jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200274 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS MOÏSE CARETO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 avril 2022 et le 30 janvier 2023, Mme A E, représentée par Me Careto, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme négatif du 19 janvier 2022 par lequel le maire de Rivière-Pilote a décidé, au nom de l'Etat, que la parcelle cadastrée section AE n° 163 ne pouvait être utilisée pour la construction d'une maison individuelle ;
2°) d'enjoindre au maire de Rivière-Pilote de faire adopter par le conseil municipal de la commune une délibération en application du 4ème alinéa de l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, afin d'autoriser le projet de construction ;
3°) de mettre les dépens de l'instance à la charge de la commune de Rivière-Pilote, en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le terrain d'assiette du projet est situé dans une partie urbanisée de la commune, desservi par la plupart des réseaux publics ;
- la circonstance que le terrain n'est pas desservi par un réseau d'assainissement collectif ne suffit pas à faire légalement obstacle au projet de construction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Rivière Pilote qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 6 décembre 2021, Mme E a sollicité un certificat d'urbanisme en vue de la construction d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section AE n° 163, au lieudit l'Escouët Nord, sur le territoire de la commune de Rivière-Pilote. Par un certificat d'urbanisme négatif, délivré au nom de l'Etat le 19 janvier 2022, le maire de la commune de Rivière-Pilote a déclaré l'opération projetée non réalisable sur cette parcelle. Mme E a contesté cette décision par un recours gracieux du 4 février 2022. Ce recours ayant été implicitement rejeté, Mme E demande par la présente requête, au tribunal, d'annuler le certificat d'urbanisme négatif du 19 janvier 2022, et d'enjoindre à la commune d'autoriser son projet par une délibération du conseil municipal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ". Ces dispositions interdisent en principe, en l'absence de plan local d'urbanisme ou de carte communale opposable aux tiers ou de tout document d'urbanisme en tenant lieu, les constructions implantées en dehors des parties actuellement urbanisées de la commune, c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
4. Il est constant qu'à la date de la décision attaquée, la commune de Rivière-Pilote n'était pas couverte par un document d'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier, notamment des vues aériennes disponibles sur le site Géoportail, accessible tant au juge qu'aux parties, que le terrain d'assiette du projet de construction, à environ deux kilomètres à vol d'oiseau au nord-est du centre-bourg de Rivière-Pilote, se situe dans un secteur de la commune où l'habitat est très diffus. Si quelques habitations sont présentes à proximité de la parcelle litigieuse, qui est entourée de trois parcelles non construites, les maisons environnantes sont peu nombreuses et éloignées les unes des autres. La zone ne présente donc pas un nombre et une densité de constructions suffisants pour être regardée comme s'insérant dans les parties actuellement urbanisées de la commune. Est sans incidence sur cette appréciation la circonstance que la parcelle litigieuse est desservie par la plupart des réseaux publics et pourrait être équipée d'une installation d'assainissement individuel. Il s'ensuit que Mme E n'est pas fondée à soutenir qu'en lui délivrant un certificat d'urbanisme négatif, le maire de Rivière Pilote a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme E tendant à l'annulation du certificat d'urbanisme négatif délivré le 19 janvier 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme E doivent également, en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. La présente instance n'ayant pas généré de dépens, les conclusions présentées par Mme E sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent, en tout état de cause, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Martinique et à la commune de Rivière-Pilote.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
Mme D
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026