jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200203 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MAZZA |
Vu la procédure suivante :
H une requête enregistrée le 29 mars 2022, M. A C, représenté H
Me Mazza, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2022 du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon en tant qu'elle ne reconnait pas l'imputabilité au service des congés de maladie pris H M. C postérieurement au 27 août 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon de le placer rétroactivement en congé de maladie imputable au service, de reconstituer ses droits, de le faire examiner H deux médecins experts qui se prononceront sur sa lombalgie et son syndrome anxio-dépressif, sur la date de consolidation éventuelle et sur une éventuelle incapacité physique permanente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de réforme n'a pas été consultée, qu'il n'a pas été examiné H un médecin agréé et que l'administration a décidé de façon arbitraire, sans avis médical, de la date de consolidation et de l'absence de séquelles ; le rapport du médecin de prévention ou du travail prévu à l'article 47-7 du décret du 14 mars 1986 n'a en outre pas été produit, et les délais prévus à l'article 47-5 du même décret n'ont pas été respectés ;
- le principe d'impartialité a été méconnu dès lors que la décision attaquée a été prise en réalité H son supérieur hiérarchique en dépit de leurs relations conflictuelles ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle ne reconnait pas l'imputabilité au service de ses souffrances psychiques et décide d'une consolidation de sa lombalgie au 27 août 2021 ;
- sa maladie est imputable au service dès lors qu'il n'existe aucune circonstance extérieure au contexte professionnel ni aucune faute de sa part qui détacherait du service sa décompensation constatée le 17 février 2021 ;
- les conditions de notification de la décision attaquée, apportée H la police à son domicile, sont constitutives d'un détournement de pouvoir.
H un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2022, le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. , M. C a été affecté en août 2018 au sein du service de la police aux frontières de Saint-Pierre-et-Miquelon, sur des fonctions . Le 17 février 2021, il a été victime d'une lombalgie basse contractée dans l'exercice de ses fonctions, provoquant son hospitalisation pendant cinq jours et un congé de maladie de plusieurs mois. H une décision du 27 janvier 2022, le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon a reconnu l'imputabilité au service de l'accident du 17 février 2021 et a fixé la consolidation " sans séquelles " de l'état de santé de M. C au 27 août 2021. H la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision en tant qu'elle refuse de reconnaitre l'imputabilité au service des congés de maladie pris postérieurement au 27 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés H la maladie ou l'accident. () / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice H le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. / () / .
3. H ailleurs, aux termes de l'article 47-9 du décret du 14 mars 1986 dans sa version alors en vigueur : " Au terme de l'instruction, l'administration se prononce sur l'imputabilité au service et, lorsqu'elle est constatée, place le fonctionnaire en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la durée de l'arrêt de travail. / () Pour obtenir la prolongation du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse un nouveau certificat médical à son administration précisant la durée probable de l'incapacité de travail. " Aux termes de l'article 47-10 du même décret : " Lorsqu'un fonctionnaire est en congé pour invalidité temporaire imputable au service, l'administration peut faire procéder à tout moment à sa contre-visite H un médecin agréé ".
4. En l'espèce, M. C a été hospitalisé du 17 au 24 février 2021 pour une lombalgie basse contractée dans l'exercice de ses fonctions. Un arrêt de travail a alors été prescrit H le Dr D jusqu'au 5 mars 2021 pour cause de " lombalgies aigues dans un contexte de surmenage ". L'arrêt de travail a été prolongé à plusieurs reprises et pour le même motif H le Dr B qui, le 28 janvier 2022, a prescrit un nouvel arrêt de travail d'une durée de quatre mois. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir fait examiner M. C H le Dr E, médecin inspecteur régional des services centraux, le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon, H la décision attaquée, a reconnu l'imputabilité au service de l'accident du 17 février 2021 pour la seule période courant jusqu'au 27 août 2021, date à compter de laquelle l'intéressé est considéré comme " consolidé sans séquelles ". Or, dès lors que le congé de maladie de M. C était imputable au service, ainsi que l'a décidé l'administration pour la période du 17 février au 27 août 2021, les congés de maladie ultérieurs ne pouvaient être légalement déclarés non-imputables au service sans une saisine préalable d'un médecin agréé, en application des dispositions citées au point précédent. Il est constant que M. C n'a pas été examiné H un médecin agréé préalablement à la décision attaquée du 27 janvier 2022. H suite, il est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un vice de procédure.
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues H les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Quand bien même il ne revêt qu'un caractère consultatif, l'avis du médecin agréé contribue à garantir que la décision prise sur une demande de reconnaissance de l'imputabilité d'un accident ou d'une pathologie au service le sera de façon éclairée. Il s'ensuit que le vice de procédure qui entache la décision attaquée est de nature à entrainer son annulation.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 27 janvier 2022 du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon doit être annulée en tant qu'elle déclare non-imputable au service les congés de maladie pris H M. C postérieurement au 27 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui annule la décision attaquée pour un vice de procédure, n'implique pas nécessairement d'enjoindre à l'autorité administrative de reconnaitre que la maladie de M. C est, depuis le 27 août 2021, imputable au service, et de le rétablir dans tous ses droits à compter de cette date.
8. En revanche, le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que l'autorité administrative réexamine la demande de M. C et prenne une nouvelle décision après une nouvelle instruction qui devra être menée dans le respect des dispositions du décret du 14 mars 1986. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans l'attente de ce réexamen, les congés de maladie pris postérieurement au 27 août 2021 devront être considérés, à titre provisoire, comme imputables au service.
Sur les frais liés au litige :
9. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dans les circonstances de l'espèce, l'Etat versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon du 27 janvier 2022 est annulée en tant qu'elle déclare non-imputable au service le congé de maladie pris H M. C postérieurement au 27 août 2021.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon de prendre une nouvelle décision après réexamen de la demande de M. C dans les conditions précisées au point 8, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Copie en sera délivrée au ministre délégué aux outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wallerich, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public H mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
M. G
La greffière,
S. Demontreux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026