jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 avril 2022 et le 8 décembre 2022, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Caraïbes froid climatisation doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, à hauteur de 463 480 euros.
Elle soutient que :
- son chiffre d'affaires hors taxe réalisé au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2017 s'élève à 2 595 317 euros ;
- la taxe sur la valeur ajoutée sur créances cédées a été comptabilisée à deux reprises pour la même créance ;
- l'administration fiscale a doublement comptabilisé la somme de 259 440 euros figurant au compte 4458 relatif à la taxe sur la valeur ajoutée à régulariser au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, la directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'EURL Caraïbes froid climatisation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de M. B et de Mme A, représentant l'EURL Caraïbes froid climatisation.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Caraïbes froid climatisation exerce une activité de fourniture et d'installation d'équipements thermiques et de climatisation. Elle a fait l'objet, en 2018, d'un examen de comptabilité portant sur la taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017. A la suite de ce contrôle, l'administration fiscale l'a assujettie, par une proposition de rectification du 21 décembre 2018, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, pour un montant total de 660 174 euros sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017. L'intéressée a fait valoir ses observations le 12 février 2019, et l'administration a partiellement maintenu les rehaussements par décision du 27 mars 2019. Ces rappels ont été mis en recouvrement le 14 juin 2019 pour un montant de 625 935 euros. La société a alors formé une réclamation préalable le 19 novembre 2020, qui a été rejetée par décision du 24 janvier 2022. Par la présente requête, l'EURL Caraïbes froid climatisation doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, à hauteur de 463 480 euros.
2. En premier lieu, en l'absence de remise en cause du caractère régulier, sincère et probant de la comptabilité, l'administration fiscale ne peut, pour apporter la preuve qui lui incombe de ce que la société n'aurait pas déclaré la taxe sur la valeur ajoutée grevant l'ensemble des recettes encaissées, recourir à une méthode d'évaluation moins précise que les écritures comptabilisées. Il lui est en revanche loisible de procéder à des tests de cohérence des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée en les rapprochant d'autres éléments tirés de la comptabilité de la société, tels les soldes des comptes de produits et ceux des comptes des clients, corrigés de leurs variations entre l'ouverture et la clôture de la période considérée
3. Il résulte de l'instruction que, pour déterminer le chiffre d'affaires réalisé par l'EURL Caraïbes froid climatisation sur la période vérifiée, la vérificatrice s'est fondée sur l'analyse détaillée des relevés bancaires de la société et des fichiers des écritures comptables remis le 27 juillet 2018. Elle a ainsi déterminé la taxe sur la valeur ajoutée collectée due au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017, qu'elle a comparée aux montants déclarés et en a déduit une insuffisance de 13 729 euros. Pour contester le chiffre d'affaires de 2 837 621 euros retenu par l'administration fiscale pour l'exercice clos en 2017, la société requérante se borne à produire un tableau établi par ses soins et une balance des comptes de l'exercice clos le 31 décembre 2017, qui mentionne un solde créditeur de 2 595 317,02 euros au compte 70 correspondant aux ventes de produits fabriqués, prestations de services et marchandises. Dans la mesure où il n'est pas établi que ces documents retracent l'ensemble des encaissements bancaires effectués, les éléments apportés par la contribuable ne sont pas suffisants pour remettre en cause le calcul des bases d'imposition ainsi opéré. Dans ces conditions, l'administration fiscale apporte la preuve, qui lui incombe, de ce que la société requérante n'a pas déclaré la taxe sur la valeur ajoutée grevant l'ensemble des recettes encaissées. Le moyen tiré de l'erreur commise par l'administration fiscale dans la détermination de l'assiette de la taxe sur la valeur ajoutée due au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2017 doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 269 du code général des impôts, dans sa version applicable aux années d'imposition en litige : " 2. La taxe est exigible : () / c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. / En cas d'escompte d'effet de commerce ou de transmission de créance, l'exigibilité intervient respectivement à la date du paiement de l'effet par le client ou à celle du paiement de la dette transmise entre les mains du bénéficiaire de la transmission. () ".
5. Le moyen présenté par l'EURL Caraïbes froid climatisation, selon lequel l'administration fiscale aurait comptabilisé la taxe sur la valeur ajoutée à deux reprises, lorsqu'elle a cédé sa créance à la société d'affacturage, chargée de recouvrer le montant de ses factures, et lorsque la créance a été payée, n'est pas assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors au demeurant que la requérante ne produit aucun élément probant permettant d'établir la date du règlement des factures par les clients à la société d'affacturage. Il doit, par suite être écarté.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction qu'au cours de l'exercice clos le 31 décembre 2016, l'EURL Caraïbes froid climatisation a comptabilisé au crédit du compte 4458 une taxe sur la valeur ajoutée à régulariser d'un montant de 259 400,25 euros. Cette somme a été portée à 346 402,68 euros au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2017. La vérificatrice, qui a retenu que cette taxe sur la valeur ajoutée n'avait pas été déclarée ni régularisée, et que la société requérante n'était pas en mesure d'en justifier le paiement sur les exercices antérieurs, a mis à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour un montant de 259 440 euros au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2016, ainsi que 86 926 euros au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2017, correspondant au montant du solde créditeur inscrit au compte 4458 pour un montant de 346 402,68 euros duquel elle a retiré la somme de 259 440 euros déjà comptabilisée au titre de l'exercice précédent. Il s'ensuit que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale aurait doublement comptabilisé la somme de 259 440 euros. Son moyen doit, dès lors, être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'EURL Caraïbes froid climatisation n'est pas fondée à demander au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, à hauteur de 463 480 euros. Ses conclusions doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'EURL Caraïbes froid climatisation est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Caraïbes froid climatisation, à la direction du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer et à la direction régionale des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLa présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026