jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200115 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MONOTUKA |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée le 24 février 2022, Mme L G épouse B, représentée par Me Monotuka, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 4 février 2022 par lesquelles le préfet de la Martinique lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale.
Elle soutient que les décisions attaquées :
- ont été signées par une autorité incompétente ;
- n'ont pas été signées de façon manuscrite ;
- méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique qui n'a pas produit de mémoire en défense.
II - Par une requête enregistrée le 24 février 2022, M. D B représentée par Me Monotuka, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 4 février 2022 par lesquelles le préfet de la Martinique lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale.
Il soutient que les décisions attaquées :
- ont été signées par une autorité incompétente ;
- n'ont pas été signées de façon manuscrite ;
- méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant haïtien né le 4 février 1978 à Gonaïves (Haïti), est entré en France le 26 septembre 2014 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a, en dernier lieu, été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 31 mai 2019 confirmée le 29 août 2019 par la Cour nationale du droit d'asile. L'intéressé a présenté une demande de titre de séjour, se prévalant de sa vie privée et familiale qu'il estime établie en France. Cette demande a été rejetée par une décision du 4 février 2022. Mme G épouse B, ressortissante haïtienne, née le 1er août 1983 à Gonaïves (Haïti), est entrée en France le 23 juin 2019 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 31 décembre 2019 confirmée le 13 juillet 2020. Elle a présenté le 19 octobre 2020 une demande de titre de séjour en la qualité d'étranger malade. Cette demande a été rejetée par une décision du 4 février 2022. Par les présentes requêtes, les époux B demandent l'annulation des décisions leur faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2200115 et n° 2200116 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 24 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° R02-2022-018 du 24 janvier 2022, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Martinique a donné délégation de signature à Mme H K, directrice de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme J A de Monchy, secrétaire générale de préfecture, de Mme C I, sous-préfète déléguée à l'égalité et à la cohésion sociale, et de M. F E, directeur de cabinet, tous les actes relevant des attributions de sa direction, y compris les décisions portant sur l'obligation de quitter le territoire français et pour les mesures d'exécution prises en application de ces décisions. Cette délégation inclut ainsi l'ensemble des arrêtés et décisions pris à l'égard des ressortissants étrangers, et notamment les obligations de quitter le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Il s'ensuit que Mme K était compétente pour signer, au nom du préfet de la Martinique, les décisions attaquées du 4 février 2022. Le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire doit, par suite, être écarté. Par ailleurs, les requérants soutiennent qu'il n'est pas démontré que les originaux des décisions attaquées ont été signés de façon manuscrite. Toutefois, en tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les décisions n'auraient pas été signées par Mme K de façon manuscrite.
4. En second lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation. Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. M. et Mme B soutiennent que les décisions attaquées portent une atteinte illégale à leur vie privée et familiale et sont contraires à l'intérêt supérieur de leurs deux enfants mineurs. Toutefois, s'il est vrai que M. B peut se prévaloir de sept années de présence sur le territoire français, il n'apporte aucune précision sur ses activités en France, sur les liens qu'il a pu y tisser ou sur ceux qu'il a pu conserver ou non à Haïti. Le couple a visiblement été séparé pendant près de cinq ans puisque Mme B n'est entrée en France qu'en juin 2019. L'intéressée n'apporte pas davantage de précision sur ses activités en France et sur l'intensité des liens personnels qu'elle a pu y tisser. Le couple se borne à faire valoir qu'il loue un logement à Saint-Pierre et que sa fille ainée est scolarisée en classe de sixième dans un collège public. Les requérants ne précisent pas davantage quels seraient les obstacles à un retour dans leur pays d'origine, tant pour eux que pour leurs deux enfants. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que, en prenant les décisions attaquées, le préfet de la Martinique a méconnu les dispositions citées au point précédent.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle pas de mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent pareillement être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme L G épouse B, à M. D B et au préfet de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Wallerich, président,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
M. N
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2-2200116
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026