jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un bordereau de production de pièces et un mémoire, enregistrés les 18 avril 2022, 21 avril 2022 et 13 juillet 2022, la société Le bon repas demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles le directeur régional des finances publiques de la Martinique a rejeté ses dix demandes d'aides financières présentées entre juin et novembre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19.
Elle soutient que :
- son activité a commencé en avril 2016, soit antérieurement au 31 janvier 2021 ;
- elle a bénéficié du fonds de solidarité au titre de l'année 2021 ;
- elle ne se trouvait pas en liquidation judiciaire au 1er mars 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, car tardive, et qu'elle n'est pas fondée.
Par un courrier du 22 novembre 2022, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de prononcer une injonction d'office dans la présente affaire.
Le directeur régional des finances publiques a produit en réponse un courrier, enregistré le 1er décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Le bon repas a sollicité le bénéfice de subventions au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Dix demandes ont ainsi été présentées, au titre des mois de janvier à septembre 2021, les 8 et 30 juin 2021, le 20 octobre 2021 et le 2 novembre 2021. Elles ont toutes été rejetées par des décisions prises le même jour. Par la présente requête, la société Le bon repas demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées ont été notifiées à la société Le bon repas avec la mention des voies et délais de recours contentieux. Dans ces conditions, ne peuvent être opposés à la requête de l'intéressée, ni le délai prévu par les dispositions de l'article R.421-1 précitées, faute de notification régulière, ni le délai raisonnable prévu en application du principe de sécurité juridique rappelé au point précédent, la requête ayant été introduite dans un délai raisonnable, moins d'un an après la plus ancienne des dates de notifications. Il suit de là que, la requête n'étant pas tardive, la fin de non-recevoir soulevée en défense par l'administration doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes du l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 : " Il est institué, jusqu'au 31 décembre 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. () ".
6. Aux termes du V de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020 : " Pour chaque période mensuelle considérée, la demande est accompagnée des justificatifs suivants : une déclaration sur l'honneur attestant que l'entreprise remplit les conditions prévues par le présent décret et l'exactitude des informations déclarées, ainsi que l'absence de dette fiscale ou sociale impayée au 31 décembre 2019, à l'exception de celles qui, à la date de dépôt de la demande d'aide prévue par le présent décret, ont été réglées ou sont couvertes par un plan de règlement. Il n'est pas tenu compte des dettes fiscales inférieures ou égales à un montant total de 1 500 euros ni de celles dont l'existence ou le montant font l'objet au 1er octobre 2020 d'un contentieux pour lequel une décision définitive n'est pas intervenue ". Ces dispositions, applicables à la période de juin à septembre 2021, étaient également applicables, en vertu d'autres dispositions du même décret, pour les mois de janvier à mai 2021.
7. Il ressort des pièces du dossier que les décisions de rejet opposées aux demandes d'aides financières présentées par la société Le bon repas, qui ne sont pas formellement motivées, auraient été prises au motif de l'irrégularité de la situation fiscale de la société pétitionnaire. Or, il ressort de l'attestation de régularité fiscale versée aux débats que la société Le bon repas était, à la date du 27 mai 2021, soit antérieurement à la présentation de ses demandes d'aides financières, à jour de ses obligations fiscales au regard de la TVA et de l'impôt sur les sociétés. Si l'administration fait valoir en défense que la société requérante s'est acquittée avec retard de ses obligations déclaratives, la condition tirée de l'absence de défaillance déclarative n'est pas exigée par le décret du 30 mars 2020, lequel prévoit seulement, au stade de la déclaration, de fournir une estimation du montant de la perte de chiffre d'affaires et l'absence de dette fiscale ou sociale impayée au 31 décembre 2019. Il suit de là que la société requérante est fondée à soutenir que les décisions litigieuses sont entachées d'illégalité.
8. Il résulte de ce qui précède que les décisions du 8 juin, 30 juin, 20 octobre et 2 novembre 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques de la Martinique a rejeté les demandes d'aides financières de la société Le bon repas, présentées au titre des mois de janvier, mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021 doivent être annulées.
Sur l'injonction d'office :
9. Aux termes de l'article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
10. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration prenne à nouveau des décisions après une nouvelle instruction des demandes d'aides financières présentées par la société Le bon repas. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au directeur régional des finances publiques de la Martinique de procéder à cette nouvelle instruction, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 8 juin 2021, 30 juin 2021, 20 octobre 2021 et 2 novembre 2021 du directeur régional des finances publiques de la Martinique sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur régional des finances publiques de la Martinique d'instruire à nouveau les demandes de la société Le bon repas, présentées au titre des mois de janvier, mars, avril, mai, juin, juillet, août et septembre 2021, et de prendre de nouvelles décisions dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Le bon repas et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
H. Rouland-Boyer
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026