dirigés contre la décision de non-renouvellement du contrat d'engagement, qu'il y a lieu d'annuler la décision attaquée du 12 juillet 2021 portant non-renouvellement du dernier contrat d'engagement de Mme B.

En ce qui concerne l'injonction :

13. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas nécessairement que Mme B doive être réintégrée dans ses fonctions. Par suite, il y a seulement lieu d'enjoindre à la commune du Morne-Vert de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune du Morne-Vert demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune du Morne-Vert une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision attaquée du 12 juillet 2021 de la première adjointe au maire de la commune du Morne-Vert portant non-renouvellement du contrat d'engagement à durée déterminée de Mme B est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune du Morne-Vert de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune du Morne-Vert versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune du Morne-Vert présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune du Morne-Vert.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rouland-Boyer, présidente,

M. de Palmaert, premier conseiller,

M. Phulpin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.

Le rapporteur,

V. C

La présidente,

H. Rouland-BoyerLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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