jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | CATOL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 19 décembre 2022, la société Bedeschi, représentée par Me Cloix, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par le président du directoire du grand port maritime de la Martinique sur ses demandes du 28 décembre 2021, du 29 décembre 2021 et du 9 mars 2022, tendant à obtenir la communication de divers documents relatifs à la procédure d'attribution du marché public conclu le 20 décembre 2021, en vue de l'acquisition de portiques à conteneurs de type " over panamax low profile " pour le terminal de la Pointe des grives, à Fort-de-France ;
2°) d'enjoindre au président du directoire du grand port maritime de la Martinique, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, de lui communiquer les documents demandés ;
3°) de mettre à la charge du grand port maritime de la Martinique la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le refus de communication des documents demandés porte atteinte au droit d'accès aux documents administratifs, garanti par les articles L. 300-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que la communication de ces documents ne porte aucune atteinte au secret des affaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, le grand port maritime de la Martinique, représenté par Me Catol, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet, et à ce que soit mise à la charge de la société Bedeschi la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions présentées par la société requérante sont en partie devenues sans objet, dès lors que celle-ci a obtenu communication, en cours d'instance, d'une partie des documents demandés ;
- ces conclusions sont irrecevables, dès lors que la société requérante a présenté des conclusions similaires, dans le cadre d'un recours de plein contentieux destiné à contester la validité du contrat ;
- la communication des documents demandés par la société requérante porterait atteinte au secret des affaires.
La requête a été régulièrement communiquée à la société Automatismes études services, qui n'a produit aucune observation.
Par une mesure d'instruction, le magistrat désigné a ordonné au grand port maritime de la Martinique de produire les documents demandés par la société Bedeschi, sans que celle-ci puisse en prendre connaissance au cours de l'instance.
Le grand port maritime de la Martinique a produit les documents demandés, le 24 mai 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur la demande présentée par la société Bedeschi le 9 mars 2022, cette demande n'ayant pas été régulièrement adressée au grand port maritime de la Martinique et n'ayant pu faire naître aucune décision administrative.
La société Bedeschi a présenté des observations sur ce moyen, le 5 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lancelot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot,
- les conclusions de Mme Monnier-Besombes, rapporteure publique désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative,
- et les observations de Me Catol, avocat du grand port maritime de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence, publié le 29 janvier 2020, le grand port maritime de la Martinique a lancé une consultation pour l'attribution d'un marché public, portant sur l'acquisition de portiques à conteneurs de type " over panamax low profile " pour le terminal de la Pointe des grives, à Fort-de-France. Par un courrier du 20 décembre 2021, la société Bedeschi a été informée que l'offre, qu'elle avait déposée en vue de l'attribution de ce marché, était rejetée, et que le marché était attribué à un groupement conjoint composé de la société Automatismes études services et de la société Dinson industries corporation. Par deux courriers du 28 et du 29 décembre 2021, la société Bedeschi a sollicité, auprès du grand port maritime de la Martinique, la communication du rapport de présentation du marché, des procès-verbaux d'ouverture des plis, du rapport d'analyse des candidatures, du rapport d'analyse des offres, du dossier de candidature du groupement attributaire, de ses certificats de conformité sociale et fiscale, de divers éléments figurant dans l'offre du groupement attributaire, en particulier la note de calcul des charges, l'identification du nombre de roues par angle, l'espacement entre les boggies, le descriptif technique des opérations d'installation des équipements, la marque et les produits proposés s'agissant du matériel électrique, et l'offre de prix, ainsi que des questions posées au groupement attributaire lors des négociations et des réponses apportées par ce dernier. Ces deux demandes n'ont fait l'objet d'aucune réponse du grand port maritime de la Martinique, et la société Bedeschi a alors saisi la Commission d'accès aux documents administratifs, qui a émis, le 21 mars 2022, un avis favorable à la communication des documents demandés, sous réserve de la préservation du secret des affaires. Parallèlement, par un nouveau courrier du 9 mars 2022, la société Bedeschi a sollicité la communication du marché conclu le 20 décembre 2021 entre le grand port maritime de la Martinique et le groupement attributaire. Cette demande n'a également fait l'objet d'aucune réponse du grand port maritime de la Martinique. Par la présente requête, la société Bedeschi demande au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet résultant du silence gardé sur ses demandes du 28 décembre 2021, du 29 décembre 2021 et du 9 mars 2022, et d'enjoindre au président du directoire du grand port maritime de la Martinique de lui communiquer les documents demandés.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par le grand port maritime de la Martinique :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 18 mai 2022, postérieur à l'introduction de la requête, le président du directoire du grand port maritime de la Martinique a communiqué à la société Bedeschi une partie des documents demandés, en particulier les procès-verbaux d'ouverture des plis, le rapport d'analyse des candidatures, le rapport d'analyse des offres et le compte rendu des négociations engagées entre le grand port maritime de la Martinique et le groupement attributaire. Il est constant que ces documents ont été communiqués dans leur intégralité, sans aucune occultation. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation, dirigées contre le refus de communication de ces documents, sont devenues sans objet, et il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. En revanche, si une partie des informations contenues dans l'offre du groupement attributaire ont été communiquées à la société Bedeschi, il ressort des termes mêmes du courrier du président du directoire du grand port maritime de la Martinique du 18 mai 2022 que ces informations n'ont été communiquées que de manière partielle. En particulier, la société Bedeschi soutient, sans être contredite, que ne lui ont pas été communiqués les éléments de prix relatifs aux tranches optionnelles du marché, le dossier de candidature et, en particulier, les certificats de conformité fiscale et sociale, le descriptif technique des opérations sur le chantier, les notes de calcul des charges, la détermination du nombre de roues par angle, et le choix des marques et produits proposés pour le matériel électrique. De même, il est constant que la société Bedeschi n'a pas obtenu communication du rapport de présentation du marché, et du marché proprement dit. Dans cette mesure, les conclusions aux fins d'annulation des décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par le grand port maritime de la Martinique sur les demandes présentées par la société Bedeschi le 28 décembre 2021, le 29 décembre 2021 et le 9 mars 2022, conservent donc leur objet.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le grand port maritime de la Martinique :
4. La circonstance que, postérieurement à l'introduction de la présente requête, la société Bedeschi a présenté un recours de plein contentieux, enregistré sous le n° 2200308, et tendant à contester la validité du contrat conclu entre le grand port maritime de la Martinique et le groupement attributaire, à l'appui duquel la société Bedeschi sollicite également, à titre accessoire, qu'il soit enjoint au grand port maritime de la Martinique, avant dire droit, de communiquer les documents demandés, est sans aucune incidence sur la recevabilité de la présente requête, qui s'apprécie à la date à laquelle elle a été introduite. Par suite, la fin de non-recevoir, opposée en défense par le grand port maritime de la Martinique, ne peut qu'être écartée.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le grand port maritime de la Martinique sur la demande présentée par la société Bedeschi le 9 mars 2022, relative à la communication du marché conclu avec le groupement attributaire :
5. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargés d'une telle mission ". Aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article R. 311-12 du même code : " Le silence gardé par l'administration, saisie d'une demande de communication de documents en application de l'article L. 311-1, vaut décision de refus ". Aux termes de l'article R. 311-13 du même code : " Le délai au terme duquel intervient la décision mentionnée à l'article R. 311-12 est d'un mois à compter de la réception de la demande par l'administration compétente ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la demande, présentée par la société Bedeschi le 9 mars 2022, tendant à obtenir communication du marché conclu le 20 décembre 2021, entre le grand port maritime de la Martinique et le groupement attributaire, n'a pas été régulièrement adressée à cet établissement public mais à un avocat, dont il n'est pas établi qu'il détenait le document en cause, ni qu'il ait été mandaté en aucune manière par l'administration. Dans ces conditions, le délai d'un mois, dont disposait le grand port maritime de la Martinique pour répondre à cette demande de communication, en application des dispositions précitées de l'article R. 311-13 du code des relations entre le public et l'administration, n'a pas pu commencer à courir, et la demande de la société Bedeschi n'est pas susceptible d'avoir fait naître une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation, présentées par la société Bedeschi contre une décision inexistante, ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables, sans que la demande présentée directement au grand port maritime de la Martinique le 13 mai 2022, soit postérieurement à l'introduction de la requête, ait pu avoir pour effet de régulariser ces conclusions.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
7. Aux termes de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : 1° Dont la communication porterait atteinte [] au secret des affaires, lequel comprend le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles et est apprécié en tenant compte, le cas échéant, du fait que la mission de service public de l'administration mentionnée au premier alinéa de l'article L. 300-2 est soumise à la concurrence ".
8. Il résulte des dispositions précitées que les marchés publics et les documents qui s'y rapportent, y compris les documents relatifs au contenu des offres, sont des documents administratifs au sens de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration. Saisi d'un recours relatif à la communication de tels documents, il appartient au juge administratif d'examiner si, par eux-mêmes, les renseignements contenus dans les documents dont il est demandé la communication peuvent, en affectant la concurrence entre les opérateurs économiques, porter atteinte au secret des affaires et faire ainsi obstacle à cette communication en application des dispositions du 1° de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration. Au regard des règles de la commande publique, doivent ainsi être regardés comme communicables, sous réserve des secrets protégés par la loi, l'ensemble des pièces du contrat. Dans cette mesure, si notamment l'acte d'engagement, le prix global de l'offre et les prestations proposées par l'attributaire sont en principe communicables, le bordereau unitaire de prix de l'attributaire, en ce qu'il reflète la stratégie commerciale de l'opérateur intervenant dans un secteur d'activité et qu'il est susceptible, ainsi, de porter atteinte au secret des affaires, n'est, quant à lui, en principe, pas communicable.
9. En premier lieu, en ce qui concerne le rapport de présentation du marché, il n'est ni établi, ni même allégué par le grand port maritime de la Martinique, que ce document, dont le contenu est défini par les dispositions de l'article R. 2184-2 du code de la commande publique, contiendrait des informations, dont la communication serait susceptible de porter atteinte au secret des affaires. Par suite, la société Bedeschi est fondée à soutenir que le refus du grand port maritime de la Martinique de lui communiquer ce document méconnaît son droit d'accès aux documents administratifs.
10. En deuxième lieu, en ce qui concerne les éléments contenus dans le dossier de candidature du groupement attributaire, il ressort des pièces produites par le grand port maritime de la Martinique, et soustraites au contradictoire, que ce dossier de candidature, qui se compose d'un formulaire et de documents annexés, attestant de la régularité fiscale et sociale des entreprises membres du groupement, ne comporte aucune information confidentielle, à l'exception des informations économiques et financières figurant au paragraphe 5, intitulé " garanties financières ". Par suite, le grand port maritime de la Martinique, à qui il appartenait d'occulter ces informations confidentielles, ne pouvait légalement refuser de communiquer à la société Bedeschi le dossier de candidature du groupement attributaire.
11. En troisième lieu, en ce qui concerne les éléments contenus dans l'offre du groupement attributaire, d'une part, le prix proposé pour les tranches optionnelles du marché est de nature à refléter la stratégie commerciale poursuivie par les entreprises membres du groupement, et sa communication serait ainsi de nature, qui plus est dans un secteur économique fortement concurrentiel, à porter atteinte au secret des affaires. D'autre part, les informations relatives au descriptif technique des opérations sur le chantier, aux notes de calcul des charges, à la détermination du nombre de roues par angle, et au choix des marques et produits proposés pour le matériel électrique révèlent les moyens humains et techniques du groupement attributaire, ainsi que son organisation et les procédures utilisées. La communication de ces informations serait ainsi également de nature à porter atteinte au secret des affaires. Par suite, la société Bedeschi n'est pas fondée à soutenir que le refus du grand port maritime de la Martinique de lui communiquer ces informations méconnaîtrait son droit d'accès aux documents administratifs.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la société Bedeschi est seulement fondée à demander l'annulation des décisions implicites de rejet, résultant du silence gardé par le président du directoire du grand port maritime de la Martinique sur ses demandes du 28 et du 29 décembre 2021, en tant qu'elles concernent le rapport de présentation du marché, et le dossier de candidature du groupement attributaire, à l'exception des informations figurant au paragraphe 5 intitulé " garanties financières ". Le surplus des conclusions aux fins d'annulation, présentées par la société Bedeschi, doit être rejeté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au président du directoire du grand port maritime de la Martinique de communiquer à la société Bedeschi le rapport de présentation du marché, et le dossier de candidature du groupement attributaire, y compris les documents annexés attestant de sa régularité fiscale et sociale, mais après occultation des informations figurant au paragraphe 5 intitulé " garanties financières ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner cette mesure dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par la société Bedeschi.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Bedeschi, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par le grand port maritime de la Martinique et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des mêmes dispositions et de mettre à la charge du grand port maritime de la Martinique une somme de 1 500 euros, au titre des frais exposés par la société Bedeschi et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions implicites de rejet, résultant du silence gardé par le grand port maritime de la Martinique sur les demandes présentées par la société Bedeschi le 28 et le 29 décembre 2021, en tant qu'elles concernent la communication des procès-verbaux d'ouverture des plis, du rapport d'analyse des candidatures, du rapport d'analyse des offres et du compte rendu des négociations engagées entre le grand port maritime de la Martinique et le groupement attributaire.
Article 2 : Les décisions implicites de rejet, résultant du silence gardé par le grand port maritime de la Martinique sur les demandes présentées par la société Bedeschi le 28 et le 29 décembre 2021, sont annulées, en tant qu'elles concernent la communication du rapport de présentation du marché, et du dossier de candidature du groupement attributaire, à l'exception des informations figurant au paragraphe 5 intitulé " garanties financières ".
Article 3 : Il est enjoint au président du directoire du grand port maritime de la Martinique de communiquer à la société Bedeschi le rapport de présentation du marché et le dossier de candidature du groupement attributaire, y compris les documents annexés attestant de sa régularité fiscale et sociale, mais après occultation des informations figurant au paragraphe 5 intitulé " garanties financières ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le grand port maritime de la Martinique versera à la société Bedeschi une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Bedeschi est rejeté.
Article 6 : Les conclusions présentées par le grand port maritime de la Martinique sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Bedeschi, au grand port maritime de la Martinique et à la société Automatismes études services.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024 .
Le magistrat désigné,
F. LANCELOTLa greffière,
M-A. ELISABETH
La République mande et ordonne à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026