mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | BERGER, THIRY Associés (BTA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2022, la société RC Jambette, représentée par Me Thiry, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties mises à sa charge au titre de l'année 2020, pour un montant de 75 864 euros en droits et 7 587 euros en pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens ainsi que la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les informations en sa possession ne lui permettent pas de comprendre et contrôler les éléments d'imposition et les rectifications opérées par l'administration sur plusieurs années ;
- l'immeuble litigieux n'a pas fait l'objet de travaux conséquents depuis 2016 susceptibles de l'assimiler, même pour partie, à une construction neuve, ni de modification d'affectation, ni de contentieux ;
- tous les éléments nécessaires à la compréhension de cette imposition doivent lui être communiqués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La société RC Jambette a produit un mémoire en réplique, enregistré le 4 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture d'instruction intervenue le 30 novembre 2022. Ce mémoire n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Une note en délibéré, présentée par Me Thiry pour le compte de la Sarl RC Jambette, a été enregistrée le 20 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société RC Jambette a reçu trois avis de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020, pour des montants avec pénalités de 7 332 euros, 46 536 euros et 21 996 euros, à raison de trois locaux professionnels qu'elle n'avait pas déclarés à l'administration fiscale. Elle a contesté ces impositions par une réclamation préalable du 28 avril 2021, rejetée par une décision du 11 février 2022. Par la présente requête, elle en demande la décharge.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1508 du code général des impôts : " Les rectifications pour insuffisances d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties prévues aux articles 1406 et 1502, et de celles prévues au XVII de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 font l'objet de rôles particuliers jusqu'à ce que les bases rectifiées soient prises en compte dans les rôles généraux. / Les cotisations afférentes à ces rehaussements sont calculées d'après les taux en vigueur pour l'année en cours. Sans pouvoir être plus que quadruplées, elles sont multipliées : Soit par le nombre d'années écoulées depuis la première application des résultats de la révision, / Soit par le nombre d'années écoulées depuis le 1er janvier de l'année suivant celle de l'acquisition ou du changement, s'il s'agit d'un immeuble acquis ou ayant fait l'objet de l'un des changements visés à l'article 1517 depuis la première application des résultats de la révision. / Pour les locaux évalués selon les règles prévues à l'article 1498, la première année d'application des résultats de la révision s'entend de 2017 ".
3. Il résulte de l'instruction que la société RC Jambette était imposée jusqu'en 2020 sur la base de deux locaux d'une surface totale de 2 367 m². Au titre de l'année 2020, trois avis d'impositions supplémentaires ont été émis correspondant à trois locaux professionnels qui n'avaient pas été déclarés à l'administration fiscale par la société requérante, situés zone de Gros la Jambette sur le territoire de la commune du Lamentin, d'une surface totale de 2 300 m². Se bornant à soutenir qu'elle ne dispose pas d'éléments suffisants pour comprendre et contrôler les impositions supplémentaires mises à sa charge, la société RC Jambette n'articule aucun véritable moyen de légalité portant sur la régularité ou le bien fondé des impositions litigieuses. Elle ne conteste pas avoir omis de déclarer les trois locaux professionnels objets de l'imposition supplémentaire. Elle ne conteste pas non plus la surface totale retenue par l'administration pour les cinq locaux, soit 4 667 m², qui s'avère au demeurant moindre que la surface de 5 528 m² finalement déclarée par la société le 17 juin 2022, après mesurage effectué par un géomètre. Si la société requérante s'étonne des termes " construction neuve " et " modification suite à contentieux " relevés dans un tableau des surfaces imposées établi par l'administration, celle-ci observe sans être contredite que ces termes génériques sont issus de son application informatique et n'ont eu aucune incidence particulière sur le calcul de l'imposition supplémentaire. Il s'ensuit qu'à le supposer véritablement soulevé, le moyen tiré de l'erreur commise par l'administration dans l'établissement des impositions supplémentaires litigieuses n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Il ne peut dès lors qu'être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société RC Jambette est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL RC Jambette et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
S. de Palmaert
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026