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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200036

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200036

lundi 28 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200036
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKEITA-CAPITOLIN YASMINA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un bordereau de production de pièces, enregistrés le 24 janvier 2022 et le 7 février 2022, M. D C, représenté par Me Keïta Capitolin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2021 par lequel le maire de Fort-de-France a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la construction d'un immeuble de deux logements sur un terrain situé impasse du Merisier ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fort-de-France la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors que le projet, qui s'implante sur deux parcelles constitutives d'un même lot, n'a pas pour effet de procéder à la subdivision d'un lot ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions des articles L. 442-10 et R. 442-21 du code de l'urbanisme ne trouvent pas à s'appliquer ; si le terrain d'assiette est bien issu d'une division foncière, les obligations habituelles incombant au lotisseur ne sont pas applicables en l'espèce ;

- en refusant d'autoriser son projet de construction sur un terrain constitué de deux parcelles, le maire de Fort-de-France a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, la commune de Fort-de-France, représentée par Me Nicolas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. de Palmaert,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Keïta-Capitolin représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 18 février 2021, le maire de Fort-de-France ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A C pour la division en trois lots de deux parcelles, alors cadastrées section R n° 422 et 511, situées impasse du Merisier. Aux termes de cette décision, l'un des trois lots, dénommé lot n° 1, constructible, présente une superficie de 1 100 m². Le 18 octobre 2021, M. D C a présenté une demande de permis de construire pour édifier sur ce lot n° 1, composé des parcelles cadastrées section R n° 935 et 936, un immeuble de deux logements d'une surface de plancher totale de 221 m². Par un arrêté du 23 novembre 2021, le maire de Fort-de-France a refusé de délivrer ce permis de construire. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, il ressort des énonciations de l'arrêté attaqué que le refus de permis de construire a été opposé au motif que le projet de construction présenté a pour effet de subdiviser un lot d'un lotissement. Or, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, s'il est certes composé de deux parcelles, ne constitue qu'un seul et même lot, dénommé lot n° 1 dans l'arrêté du 18 février 2021 de non-opposition à déclaration préalable. Le requérant est donc fondé à soutenir que le maire de Fort-de-France a entaché son arrêté d'une erreur de fait dès lors que son projet de construction ne prévoit pas de subdiviser un lot.

3. D'autre part, l'arrêté litigieux est également entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il fait application de dispositions du code de l'urbanisme relatives au lotissement, non applicables à la demande de permis de construire présentée par M. C qui, comme dit précédemment, n'a pas pour effet de subdiviser un lot.

4. Enfin, compte tenu de la confusion opérée par l'autorité administrative dans l'examen de sa demande, M. C est fondé à soutenir que le maire de Fort-de-France a entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 23 novembre 2021, par lequel le maire de Fort-de-France a refusé de délivrer un permis de construire à M. C, doit être annulé.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Fort-de-France au titre des dépens et des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Fort-de-France la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de Fort-de-France du 23 novembre 2021 est annulé.

Article 2 : La commune de Fort-de-France versera à M. C la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Fort-de-France présentées au titre des articles

L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la commune de Fort-de-France.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Rouland-Boyer, présidente,

- M. de Palmaert, premier conseiller,

- M. Phulpin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.

Le rapporteur,

S. de Palmaert

La présidente,

H. Rouland-Boyer

Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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