jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JURISCARIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2022, un mémoire complémentaire, enregistré le 18 juillet 2022, et des pièces complémentaires, enregistrées le 13 mai 2022, M. D B, représenté par Me Turolla, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de la commune de Fort-de-France a retiré le permis tacite dont il était bénéficiaire suite à la demande de permis d'aménager qu'il a déposée le 10 juin 2021 en vue de la création d'un lotissement comprenant la construction d'un ensemble immobilier comportant 150 logements de types T2 à T4, sur une parcelle située lieu-dit E à Fort-de-France ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Fort-de-France de lui délivrer le permis d'aménagement sollicité ou un certificat de permis tacite, et de procéder aux frais de la commune à la publicité de ce permis ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fort-de-France une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure contradictoire n'a pas été respectée puisqu'il n'a pas disposé d'un délai suffisant pour présenter ses observations et que la lettre d'information préalable ne mentionnait pas les motifs du retrait ;
- l'arrêté attaqué, qui ne comporte que des considérations génériques et imprécises, est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté est illégal dans la mesure où il lui a été notifié au-delà du délai de trois mois fixé par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnait encore l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors que le permis tacite retiré dont il était titulaire n'était pas lui-même illégal ;
- en effet, le permis tacite n'était pas contraire à l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme puisque l'avis rendu par l'établissement ODYSSI n'évoquait aucune problématique d'extension du réseau public d'eau potable ;
- ce permis tacite ne méconnaissait pas non plus l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme dans la mesure où aucune orientation d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme en révision ne s'opposait au projet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, et des pièces complémentaires, enregistrées le 14 juin 2022, la commune de Fort de France, représentée par Me Nicolas, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en application de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, le maire se trouvait en situation de compétence liée pour procéder au retrait du permis tacite dès lors qu'il n'existe aucun programme d'extension du réseau public de distribution d'eau potable ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des postes et des télécommunications électroniques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Turolla, avocate de M. B, et de Me Audrey Nicolas, avocate de la commune de Fort-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B a déposé le 10 juin 2021 une demande de permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement comprenant la construction d'un ensemble immobilier comportant 150 logements de types T2 à T4, sur une parcelle située lieu-dit E à Fort-de-France. Cette demande a donné lieu à l'issue du délai d'instruction à la délivrance au profit de l'intéressé d'un permis d'aménager tacite. Toutefois, par arrêté du 8 février 2022, le maire de Fort-de-France a prononcé le retrait de ce permis tacite. M. B a alors formé un recours gracieux par un courrier daté du 15 février 2022, qui est resté sans réponse. Dans la présente instance, il demande au tribunal administratif d'annuler cet arrêté et d'enjoindre au maire de la commune de Fort-de-France de lui délivrer le permis d'aménager sollicité ou un certificat de permis tacite ainsi que de procéder aux frais de la commune à la publicité du permis d'aménager.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué du 8 février 2022 :
En ce qui concerne l'existence d'une situation de compétence liée :
2. L'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dispose : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ".
3. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
4. En l'espèce, il ressort du dossier de demande de permis d'aménagement déposé par M. B, en particulier des plans d'alimentation en eau potable et de la note technique du bureau d'étude privé mandaté par le pétitionnaire, que le projet de construction prévoit la mise en place, au niveau du branchement d'eau potable, d'un dispositif dit de " bâche tampon ". Ce dispositif consiste en l'installation, entre le raccordement au réseau public d'eau potable et le système interne de surpression permettant l'acheminement de l'eau potable jusqu'aux différents logements, de réserves d'eau potable tampon d'une capacité de 20 m3 pour chacun des différents lots du projet, de façon à réguler à toute heure la consommation d'eau potable et à assurer un débit d'eau potable constant et limité sur la journée entière, même lors des pics de consommation. Si le directeur général de l'établissement public ODYSSI, en charge de la gestion de l'exploitation du service public d'eau potable, que le maire de la commune de Fort-de-France a saisi dans le cadre de l'instruction de la demande de M. B, a rendu un avis défavorable au projet, celui-ci ne se fonde nullement sur la nécessité de réaliser de quelconques travaux de renforcement ou d'extension du réseau public d'eau potable. Il retient seulement la nécessité qu'une modélisation hydraulique soit réalisée afin de garantir que le dispositif dit de " bâche tampon " permettra une distribution en eau potable conforme au règlement du service d'eau potable s'agissant des débits et pressions. Dans ces conditions, alors que l'administration n'apporte aucun autre élément sur la configuration technique du réseau à l'appui de son mémoire en défense, il n'est pas établi que le projet de construction litigieux nécessiterait, pour pouvoir être raccordé au réseau public d'eau potable, la réalisation de travaux d'extension ou de renforcement dudit réseau public. Il s'ensuit que la commune de Fort-de-France n'est pas fondée à soutenir que l'application des dispositions de l'article L.111-11 précédemment citées du code de l'urbanisme la plaçait en situation de compétence liée pour retirer le permis d'aménager accordé à M. B.
En ce qui concerne les moyens de légalités soulevés par le requérant :
5. En premier lieu, l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " L'article L. 122-1 du même code dispose : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales () ". L'article L. 211-2 du même code auquel il est ainsi renvoyé dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". La décision portant retrait d'un permis d'aménager est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Les dispositions précitées font également obligation à l'autorité administrative de faire droit, en principe, aux demandes d'audition formées par les personnes intéressées en vue de présenter des observations orales, alors même qu'elles auraient déjà présenté des observations écrites. Ce n'est que dans le cas où une telle demande revêtirait un caractère abusif qu'elle peut être écartée.
6. En l'espèce, le maire de la commune de Fort-de-France a adressé à M. B un courrier daté du 27 janvier 2022 l'informant de ce qu'il envisageait de prononcer le retrait du permis d'aménagement tacite dont il était titulaire, en lui précisant les motifs pour lesquels un tel retrait était envisagé et en lui indiquant qu'il disposait d'un délai de 8 jours pour présenter ses observations écrites. Toutefois, il ressort de la fiche de suivi postale que ce courrier a été notifié par pli recommandé avec demande d'avis de réception. Avisé de la présentation du courrier le 1er février 2022, M. B a retiré le pli recommandé au bureau de poste le 7 février 2022, soit dans le délai réglementaire de délai de quinze jours prévu par l'article R. 1-1-6 du code des postes et des communications électroniques. Dans ces conditions, alors même que l'arrêté attaqué prononçant le retrait effectif du permis d'aménagement tacite a été édicté le 8 février 2022, soit le lendemain même de la date à laquelle l'intéressé a retiré le pli, M. B ne peut être regardé comme ayant disposé d'un délai suffisant pour présenter ses observations écrites. Il est dès lors fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure irrégulière et que cette irrégularité l'a privé d'une garantie. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
7. En deuxième lieu, l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
8. En l'espèce, l'arrêté attaqué se borne à indiquer, au titre du second motif qu'il retient tiré de la méconnaissance de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme, que le projet n'est pas compatible avec les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme en révision, sans préciser quelles orientations seraient méconnues ni les raisons pour lesquelles celles-ci seraient méconnues. Une telle motivation en fait ne permet pas de comprendre, à la seule lecture de l'arrêté, les raisons pour lesquelles le projet serait susceptible de compromettre la réalisation des orientations d'aménagement et de programmation citées. Ainsi, quand bien même il comporte l'ensemble des considérations de droit sur lesquelles il repose ainsi que des considérations en fait suffisantes s'agissant du premier motif qu'il retient tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué ne répond pas aux exigences de motivation définies par l'article L. 211-5 cité précédemment du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen doit, par suite, être accueilli.
9. En troisième lieu, d'une part, l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dispose : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ". Compte tenu de l'objectif de sécurité juridique poursuivi par le législateur, l'autorité compétente ne peut rapporter une décision de non-opposition à une déclaration préalable, tacite ou explicite, que si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire de la décision de non-opposition à une déclaration préalable avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle cette décision de non-opposition à une déclaration préalable a été accordée.
10. D'autre part, l'article L. 424-2 du même code dispose : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction () ". L'article R. 423-19 du même code dispose : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. " L'article R. 432-23 du même code dispose : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. " L'article R. 423-42 du même code dispose : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : / a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; () ".
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le dossier complet de la demande de permis d'aménagement de M. B a été déposé en mairie le 10 juin 2021. Par courrier daté du 9 juillet 2021, le maire de la commune de Fort-de-France a informé le pétitionnaire de ce que le délai d'instruction de sa demande de trois mois était prolongé et porté à cinq mois en raison de la nécessité de procéder à la consultation de plusieurs autorités administratives. A supposer même que ce courrier de l'administration ait valablement eu pour effet de reporter le délai d'instruction et de porter celui-ci à cinq mois, M. B, compte-tenu du silence gardé par l'administration sur sa demande, doit être regardé comme étant bénéficiaire d'un permis d'aménagement tacite au plus tard à la date du 10 novembre 2021. Il ressort des accusés postaux produits par le requérant que l'arrêté attaqué du 8 février 2022 portant retrait de ce permis d'aménagement tacite n'a été effectivement notifié à son destinataire par lettre recommandée avec accusé de réception que par un pli qui a été présenté pour la première fois le 15 février 2022, soit plus de trois mois après la date du 10 novembre 2021. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué du 8 février 2022 lui a été notifié au-delà du délai de retrait de trois mois prévu par l'article L. 424-5 cité précédemment du code de l'urbanisme. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
12. En quatrième lieu, d'une part, il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 4. qu'il n'est pas établi que le projet de construction litigieux nécessiterait la réalisation de travaux d'extension ou de renforcement du réseau public d'eau potable. Il s'ensuit que M. B est fondé à soutenir que le premier motif retenu par le maire de la commune de Fort-de-France, tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 cité précédemment du code de l'urbanisme, ne pouvait légalement fonder l'arrêté attaqué de retrait du permis d'aménagement tacite dont il était titulaire.
13. D'autre part, l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme dispose : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. "
14. En l'espèce, le maire de la commune de Fort-de-France a également fondé la mesure de retrait du permis d'aménagement tacite dont était titulaire M. B sur un second motif tiré de ce que le projet de construction n'est pas compatible avec les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme en révision de la commune. Toutefois, ni le corps des motifs de l'arrêté attaqué, ni le mémoire en défense de la commune ne précise celles des orientations d'aménagement ou de programmation du plan local d'urbanisme qui seraient incompatibles avec le projet. Une telle incompatibilité ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le second motif retenu par le maire de la commune de Fort-de-France, tiré de la méconnaissance de l'article L. 152-1 cité précédemment du code de l'urbanisme, ne pouvait légalement fonder l'arrêté attaqué de retrait du permis d'aménagement tacite dont il était titulaire.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnait également l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors que le permis d'aménagement tacite dont il était titulaire n'était pas lui-même illégal. Le moyen soulevé ainsi doit, par suite, être accueilli.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté attaqué du maire de Fort-de-France du 8 février 2022 portant retrait du permis d'aménagement tacite délivré à M. B.
Sur l'injonction :
17. L'annulation prononcée au point précédent implique par elle-même le retour à l'état de vigueur du permis d'aménagement tacite dont M. B était titulaire suite au silence gardé par l'administration à l'issue du délai d'instruction de sa demande déposée le 10 juin 2021. Ainsi, le présent jugement n'implique nullement que l'administration édicte un arrêté exprès portant délivrance dudit permis d'aménager. Il n'implique pas davantage que la commune procède à ses frais à une quelconque formalité de publicité de ce permis d'aménagement tacite. En revanche, le présent jugement implique que le maire de la commune de Fort-de-France délivre à M. B le certificat de permis tacite prévu à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme. Par suite, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu pour le tribunal administratif d'ordonner cette mesure d'injonction, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présence instance, la somme que la commune de Fort-de-France demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions, et de mettre à la charge de la commune de Fort-de-France une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté attaqué du maire de la commune de Fort-de-France en date du 8 février 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Fort-de-France de délivrer à M. B le certificat de permis tacite prévu à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Fort-de-France versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Fort-de-France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la commune de Fort-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
Le rapporteur,
V. C
La présidente,
H. Rouland-BoyerLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026